Manifestation de dimanche 07 juin : paix et justice

L’appel avait été lancé par Mélissa et Lolita avec le soutien de « Nous’toutes », « Extinction Rebellion » et « Youth for Climate » très actif sur Annecy. La mobilisation a été bien plus importante que celle du vendredi à Chambéry qui avait réuni une centaine de personnes. Il s’agissait de rendre hommage à George Floyd et plus globalement de condamner le racisme aussi bien aux Etats-Unis qu’en France. 

Malgré la pluie, 700 personnes, selon la police, (850 selon librinfo), ont défilé ce dimanche après-midi, à partir de 14 heures. Le défilé s’est déroulé depuis l’hôtel de ville jusqu’au parc de l’Impérial. Selon les policiers présents sur place, le défilé s’est déroulé dans le calme, sans le moindre incident.   

Marche anti-raciste ce dimanche après-midi à Annecy France Bleu dimanche 07 juin 2020

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Belle information mais les policiers n’étaient pas assez nombreux, ni pas assez présents pour s’apercevoir d’un incident. Ce n’est pas un mal que les policiers n’aient pas été trop présents ni trop pressants ! Et l’incident n’a pas provoqué de blessures physiques.

Alors qu’en est-il ?

Au départ de la manifestation, je n’ai pas vu cette personne avec son drapeau « croix de Savoie ». Je me suis directement dirigé vers le pont des Amours pour quelques photos de la manifestation.

 

C’est là que je l’ai aperçu, bizarre mais pourquoi pas ?

 

 

 

Après le pont c’est autre chose, quelques personnes lui interdisent de continuer en tête avec son vélo. Il résiste. Des expressions comme « facho tire-toi » « pas de ça ici » et autres petits qualificatifs peu flatteurs fusent. Comment comprendre cette montée de tension ?

Il provoque mais ne s’en rend pas compte. Pour lui, il fait partie de la manifestation : il a été agressé par des policiers. Le drapeau l’accompagne à chaque manifestation : contre la réforme des retraites, celles de la santé et d’autres. Et tout cela pour défendre aussi un idéal qui passe par la force de la Savoie. Contradictoire ?

 

En tout cas il n’est pas adapté à ce qui se passe autour de lui. Son drapeau lui est arraché et jeté sur un pédalo. Il récupère son drapeau, reprend son vélo et se retrouve le long du quai, de nouveau devant la manifestation. Avec une plus grande distance… mais pas tellement.

 

J’ai récupéré mon vélo, je le rejoins en tête, et tout en roulant je lui explique ma position de journaliste et mon souhait de parler avec lui. Soucieux de ne pas rouler trop vite, il ralentit, regarde derrière lui. Le fait qu’il se retourne et qu’il soit avec quelqu’un d’autre fait remonter la tension. Quelques jeunes s’approchent en courant avec les même expressions de rejet. Il préfère s’éloigner très rapidement. Étant considéré aussi comme malfaisant, je sui pris à parti. Il a fallu que j’insiste sur mon rôle de journaliste en train de faire son travail d’entretien, d’écoute, pour qu’ils lâchent mon vélo et me laissent repartir à sa poursuite.

Je l’ai rejoint et nous avons pu discuter un long moment, tranquillement, en dehors du circuit de la manifestation. Christian est sincère. Il manifeste avec son drapeau de Savoie et sous la bannière CGT, ce qui ne lui a jamais posé de problème. N’a-t-il pas assez compris ou admis que le contexte n’était pas une manifestation avec des personnes plutôt connues.

Il se sentait tout simplement autorisé à être à sa place devant, victime de la police et de l’état Français. Il en a parlé à quelques personnes et, peut-être, croyait -il que tout le monde devait le savoir et le comprendre.

Pourtant, il a bien compris antérieurement que son comportement est interprété différemment en fonction des situations : Il y a quelques temps, il arrive dans les premiers à un rassemblement devant la préfecture, avec ses habits habituels de manifestant : sa fourche, son chapeau et son drapeau. Les policiers devant la préfecture ont réagit en lui arrachant sa fourche qu’ils ont jeté derrière les grilles.

Déjà que l’on ne doit pas posséder d’objet comme un couteau ou autre possible arme… alors la fourche !

Voulant récupérer sa fourche et tentant de passer la grille, il s’est vu molesté, battu et mise en garde à vue. Quelques blessures guéries plus tard, une comparution différée en justice lui vaut une amende. Il a maintenant peur de la police. Et peut-être aussi maintenant un peu peur des réactions des manifestants.

Conclusions ?

En tout cas pour Christian, il est inadmissible que l’on puisse parler de paix alors qu’il s’est fait agressé. C’est la fin de cette petite histoire de mouvement de groupe, de défense de territoire, de focalisations, de projections et de brutalités croisées physiques et symboliques. Pas facile de rester humain en toute situation. Pas facile de trouver des moyens de régulation.

Les jeunes manifestants ont-ils encore à apprendre ?

Auteur: Jean-Marie HUBERT

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1 commentaire

  1. bravo! on se dit anti-raciste, c’est à dire opposé à toute forme de discrimination, de rejet d’autrui basé sur un préjugé, et on rejette autrui parce qu’on a préjugé négativement de lui (ben oui; drapeau savoyard = facho;
    exactement comme ceux qui pensent
    noir = être inférieur)
    ça porte un nom:
    bienpensance

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