« Vivent les enfants » Faire entendre la voix des enfants réfugiés et faire respecter leurs droits

                                                                            Khairollah Alemi au micro

A l’initiative de la FOL74, en ce Vendredi 15 Novembre, fut projeté au cinéma La Turbine, le film documentaire « Cœur de pierre » d’Olivier Jobard et Claire Billet pour célébrer le Trentième anniversaire de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant. Cette séance fut suivi d’un débat avec Khairollah Alemi, jeune réfugié Afghan sur Annecy et l’UNICEF.Les cinéastes de ce film ont suivi durant 8 ans, le parcours d’un jeune Afghan clandestin, Ghorban. Âgé de 12 ans, il quitte son pays. Après une odysée de 12000 kilomètres, il  arriva en France.
De grandes similitudes entre ces deux jeunes mineurs fuyant leur pays presque au même âge du fait des troubles politiques, guerres. Nous découvrirons toutes les épreuves qu’il a fallu surmonter pour trouver place, faire respecter les droits.

 

Témoigner mais à quel prix ?

Khairollah Alemi comme Gorban quitta l’Afghanistan seul, à l’âge de 11 ans, ayant perdu ses parents lors de conflits entre communautés. Il erra durant 4 ans en tant que mineur isolé, puis parviendra en Haute-Savoie où il est pris en charge, scolarisé sur différentes structures de collège pour maîtriser la langue. Il intégrera ensuite l’ISETA à Poisy et grâce à Aline Nevez, enseignante d’anglais et socio culturelle, il parviendra à témoigner de son expérience dans une classe de Bac Pro Aquaculture.

De là en coopération avec les élèves, naîtra le projet livre : « Carnet d’exil de Kahairollah » paru en 2017 (Éditions ISETA Denis Vidalie). Sortira aussi un film : « On a beau tuer les hirondelles », documentaire relatant cette aventure collective et réalisé par Anne Jochum en 2018. Khairollah travaille actuellement en menuiserie à Cran-Gevrier.

 

Qu’est-ce qui amène un jeune garçon à quitter son pays ?

L’Afghanistan est en proie depuis plus de 40 ans à des guerres. Le premières victimes sont les enfants. Rien n’existe pour garantir leur sécurité et identité Les droits internationaux sont en permanence bafoués. Pas d’actes de naissance ou de décès et quand les parents décèdent au cours des conflits. L’enfant est livré à lui-même face à la barbarie (des Talibans, Daesh et des Pachtouns), et s’enfonce dans la corruption et à la misère. Sur 37 millions d’habitants, à peine 40% ont une carte d’identité. La seule issue : fuir le pays qui bafoue les droits élémentaires.

 

Assurer le droit à l’éducation

Comme il est dit précédemment Khairollah sera scolarisé sur différents collèges : Raoul Blanchard, Balmettes, Poisy. Là se retrouvent souvent des mineurs étrangers. Cela ne fut pas facile pour entrer au lycée. A l’ISETA le contrat est bloqué par la Préfecture, car il ne possède pas les papiers requis. Dans ces conditions obtenir un passeport s’avéra être un parcours du combattant.

 

La solidarité pour permettre de s’exprimer

Heureusement que des adultes, des associations s’engagent pour le soutenir et l’aider.

Khairollah pourra conter son histoire en dépit des difficultés de la langue. Un enregistrement sera réalisé sur le symbolique Plateau des Glières. Ainsi, ce travail put être socialisé lors d’évènements culturels comme le Festival : « Au bonheur des mômes », lors de festivals consacrés aux migrants, sur France3 National…

 

La « vie est un combat » continuons le …

Voir les faces positives de la médaill, ne pas se précipiter, agir dans la durée avec la nécessité de maîtriser la langue. Le fait de rencontrer de multiples personnes donne de l’énergie à surmonter les épreuves. L’UNICEF reconnait que dans cette situation, il est difficile de faire respecter ses droits. D’où l’importance d’intervenir dans les écoles, d’organiser des ateliers éducatifs.

 

Et l’avenir pour ceux et celles qui sont encore au pays ? l’exil semble être la seule issue.

Khairollah qui a encore un frère plus jeune au pays rappelle qu’il n’y a pas de possibilité d’aller à l’école, pas d’autre alternative pour survivre que d’exercer des petits boulots comme celui de nettoyer les chaussures. Les femmes n’ont pas le droit de travailler. La route de l’exil semble être la seule issue et elle est semée d’obstacles. Seuls 5% y parviennent. De plus, de plus en plus les frontières se ferment, ils sont victimes des passeurs qui les exploitent. Pour les enfants qui parviennent dans notre pays ; le droit à l’éducation et à la santé a bien du mal à se faire respecter.

 

Alors que faire pour aller au-delà des mots/maux ?

Dans notre pays nous devons œuvrer pour populariser ces situations afin qu’il y ait des prises de conscience, surtout auprès des jeunes dans les établissements scolaires. Comme le dit Philip Jaffé expert siégeant à la Commission Internationale des Droits de l’Enfant à Genève : « Vivent les enfants » un slogan à dépasser pour l’application réelle , partout dans le monde, au respect de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant.
Il est à regretter l’absence des jeunes en cette séance du 15 Novembre, seules des personnes responsables d’associations et ou engagées sur ces questions étaient présentes. Il y a là un très gros travail d’éducation populaire à engager.

Auteur: Colette CHARLET

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2 commentaires

  1. PACHTOUNS et non patchouns

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