Ruffin reconnaît s’être trompé sur Chouard, et admet que ce personnage médiatisé peut être « une passerelle » vers l’extrême droite.

Vous vous souvenez peut-être de l’article que j’ai écrit sur François Ruffin « François Ruffin : un rouge-brun qui s’ignore !? »  (1), quand celui-ci tissait des louange à Chouard. Un article qui m’a valu une rafale de commentaires violents et sectaires.

Le mois dernier, dans une interview parue dans le Point, Ruffin reconnait son erreur, et prononce un «  mea culpa  » au sujet d’Étienne Chouard  : «  Le souci, c’est qu’au-delà de Chouard, de ses propos, de sa confusion, dans ses débats grouillent des groupuscules d’extrême droite, qui en font un point d’appui, un lieu de recrutement. (…) Je n’avais pas vu combien il pouvait servir de passerelle.  »

Mon article ne disait pas autre chose, et je remercie Ruffin pour son honnêteté intellectuelle. Peut-être ne va-t-il pas assez loin en ne dénonçant pas explicitement la confusion entretenue par Chouard, d’une certaine complicité avec les milieux d’extrême droite, antisémites et complotistes.

Je comprends toutes celles et tout ceux qui, dans leurs commentaires, se sont indignés en défendant spontanément François Ruffin, mais il est toujours nécessaire d’activer son sens critique et faire preuve de plus de prudence

Vouloir défendre « l’icône » Ruffin  le « robin des bois » de la politique, celui qui ose s’attaquer sans langue de bois aux puissants de ce monde, ce « Mandrin » qui récupère l’argent volé par les riches pour les donner aux pauvres, est une réaction sympathique, sentimentale, mais elle doit toujours être compensée par  l’exercice salutaire de l’esprit critique développé par les philosophes des lumières, sans quoi il n’y a plus de démocratie, ni même de liberté de la presse !

Attention au cancer du sectarisme qui guette tous les appareils politiques.

On a beau être un homme ou une femme « bien », pétri d’humanité et de justice sociale, prêt à « mouiller sa chemise » pour venir en aide à l’autre, et devenir, « en même temps » un « robot » aux ordres d’une idéologie que l’on agite comme un drapeau, en se laissant corrompre insidieusement par le pouvoir de « l’organisation ».

Tout pouvoir corrompt, quel qu’il soit.

Il y a un précepte que j’essaie d’appliquer : « Ne faire confiance à personne, ni-même à soi-même ».

Aujourd’hui, devant la montée de tous les totalitarismes et obscurantismes, nous devons être au dessus de ces vaines polémiques pour se rassembler dans un élan de solidarité et de fraternité.

J’espère que ce message sera entendu

(1) N’oubliez pas que j’ai mis un point d’exclamation pour exprimer mon étonnement, et un point d’interrogation connaissant les engagements politiques courageux de Ruffin. Je peux résumer l’esprit de mon article par « Qui aime bien, châtie bien ! »

 

 

 

Auteur: gfumex

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2 commentaires

  1. Rester ouvert mais garder l’esprit critique c’est bien là, la difficulté pour tout un chacun et c’est le rôle de la presse d’inciter à la vigilance.

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  2. Si c’est tout ! c’est nul.
    « Servir de passerelle »

    l’extrême droite cherche à se justifier au delà de ses arguments captieux usuels.
    les mêmes que nos sarko-hollando-macroniens qui suggèrent sans dire tout en le disant.
    Quand elle trouve à gauche un type qui cherchant des solutions pour résoudre les dysfonctionnements actuels, trouve ses théories, elle jubile. Je n’ai pas d’exemples, c’est inutile.
    On est donc dans la situation où Chouard qui parle pour dire, à l’opposé des capteurs/voleurs de temps de cerveau disponible, qui cherche des solutions pratiques à la vie démocratique (et je mets au défi de prouver le contraire) n’a pas de solution arrêtée. Pas plus que personne sinon qqs utopistes hors du réel. Chouard donc propose, tente, confronte ses idées ou celles des autres. Rien de plus démocratique.

    Alors certainement et je ne rentrerai pas en matière, il dit des mots, voire des idées dont certaines pourraient plairent à l’extrême droite.
    ET ALORS ?
    Parler, dire est-ce être ou prôner un régime d’extrême droite ?
    Quand Sarko reprenait quasi intégralement le discours FN, était-il d’extrême droite ? et l’a-t-on interdit partout de rédaction comme Chouard ?
    Certes non et non.
    J’ai beau écouter attentivement Chouard (évidement pas tout) je n’entends que de la bonne volonté recherchant en permanence comment institutionnaliser, appliquer durablement les principes démocratiques. Donc à l’opposé de l’extrême droite, de ses idées, ses concepts. Rien à voir donc.
    Donc que Chouard soit instrumentalisé, c’est possible, voire réel (ne m’intéresse pas de connaitre les arguments d’extrême droite), cela ne rend pas Chouard infréquentable comme j’entends tant de gens le dire.
    Au contraire Chouard fait des efforts méritoires pour trouver comment faire vivre la démocratie dans toute son étendue, libertés fondamentales, consensus, solidarité, … Bref c’est un VRAI démocrate. Au rebours de la plupart des gens qui finassent. La liberté d’expression, oui MAIS pas trop, les gens risquent de penser ! Ils sont tellement stupides qu’ils votent mal !
    La preuve le vote RN.
    Alors que très clairement nombre de politiciens, y compris de très haut rang, font TOUT pour renforcer le FN/RN, en toute connaissance de cause. L’amour/haine, la victime émissaire, bref l’enfumage systématique, les promesses non tenues, les discours pour ne rien dire, les expressions contradictoires… Le discours est captieux, c’est à dire fait pour tromper.

    Chouard détonne en manipulant des concepts qu’il tente de transformer en rapports sociaux, en réel.

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