Ne pas associer « antisionisme » qui est une opinion politique et « antisémitisme » qui est un délit »

L’agression dont a été victime Alain Finkielkraut, est totalement ignoble, dans le sens où elle s’attaque à une personne dans son fondement culturel et religieux.

À l’inverse, il tout aussi odieux de récupérer cet acte raciste pour justifier le sionisme, qui représente une idéologie tout aussi raciste vis-à-vis des palestiniens, idéologie à l’origine de la politique d’extrême droite du gouvernement Netanyahou, renforcée par les ultra-orthodoxes religieux prônant l’élimination totale du peuple palestinien.

Toutefois, l’antisionisme, au sein de la « fachosphère » rouge brune alimentée par Soral, Dieudonné, Fiorile et les islamistes radicaux, est le faux-nez d’un antisémitisme viscéral. Même le Rassemblement National de Marine Le Pen, jouant les vierges effarouchée pour se donner une respectabilité « démocratique » en condamnant l’agression de Finkielkraut, plonge ses racines historiques dans la dénonciation d’un complot international juif.

En 2003, le pacifiste israélien Michel Warschawski écrivait : « Le sionisme est une idéologie politique, et non religieuse, qui vise à résoudre la question juive en Europe par l’immigration en Palestine, sa colonisation et la création d’un état juif. »

Profitant de la confusion entre « sionisme » et « antisémitisme », les médias dominants, le gouvernement actuel (allié de l’exécutif israélien), le Crif, porte parole communautariste de l’État israélien, assimilent toute critique de l’actuelle politique menée par le gouvernement de  Netanyahou à de « l’antisémitisme ».

Cette position mène à soutenir la politique ségrégationniste d’apartheid menée par l’actuel, gouvernement israélien,  une politique contestée par un nombre de plus en plus important d’israéliens pacifistes qui souhaitent retrouver un « vivre ensemble » avec leurs frères arabes débarrassé des idéologies assassines, qui se nourrissent les unes des autres.

Comment pourrait-on accuser d’antisémite Michel Warschawski, pacifiste israélien ?

 

Il est intéressant de se tourner vers les associations pro-palestiniennes, pour savoir comment elles réagissent à cet acte raciste.

Dans un communiqué, l’Afps, sous le titre « Non à la haine, non au racisme, non aux amalgames », condamne l’agression contre l’intellectuel Alain Finkielkraut :   » L’Association France Palestine Solidarité condamne ces faits inacceptables, comme elle condamne toute manifestation de haine ainsi que le racisme sous toutes ses formes, notamment l’antisémitisme et le racisme anti-arabe. Elle condamne également les provocations et amalgames et notamment ceux dont Alain Finkielkraut est coutumier. »

Tout en rappelant son opposition au sionisme en tant qu’idéologie dont les Palestiniens sont les premières victimes, l’association « France Palestine solidarité » réfute catégoriquement l’utilisation du terme « sioniste » associé à des propos injurieux visant des personnes. Elle réfute de la même manière tous les amalgames, notamment ceux qui sont portés par le gouvernement israélien et ses soutiens inconditionnels pour tenter de faire taire celles et ceux qui dénoncent ses crimes. Toute tentative d’instrumentalisation des derniers événements pour assimiler l’antisionisme, qui est une opinion politique, à l’antisémitisme qui est un délit, serait une grave atteinte à la liberté d’expression et irait à l’exact opposé d’une lutte sincère contre l’antisémitisme.

« Le combat que nous menons pour les droits du peuple palestinien, avec de nombreuses autres organisations de la société civile en France et dans le monde, n’a rien à voir avec ces discours de haine. C’est un combat qui a vocation à nous unir sur les valeurs communes que sont le droit, la justice, la reconnaissance de l’Autre et le refus de la loi du plus fort. »

Auteur: gfumex

Mots-clés: Afps, antisémitsme, Antisionisme

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