On peut être hostile à l’islam, comme à toute autre religion considérée comme « l’opium du peuple », mais non aux musulmans

Nous éditons le commentaire de notre correspondant Jacques Cambon à Annemasse sur la notion d’islamophobie.

La Kaaba, située à La Mecque en Arabie saoudite, est le centre de l’islam

Islamophobe, c’est la dernière invective à la mode « à gauche ». Mais qu’est-ce exactement que l’Islamophobie ? « Hostilité envers l’Islam, les musulmans » dit le Larousse… et toute l’ambiguïté du mot, et donc du débat, est dans cette définition plus qu’approximative. Hostilité envers l’Islam et hostilité envers les musulmans, ce n’est pas la même chose.

On peut être hostile à une religion, et même à toute religion quelle qu’elle soit, parce qu’on considère que la religion c’est « l’opium du peuple », que c’est un asservissement des hommes, et encore plus des femmes, à un loi soi-disant « divine », que c’est le meilleur prétexte que les démagogues de tous poils ont toujours trouvé pour diviser et faire se battre les peuples, etc. Cette hostilité relève de la « liberté de conscience », garantie par la Loi de 1905, et il n’y a aucune raison de faire une exception pour l’Islam.

Par contre être hostile aux musulmans seulement parce qu’ils pratiquent l’Islam, est également contraire à leur « liberté de conscience » , elle aussi garantie par la Loi de 1905. Et il s’agit alors d’une forme de racisme qu’il faut condamner. J’emploie ici le terme de racisme au sens d’une « attitude d’hostilité systématique à l’égard d’une catégorie déterminée de personnes » comme défini par le Larousse, au-delà du sens sens historique de ce mot.
Cet amalgame (qui n’est peut-être pas fortuit) entre les deux notions rappelle étrangement celui que certains tentent de faire entre antisionisme et antisémitisme pour empêcher toute critique de la politique colonialiste de l’État d’Israël.

Alors cessons de nous diviser et essayons de sortir de cette ambiguïté en parlant de « racisme anti-musulman », et conservons le terme d’Islamophobie, aux côtés de ceux de Christianophobie, de Judéophobie, etc. pour désigner l’hostilité légitime à une religion.

Auteur: Jacques CAMBON

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4 commentaires

  1. Bonjour

    très bon article, juste pour information, la Kaaba n’est pas le centre de l’islam, c’est un lieu de culte, c’est le lieu où tout musulman de dirige pour sa prière.
    Elle se situe à la Mecque car c’est un des piliers des musulmans.

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  2. Dilemme pour les différentes sectes qui se prétendent « laïques »…!
    La liberté de conscience des uns ne doit-elle pas s’arrêter où commence la liberté
    des autres? Sommes-nous libres de vivre comme il y a cinquante ans,parmi des Israélites, des Musulmans,des Chrétiens,sans kippas ni voiles ni calottes? Non!
    Que sont devenus les anticléricaux?

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    • Ou est l’anticléricalisme dans tout ça, dites-vous ? C’est justement le socle de la loi de 1905 et il est plus que jamais de saison, puisque c’est « l’opposition à l’influence des religieux dans les affaires publiques, l’enseignement, etc. ». Et c’est pourquoi je pense que l’islamophobie, qui refuse la conception de la société portée par l’Islam, est une forme d’anticléricalisme totalement légitime. Mais l’anticléricalisme ne concerne en rien les particuliers qui peuvent adhérer ( ou non!) au mouvement religieux de leur choix.
      Mais est-ce vraiment une atteinte à notre liberté qu’ils manifestent cette adhésion par leur habillement? On peut bien entendu souhaiter que cette adhésion soit moins visible, pour une société plus « profane » c’est à dire « étrangère aux choses sacrées, à la religion ou en dehors de la sphère du sacré » … Mais c’est une histoire encore à écrire et qui, je crois, ne passera pas uniquement par la loi.

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  3. Si on a de la phobie, c’est qu’on a une peur démesurée et irrationnelle qui relève de la thérapie (bien souvent, ça se soigne). Voilà l’exemple d’un débat parti sur des fausses bases sémantiques – l’islamophobie – qui tend à stigmatiser les conséquences sur les individus plutôt que sur ceux et celles qui sont responsables des causes. Les causes viennent de la part des « anti » et ce sont eux et elles qui créent les phobies !
    Mais c’est vrai que ça fait bizarre d’écrire « anti-islamique » ou « anti-islamiste » (à cause du trait d’union, sans doute) !
    Pascal LÉA, arachnophobe (mais j’me soigne) !

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