NÉGOCIATIONS POUR LE DEUXIÈME TOUR : ça se passe mal pour la liste « Ensemble à gauche »
Les socialistes ne sont pas enclins à faire des cadeaux à la liste initiée par le Front de gauche, en particulier aux élus communistes sortants, qui ont refusé de « partir » au premier tour avec le PS.
Une attitude qui « punit » par ricochet la liste d’union « Ensemble à gauche » initiée par le Front de Gauche, conduite par Élisa Martin du parti de gauche.
J.J.Queyranne, homme de rassemblement – comme il aime à se définir – s’était engagé à assurer la fusion au deuxième tour des listes Europe Écologie et « Ensemble à gauche », sur une base clairement proportionnelle. Au vu des résultats du premier tour, Élisa Martin devrait obtenir 13 postes éligibles. À l’heure où j’écris cet article, la proposition serait de 9 (peut-être 10), avec une logique départementale, et non régionale comme annoncée, ce qui change tout*.
Les alternatifs en feraient les frais, puisque leur candidat-e- éligible était prévu en 12ème position. Le raidissement du PS mettrait les Alternatifs mal à l’aise, avec aucun élu, d’autant que leur décision de participer à cette liste – obtenue démocratiquement par consultation de tous les adhérents – n’a été partagée que par deux fédérations, celle du Rhône et celle de l’Ain.
De surcroît, les conseillers communistes sortants pourraient, eux-aussi, en faire les frais. Dans cette hypothèse, Gilles Ravache, tête de liste départementale, n’est pas sûr de conserver son poste. Même interrogation pour Katia Philippe dont les prises de position au cours du précédent mandat ont déplu fortement à la « nomenklatura » régionale socialiste.
Le PS conditionne l’accord à la signature d’un contrat de 10 pages.
En contre-point de la réduction du nombre d’élus pour la liste « Ensemble à gauche », J.J.Queyranne conditionne l’accord de fusion des listes au deuxième tour à la signature d’un document programmatique**. Il ne s’agit pas d’un simple document d’intentions, laissant la possibilité de discussions ultérieures, mais bien d’engagements précis sur la politique que mènera l’exécutif pendant la mandature. Cette nouvelle exigence provoque des discussions au sein de la liste d’Élisa Martin, où l’on assiste à un clivage entre le PCF – qui signera de toute façon l’accord avec le PS – et les autres, c’est -à-dire le PG, les Alternatifs, la Gauche unitaire, le M’PEP, République et socialisme et le PCOF.
Les dernières heures avant 18H00 vont être difficiles à vivre !
* Dans la logique « régionale », la répartition se fait globalement, indépendamment des résultats départementaux, alors que la logique « départementale » en tient compte.
** Ce programme a été initié par le PS et Europe Écologie. Il semble que la liste « Ensemble à gauche », en particulier la composante du PCF, se soit polarisée plus sur le nombre de postes éligibles, que sur le contenu du programme de mandature.


