Piccolo Corpo, une magnifique fable philosophique enracinée dans la terre du Frioule

C’est un véritable cadeau que la réalisatrice Laura Samani nous offre avec ce magnifique voyage en pays Frioule dans les années 1900. Une région d’avant la création de l’État italien, au cœur des traditions et des superstitions religieuses, où règne une église catholique arbitraire et tyrannique qui interdit de donner un nom à un enfant mort-né. Son âme serait condamnée à errer dans les Limbes. Comme l’explique la réalisatrice, cette invention religieuse – comme peut-être l’enfer ou le purgatoire – a été supprimée par le pape en 2007.

Agata, qui veut donner un nom à sa petite fille, s’en va seule, affrontant un long chemin périlleux semé d’embûches, à travers bois et montagne, rejoindre une chapelle où le bébé mort aura un souffle de vie pour être baptisé.

Celeste Cescutti interprète Agata avec une grande justesse. Elle épouse toute la souffrance et la force de la jeune mère voulant atteindre son Graal, donner un nom à sa fille pour qu’elle existe.

Quand l’actrice parle de la difficulté de la dernière scène qu’elle a pu surmonter grâce aux efforts physiques très rudes imposés par le film, il s’agit de sa nage subaquatique de plusieurs minutes, donnant à la noyade de Agata une dimension surnaturelle.

Une fable philosophique sur le sens de tout être qui a besoin d’un nom et du regard de l’autre pour exister.

Ce film vient d’obtenir le prix du public

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