L ‘ALPAR, une épicerie participative à découvrir sur Meythet

Le sigle est à découvrir. Il signifie simplement Alimentation Participative. Visite d’une de ces nouvelles épiceries, la seule de Haute-Savoie, à Meythet.

Entre les rayons de la petite surface, Yves Debacker, membre du groupe de travail sur la communication, et Marc Schmutz, membre coopérateur, en charge de la qualité, dirigent la visite. Ils font tous deux partie du comité de coordination. « Ici, il n’y a pas de chef. Une voix égale une part sociale. »

L’idée est venue des Etats-Unis, précisément par le Food coop à New-York. La formule existe depuis quarante ans là-bas, regroupant quelque 14 000 coopérateurs, soit le supermarché le plus profitable aux US ! Et personne n’en parle, ou presque. Un film l’a fait découvrir en France en 2017. Résultat : 100 Alpar se sont créées dans le pays.

 

Tous membres, tous égaux

« Chacune est indépendante, précisent les hôtes. En Haute-Savoie, nous sommes les seuls pour l’instant. Une ouverture est en route dans la vallée de l’Arve et un autre projet à Chambéry. En ce qui concerne celle de Meythet, le projet est né en 2015. Il a abouti à une centrale d’achat en 2017 dans un petit local sur Seynod. Puis, nous avons déménagé pour s’installer dans les locaux actuels en septembre 2018. Une troisième étape est en marche : atteindre les 500 à 800 membres et ouvrir un supermarché. »

L’Alpar Meythet a débuté avec 150 membres pour atteindre aujourd’hui les 270. Car pour pouvoir acheter sa nourriture, la condition est de devenir membre coopérateur. « Il faut acquérir 10 parts sociales, à raison de 10€ la part, et adhérer à l’association, soit 5€ par an. »

Une société coopérative de consommateurs composée de riches, mais dont les conditions d’entrée peuvent freiner certains. Non ? « Pour d’aucuns, c’est beaucoup, certes. Mais on facilite. Le but n’est pas d’être moins cher qu’ailleurs, mais de prendre en main sa consommation. »
Une charte précise régit le fonctionnement de l’association, auréolée d’une certaine éthique. « Nous nous appuyons sur un modèle de fonctionnement innovant, basé sur la participation bénévole des membres.  Chacun doit – dans la mesure de son possible – offrir trois heures de travail mensuel, et plus si affinités. »

Aucune aide des collectivités locales

Parmi les 170 m2 de l’épicerie, on trouve bien sûr du matériel de rayonnage, investi grâce aux parts sociales, certain récupéré. Le loyer est également à supporter. Car aucune collectivité n’a subventionné le projet. Seul le Cigales du lac (Gestion Alternative et Locale de l’Epargne Solidaire) ont aidé.
Dans les rayons propres au fonctionnement, on trouve les cellules chargées de l’approvisionnement, les relations commerciales avec les centrales d’achat, les groupements de producteurs.

 

Avec tout notre respect pour les producteurs

« On choisit en fonction des besoins des productions locales. » Pour les membres de l’Alpar, la qualité est déterminante. « Le meilleur prix est possible en respectant le partenaire en face. On donne une opportunité aux petits producteurs pour leur assurer un marché stable. »
Bien sûr, dans cette optique, le local est privilégié, notamment pour le fromage, les céréales.
L’éventail des produits est large. La répartition entre bio et traditionnel est équitable. « En ce qui concerne le bio, on évite les sociétés bio. Ceci dit, le bio vendu ici est moins cher. Nous prenons 20% de marge et on respecte la saisonnalité – parfois non respectée dans le bio. »
L’autre volet sensible est la qualité. « L’aspect nutritionnel sain pour l’être, la variation de l’alimentation permettent d’éviter les épidémies de maladies nutritionnelles. Nous faisons de la prévention contre le déséquilibre alimentaire. »

 

Chacun peut y trouver son compte sanitaire et social

L’éducation sanitaire et alimentaire revêt une grande importance au sein de l’Alpar, à travers des produits simples. Et le volet social n’est pas oublié. « Il fait partie intégrante du projet. Ici, on trouve une ambiance, une solidarité, une convivialité grâce aux réunions, aux jeux, à l’entraide. C’est l’épicerie de l’épanouissement humain. »
Les membres se sentent engagés et les échanges sont fructueux. En grandissant, des services au service des hommes et des femmes vont se greffer. « Le but est de pouvoir faire toutes ses courses au même endroit. »
 La clientèle, des jeunes aux moins jeunes, tous membres, est très locale.   « Il faudra se développer afin d’intéresser les producteurs et augmenter l’achalandage, donc le nombre de clients. »
La confiance demeure en l’avenir. « Beaucoup de citoyens se rendent compte que l’alimentaire est une source de profit pour quelques personnes, alors que c’est avant tout, et ça doit être, une base sanitaire. »

ALPAR : 04 50 61 39 43

7 Rue du vieux moulin 74960 Meythet

Auteur: Loïc Quintin

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