La montagne malade des sports d’hiver

On avait averti !

On est dedans jusqu’au cou ! Pas dans la neige qui se fait de plus en plus rare, mais dans le marasme économique qui s’installe d’année en année pour le domaine skiable français.

On avait averti il y a déjà dix, voir vingt ans. « On » signifie les ONG locales et nationales protectrices et défenseures de la nature, en l’occurrence de la montagne. Elles disaient quoi aux élus, aux directeurs de stations ? « Attention ! le tout ski est dangereux économiquement, il faut diversifier. Les perspectives climatiques du réchauffement vont réduire le manteau neigeux et engendrer des dégâts. Il existe quatre saisons et diverses manières d’animer une station, sans se focaliser sur le seul ski. »

Qu’entendait-on en retour? Aucune réponse, ou des moqueries, du mépris poli de la part des élus et directeurs de stations qui ont continué – et continuent encore ! – à investir des sommes colossales pour le tout neige (remontées, hébergements, canons à neige, etc).
Sauf que, sur plus de 600 stations françaises, le tiers a disparu. Notamment celles situées en moyenne montagne (jusqu’à 1500 m). La dégringolade est progressive : d’abord les foyers de ski de fond à basse altitude (800 à 1000 m) – exemple sur le plateau des Bornes, Combes de Seythenex, puis des petites stations de ski alpin très fragilisées – exemple Aillon-le-Jeune, Sambuy, d’autres fermées en Chartreuse.

Petit à petit, la limite de la neige remonte… Petit à petit, la température s’accroît tandis que l’enneigement diminue. Les courbes avérées se croisent.

 

Les ONG avaient averti. On est dedans.

En montagne, le réchauffement est beaucoup plus rapide. En un siècle, la terre a pris presque un degré supplémentaire. Mais en montagne, dixit Chamonix, la température a grossi de deux degrés ! C’est considérable et les glaciers en témoignent. Les guides de haute-montagne également, modifiant leurs courses afin d’éviter les itinéraires dangereux à cause des éboulements (couloir du Goûter entre autres).

 

Devant cette accélération imperturbable du dérèglement climatique, que faire ?

Les ONG préconisent depuis dix, vingt, trente ans, vous savez les écolo-rigolotes, les empêcheuses de tourner en rond tranquillement :

de diversifier les loisirs de montagne,
d’arrêter d’équiper les pentes en remontées, canons (la consommation en eau des canons à neige représente celle d’une ville de 300 000 habitants en quelques mois), hébergements,
de stopper le passage des poids-lourds à Chamonix et développer le ferroutage sur les Alpes,
de sensibiliser le public à la sobriété en transports, en consommation,
d’organiser la circulation à l’approche des stations avec discernement et développement des transports en commun nationaux, régionaux, gratuits pour les navettes locales (dixit encore Chamonix), avec interdiction d’utiliser la voiture.

Doit-on arriver à pratiquer du ski pour une élite – il faut déjà avoir les moyens pour se payer une semaine de sports d’hiver -, avec des stations praticables à partir de 1800-2000 m, ou bien permettre au plus grand nombre de profiter de diverses façons des joies de la montagne ?

Là aussi, l’urgence du choix de la piste est flagrante.

Auteur: Loïc Quintin

Mots-clés: Montagne, réchauffement climatique, station d'hiver

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2 commentaires

  1. Ces phénomènes nous ont alertés localement il y a plusieurs décennies notamment dans l étage forestier le recul de la neige correspondant à une dérégulation de l alimentation hydrique de la foret.
    La réaction du milieu de la montagne a été largement déformée et obscurcie par l’attrait financier de la neige.
    Mais l important maintenant est dans la réponse de notre JEUNESSE.Je souhaite que la nouvelle année soit l émergence d’une réaction profonde.
    Marc POSIERE

    Répondre
  2. Que faire ? C’est pas les actions à mener qui nous manque, hélas. Déjà arrêter le carnage environnemental dans notre région et ailleurs : Par exemple le 24 décembre dernier a été signée la DUP de l’autoroute Machilly-Thonon. Oui oui, 9 jours après l’entrée en service du léman express, alors que tous les scientifiques nous exhortent à des actions « radicales et immédiates » pour garder un climat supportable…
    Il nous faut, question de survie je pense, faire disparaître ce genre de projet dément, en commençant par attaquer partout où il sera possible, à commencer par les tribunaux. Et bien sûr la rue.
    Ces gens qui prétendent nous gouverner sont restés bloqués dans les années 60, la croissance, la croissance ! Il nous faut absolument les empêcher de continuer leurs méfaits.

    Répondre

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