Mineurs Non Accompagnés : « Des enfants à protéger avant tout ! » selon Sud Santé Sociaux

Dans un communiqué, le syndicat Sud Santé Sociaux de Haute-Savoie alertent sur les conditions d’accueils des MNA, et met l’Etat ”face à ses lacunes en matière de droits de l’homme”.

Selon Sud Santé Sociaux, ”Un jeune MNA est d’abord un enfant qui a souvent parcouru des milliers de kilomètres pour arriver en France. Cet adolescent requiert aide et soutien. C’est un être en souffrance psychique, massivement en crise. Vivant un «arrachement » du pays d’origine, issu d’un vécu parfois tragique, ayant vécu un voyage aux conditions traumatisantes, une arrivée en terre inconnue ; situations qui sont autant de souffrances qu’il faut appréhender. Nous avons le devoir de les accueillir, outre leurs origines, au-delà de leur singularité, de manière inconditionnelle.”

Ce syndicat demande que ”leur intégration au sein du territoire serait plus efficiente, avec l’élaboration d’un projet de ”reconstruction” au sein des Maisons à Caractère Social, avec un accompagnement éducatif renforcé et pluridisciplinaire.”
”Nous avons le devoir d’apporter un accompagnement éducatif de qualité, dans la mixité des publics accueillis. Cette mixité permettra des dynamiques plus proches des réalités sociales et de groupes, en assurant la positivité d’un modèle éducatif, dans lequel les situations seront prises dans les réalités courantes, au sein des structures de la Protection de l’Enfance.
Les MNA, rappelons-le, encore, sont des enfants en situation de grande vulnérabilité qu’il faut protéger. Le droit commun de la Protection de l’Enfance est applicable à tous, sans distinction, c’est cela la loi ! »

 

Face à ces exigences, ce syndicat estime que l’État français n’assume pas ses responsabilités.

Sachant que ce sont les Conseils Départementaux qui ont la charge de l’accueil et l’accompagnement de ces jeunes dans le cadre de la Protection de l’Enfance, ce syndicat considère que ”les moyens ne sont pas à la hauteur des besoins, avec des prix de journée nivelés par le bas”.

L’éloignement des lieux d’hébergement ”rend difficile leur prise en charge et leur intégration, comme leur condition de vie.”

”La différence de traitement de ces mineurs, au sein de la Protection de l’Enfance – qu’ils soient natifs du pays, ou originaire de l’étranger – fait qu’ils ne disposent pas de la même qualité de prise en charge.”

Ce syndicat dénonce leur forte concentration au sein de centres d’accueils ”indignes, voire insalubres”, avec un encadrement de professionnels non formés et en nombre insuffisant. Ce qui conduit à ” la remise « à la rue » par les services de l’ASE dès leur majorité, sans projet, sans issu, à l’errance”.

 

Devant ce constat sévère, Sud Santé Sociaux 74 propose de nouvelles mesures

”une prise en charge éducative et thérapeutique renforcée : un accueil à taille humaine au sein des maisons de l’enfance, des professionnels formés et des moyens à la hauteur des enjeux.

Des lieux de vie dignes et non éloignés pour qu’ils puissent exister.

Qu’il n’y ait pas de sortie sans projet d’accompagnement à la majorité.

L’abrogation : des tests osseux, jugés peu fiables et dégradants

                          : du fichage biométrique des mineurs isolés, qui formalise le fait qu’ils sont considérés d’abord comme des étrangers fraudeurs plutôt que comme de potentiels enfants en danger.

Cette procédure d’évaluation de la minorité et de l’isolement privilégie la gestion des flux migratoires au détriment de la protection de l’enfance.”

Auteur: librinfo74

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