Salle comble au Rabelais pour le film « J’veux du soleil » de Gilles Perret et François Ruffin

Meythet, samedi 16 février

Faute de places, beaucoup n’ont pu entrer dans la salle du Rabelais pour assister à l’avant première du film « J’veux du soleil » de Gilles Perret et François Ruffin.

Ce film nous plonge dans la vie quotidienne des Gilets jaunes à travers un « road movie » reliant les différents ronds-points de l’hexagone, nouveaux forums spontanés des « derniers de cordée ».

Le mérite de ce film est de montrer la réalité de ces « gilets jaunes » à l’opposé de l’image de violences et de haine que le gouvernement Macron met en avant avec la complicité des médias dominants.

Paroles de Khaled, gilet jaune d’Annecy, animateur de « Roule & Co » qui revendique le pouvoir de décider à la base de ce qui est bon pour les plus démunis, ne faisant plus confiance aux élus, quelles que soient leurs couleurs politiques. On a retrouvé Khaled comme un des organisateurs de la manifestation du Pâquier le 12 janvier à Annecy qui a réuni 2000 personnes.

Paroles de cette femme qui, complètement déracinée de sa terre natale, se retrouve à travailler jour et nuit pour arriver juste à vivre.

Paroles de cette jeune handicapée, qui malgré sa difficulté de prononciation, arrive à nous faire comprendre ce qu’elle souhaite pour avoir une belle vie et ne pas être obligée d’aller trouver de quoi manger dans les poubelles des grandes surfaces.

Image de ce gilet jaune dont la portrait, peint par un artiste sur un immense panneau dominant un rond point, a été détruit pas les forces de l’ordre. Un portrait que Perret et Ruffin ont promis de dresser au même endroit à l’occasion  d’une fête.

On retrouve l’écho de tous ces témoignages sur Annecy, comme celui de Catherine que nous avons recueillis sur librinfo,

 

Un tonnerre d’applaudissements

Dès la fin du film, les applaudissements crépitent pour saluer la performance des réalisateurs pour avoir permis, dans un temps aussi court, de donner toutes les couleurs solaires de la solidarité des Gilets jaunes. Des couleurs ternies, salies, dégradées par toute la suffisance et le mépris du gouvernement Macron.

La chanson « J’veux du soleil » interprétée à la fin du film par cette « Gilet jaune » découverte au coin d’un rond point, représente toute la force et la beauté du documentaire. Une image finale qu’un spectateur demande à Gilles Perret de ne surtout pas toucher.

Le débat qui a suivi la projection a permis à de nombreux gilets jaunes de manifester leur enthousiasme. Ils se sont totalement retrouvés dans le film. C’est le plus beau compliment que pouvait recevoir les réalisateurs.

 

Ruffin, un peu trop voyant .

Ce qui n’a pas été dit au cours du débat, mais qu’ont exprimé de nombreux spectateurs de façon plus confidentielle, est qu’ils ont apprécié modérément l’image quasi permanente de François Ruffin, comme la « super star » du film. Une critique qui avait été déjà exprimée avec son film « Merci patron ».

Bien sûr, dans la mesure où Ruffin mène l’enquête, on peut accepter ce choix filmique, mais généralement la fonction du journaliste est plutôt de s’effacer derrière son sujet, en l’occurrence les gilets jaunes. Les gros plans permanents de Ruffin dans la voiture deviennent relativement pénibles.

Heureusement que cette petite faiblesse n’enlève rien à la force et à l’émotion du film ressentis aux côtés de ces gilets jaunes qui, au delà de cet éclat solaire, ont revêtu l’habit universel du citoyen.

 

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2 commentaires

  1. Mais…

    Vous aviez dit dans un article précédent que Ruffin était attiré par le « rouge-brun »…

    Du coup, si vous lui faites de la pub, vous y seriez pas vous aussi un peu ?

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    • Dans toute analyse, il faut un certain discernement.
      Que Ruffin ai fait preuve d’un manque de discernement concernant Chouard, c’est certain en se laissant attirer par les chants mortifères et séducteurs des sirènes rouges brunes.
      Soutenir le film co-réalisé avec Gilles Perret est autre chose. Ce film a l’immense mérite de porter un regard de fraternité et de solidarité sur des femmes et des hommes qui, jusqu’à présent, n’avaient que le droit de se taire et d’accepter en silence leurs conditions misérables dans un des pays les plus riche de notre planète.
      Mis à part la présence insistante et nombriliste de Ruffin, ce film est à promouvoir partout pour que le maximum de personnes le découvre.

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