Une pollution du Thiou peut en cacher une autre

                                    photo Catherine Hubert (droits réservés)

Une nappe d’hydrocarbures provenant de l’Isernon s’est déversée dans le Thiou la semaine dernière. La presse locale en a parlé. Cette pollution semblerait provenir d’une fuite accidentelle provenant d’un particulier, mais ces odeurs se rajoutent à celles existantes depuis des années, odeurs qui proviendraient de la zone industrielle de Vovray où se situent les énormes réservoirs pétroliers.

Depuis vendredi 21 octobre une odeur persistante insupportable a envahi le quartier des Balmettes pour se propager le long du Thiou.

Pompiers, services techniques de la ville d’Annecy et de l’État étaient sur place. Une zone de sécurité est installée empêchant les habitant du quartier incommodés par l’odeur de venir se renseigner.

Catherine, habitante du quartier, nous apporte son témoignage : ”un signalement a été effectué auprès des pompiers dès vendredi 21 octobre vers 18h,. Passage du Saint-Sépulcre derrière le cimetière de Loverchy, un liquide marron se déversait dans le Thiou depuis un tunnel d’arrivée de la zone de Vovray.
Ce jeudi matin 27 octobre, tous les chemins d’accès à cette même zone ont été fermées pour une intervention des pompiers et de véhicules aspirant les nappes polluantes.

Fuel ou essence ?

Dans son article daté du 29 octobre, le Dauphiné Libéré parle d’une pollution à l’essence SP95. Pourtant, les témoins ont vu les eaux du  Thiou de couleur marron ! Selon les services compétents, l’origine de la pollution sera compliquée à trouver, car l’endroit précis où le liquide a pollué l’Isernon est difficile à cerner. L’hypothèse d’une fuite provenant d’un particulier n’est pas à écarter.

Rendue sur place, Catherine n’a pas pu obtenir des renseignements sur la nature de la pollution : Il n’a pas été possible d’avoir d’autres explications et d’autres commentaires que « on s’en charge », de la part du personnel de la mairie qui n’a pas voulu se présenter ni témoigner devant une caméra.
Promesse a été faite que le service communication de la mairie allait nous appeler.

Le service de communication de la mairie s’est voulu rassurant.
Jointe au téléphone, la chargée de la communication nous informe que les services de sécurité ont pu contenir l’écoulement des hydrocarbures avec un barrage flottant pour permettre le pompage du liquide polluant. Elle se veut rassurante en précisant que les odeurs ont totalement cessé : ”La situation est sous contrôle” 

Une pollution peut en cacher une autre
En réalité, selon Catherine, il existe deux pollutions venant de la zone de Vovray : ”Une très forte odeur d’hydrocarbures inondait le quartier depuis vendredi 21 octobre et de plus en plus prégnante et persistante depuis ce matin, jeudi 27. »
Des passants présents ont affirmé au représentant de la mairie rendu sur place que cela durait depuis de nombreuses années : odeurs d’hydrocarbures et pollution débouchant de ce tunnel.

Le maire délégué de Cran-Gevier, Yannis Sauty se renseigne pour connaître l’origine des odeurs récurrentes depuis de nombreuses années
Joint au téléphone, Yannis Sauty n’avait jamais été mis au courant de ces odeurs récurrentes sur l’ensemble du quartier des Balmettes. Interpellé par cette information, le maire délégué de Cran s’est engagé à connaître l’origine de cette pollution olfactive et pourquoi depuis autant d’années cette question n’a pas été réglée.

De nombreuses questions restent en suspend

Quels sont les moyens mis en œuvre pour rechercher les responsables de ces pollutions ?
• L’analyse des produits polluants est-elle réalisée ? Car il faut partir sur des bases saines et comprendre quels sont ces produits et leur utilisation, voire leur provenance. Si cela n’est pas bien réalisé, les chances de retrouver l’émetteur de la pollution deviennent minimes.
• Existe-t-il des industries connues qui utiliseraient l’Isernon comme dépotoir ? Connaissant la teneur des produits, il semble facile de faire appel aux services compétents de l’État qui connaît les produits entrants et sortants des industries. Et quel serait l’industriel qui prendrait le risque d’une amende, voir plus … à moins que les amendes soit si légères et les risques très faibles. Nous nous rapprocherons des services de la police de l’eau pour connaître la teneur des amendes prévues.

Quels sont les enquêtes administratives engagées pour vérifier des déversements sauvages de particuliers, de professionnels venant jeter leurs déchets liquides, de déversements sauvages de professionnels voulant se débarrasser de matières onéreuses à dépolluer, à rendre inactives ?

Peut-on placer des caméras sur des points stratégiques pour une observation continue ? Serait-t-il possible d’informer les riverains incommodés par ces odeurs en organisant des rencontres citoyennes ? Ces pollutions sont-elles en augmentation ? Sont-elles plus polluantes ?

Plaintes à déposer

Un des ressorts efficaces serait que des associations environnementales se saisissent du sujet en portant plainte pour contraindre les services publics à assumer leurs responsabilités.

Gérard Fumex et Jean-Marie Hubert

 

 

Auteur: gfumex

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1 commentaire

  1. Je prétends qu’il est faux de dire que trouver l’origine des pollutions est difficile.
    Ce n’est pas simple mais très faisable.
    Remonter une trace …. est le b a ba de toute enquête scientifique.
    Par contre c’est couteux…
    Moins couteux que de laisser polluer de manière libre
    mais c’est une autre histoire
    qui dérange les bandits.

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