Le refus du compteur Linky s’organise et s’amplifie. Huit communes de Haute-Savoie refusent son installation.

Stop Linky 74 se démène pour informer le public de l’implantation par Enedis de ces compteurs. Un débat et un atelier se sont tenus récemment salle Martinet à Annecy autour de cette question et de l’électrosensibilité, des ondes en général.

 Où en sommes-nous arrivés dans notre société ? On peut s’interroger quand on sait qu’il y a encore quelques décennies, il suffisait qu’un contrôleur EDF passe relever le compteur électrique. La confiance régnait. Aujourd’hui, des personnes sont obligées de barricader leur compteur pour empêcher les employés des sous-traitants d’Enedis de poser les capteurs Linky.

                      Ségolène Parrot

Ségolène Perrot, initiatrice et membre de Stop Linky 74, a mené les débats et les nombreuses questions, sous forme d’inquiétudes, que lui ont adressées le public. Pendant ce temps, son mari, Gilles Perrot, artisan électricien, animait un atelier consacré aux ondes électriques et à leur nocivité auprès des personnes électrosensibles.

 

Se méfier de trop d’électricité

         Gilles Parrot artisan électricien

« Il faut savoir, explique-t-il, que l’électricité rayonne à 30 cm autour de la gaine filaire, et qu’il faut donc s’en méfier. » Avec force conseils, il a démontré qu’on peut réduire l’impact          électrique. « Il suffit déjà de débrancher tout ce que l’on peut pour la nuit. On peut aussi appréhender, avec un appareil spécial, son environnement, orienter correctement son lit, vérifier le branchement de ses prises dans le bon sens. »

Un tas de matériel protecteur existe sur le marché. Par exemple, des filtres géothermiques, un bio-rupteur, afin de couper tout le courant (un disjoncteur ne coupe pas le neutre ). Des sites et un livre sont spécialisés dans ce domaine complexe (*).

Et petit à petit, on glisse vers le compteur Linky. « Ce compteur m’interroge, confie l’électricien. On nous impose une pollution à domicile. »

Ségolène prend le relais. « Il faut savoir que la mairie est propriétaire des compteurs. Le maire est responsable de la santé de ses citoyens. »

 

De plus en plus de communes refusent

 A ce propos, 652 communes à ce jour ont refusé le type de compteur, sur une population évaluée à 3,5 millions d’habitants. Cela paraît peu, mais ça progresse. En Haute-Savoie, les communes de Ambilly, Anthy-sur-Léman, Burdignin, Cervens, Monnetier-Mornex, Neydens, Savigny et Yvoire ont refusé l’implantation de Linky.

« Enedis ne respecte pas le calendrier d’installation et procède par petites touches. Des villages sont déjà équipés de quelques compteurs, alors qu’ils sont prévus être mis en place en 2019-2020. Il faut dire que les sous-traitants, notamment Feedback, qui circule dans Annecy et la région, sont payés au nombre de compteurs posés. Ils jouent sur l’ignorance. »

 

Tout un arsenal de documents

 Certains disent que l’envoi de documents (lettre, sommation, etc) ne sont plus utiles et qu’il faut s’opposer physiquement. Ségolène Perrot, malgré quelques altercations virulentes de résidents, conseille de poursuivre et amplifier l’envoi des lettres de refus et sommations à apposer sur les compteurs anciens.

Des témoignages de personnes électrosensibles et autres fusent.  Elles proposent de filmer l’intervention du poseur afin de servir de pièce à conviction auprès de la justice et déposer plainte auprès de la police. L ‘une d’entre elles témoigne. « Plusieurs immeubles ont été forcés sur Annecy. Cependant, la sommation semble efficace. » Il faut se méfier aussi des factures. « Une fois Linky installé, la facture augmente de 25 à 30% dû au fait que la consommation est calculée en volt-ampère plus cher que le kwh actuel. »

 

Des habitants ne refusent pas

 Des habitants d’un même immeuble acceptent. « Ils ne veulent pas s’opposer à Enedis et disent qu’il faut être moderne. »

Ségolène Perrot regrette cet état d’esprit, en particulier chez les jeunes générations qui vivent dans un monde bercé d’ondes. « C’est une société où tout est possible, dans une démocratie difficile et complexe. Les compteurs sont des capteurs de données qui seront revendues à des sociétés. Le Big data risque de nous dépasser dans cette connexion tous azimuts. »

Une personne électrosensible lance : « Ils ne pensent qu’à l’argent, pas à la santé ! Il faut en prendre conscience. On nous traverse d’ondes pour nous détruire, pas pour nous construire. »

Le professeur Belpomme est cité (préconisation de se mettre à la terre matin et soir, mettre la box à terre, éliminer les téléphones sans fil avec base – DECT).

 

« Respectons l’humain »

« Si on ne dit rien, poursuit la membre de Stop Linky 74, on perd notre liberté et notre bon sens. Respectons l’humain ! »

Stop Linky reste cependant optimiste. « Ça bouge, particulièrement dans le Chablais. Nombre de réunions sont organisées. Et des petits collectifs (**) se créent un peu partout. »

 

(*) electromagnetique.com, lespiedsalaterre, geotellurique.fr, navoti, livre : « Comment se protéger des ondes électromagnétiques », de David Bruno, guide complet.

(**) stoplinky74annecy@protonmail.com ; stoplinky74faverges@protonmail.com ; stoplinky74seyssel@protonmail.com ; stoplinky74thones@protonmail.com

 

Auteur: Loïc Quintin

Partager cet article :

Soumettre un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.