Menaces sur la protection sociale (1)

La sécurité sociale est en danger.

La cotisation sociale provient de la richesse créée par le travail, c’est une part du salaire qui doit financer la protection sociale. La seule politique qui soit compatible est la solidarité car toutes et tous nous somment concernés par les risques liés à la santé, au chômage, au vieillissement et au bien-être de la famille.

La sécurité sociale était un bien commun. Pourra-t-elle résister encore longtemps à toutes les attaques dont elle est la cible ? Les directives de mise en concurrence ne risquent-elle pas de la détruire ?

Si l’hôpital vacille, c’est tout le système de santé qui se casse la figure.

Près de 70 % de nos concitoyens estiment que, malgré la fatigue et le ras-le-bol des personnels le système de soins en France et d’excellente qualité mais l’inquiétude se fait jour.

« la ligne rouge est dépassée. » C’est avec ces mots que Frédéric Valletoux, président de la fédération hospitalière de France, exprime son désarroi face à la situation des hôpitaux devenus critiques. « La construction même du financement des hôpitaux a entraîné progressivement des dérives puisqu’on a demandé aux hôpitaux d’être rentables… »

… Si le déficit s’est donc creusé cette année, ce serait à cause des plans annuels d’économie (réduction des budgets de 3 milliards en trois ans) mais aussi du modèle économique des hôpitaux, rémunérés à l’acte depuis 2004 (T2A)

cette tarification à la pathologie a été instituée entre autres pour placer en concurrence prestataires publics, en particulier nos hôpitaux, et prestataires privés. Comme le dit un ex-directeur général des hôpitaux : « la stratégie de l’hôpital public ressemble à celle des autres entreprises… » Et il a ajouté : « on cherche à vendre, c’est bien de cela dont il s’agit… Mais non, ma santé n’est pas un téléphone portable ! »

Ainsi Mâcon, à la suite de ses prédécesseurs, entend réduire le service public hospitalier au rôle de simple béquille d’un système de santé pilotée par les assurances est confié pour l’essentiel aux médecins libéraux et aux cliniques privées.

Chômeurs au forfait.

Bonne nouvelle, plus de cotisations chômage !

Le chômage sera indemnisé forfaitairement avec un montant d’indemnité a minima car il ne s’agira plus de revenus de substitution mais d’une gestion de la pauvreté, c’est le constat qui est fait dans tous les pays ayant adopté cette mesure. D’ailleurs, dans son programme, Macron a écrit que le chômage devra réaliser 10 milliards d’économies ! Peut-être a-t-il prévu une baisse considérable du nombre de chômeurs grâce aux nombreuses créations d’emplois, voire la réindustrialisation de la France ?

Quel avenir pour la retraite par répartition ?

Très discrètement les fonds de pension sont mis en place depuis qu’ils ont été votés par le Parlement en janvier 2017 après avoir été préparés par E. Macron, alors ministre de l’économie. Tout aussi discrètement on parle d’une part de retraite sous forme de capitalisation. La réforme des retraites et donc annoncées. Or les deux systèmes ne peuvent cohabiter, la retraite par répartition ne peut que régresser. L’essentiel était de supprimer les cotisations patronales et de laisser au marché financier la gestion des retraites. D’ailleurs les groupes d’assurances et tous les investisseurs concernés vont bénéficier de la réglementation très souple de la directive sur les institutions de retraite professionnelle pour gérer les fonds de pension. En cas de crise financière, on aura le droit de faire des cauchemars !

Pour le Medef les conquis sociaux sont intolérables. La sécurité sociale est en danger imminent.

Le président Macron a précisé que la sécurité sociale, dont le financement dépendra de l’État, assurera le gros risque et le quatrième âge mais pour les problèmes de santé courants cotisations et prestations seront supprimés. Que devrons-nous faire ? Il faudra prendre des complémentaires et des surcomplémentaires pour faire face a vos dépenses de santé non remboursée, selon vos moyens. Les inégalités d’accès aux soins vont se développer de façon spectaculaire

Les traités européens ont institué l’austérité (TSCG) avec les conséquences sur les budgets sociaux et, maintenant, les directives européennes (CEE/92/49 et CEE/96/49) vont détruire notre bien commun contre la volonté de la majorité des gens et, chaque année, le vote de la loi de finances remettra en cause le financement de la protection sociale.

Nous sommes tous concernés et, si nous ne créons pas de toute urgence des comités de défense et de reconquête de la sécurité sociale dans tous les lieux possibles, la protection sociale disparaîtra très rapidement.

 

(1) Cet article est le premier d’une série qui développera le détail des points introduits ici.

Auteur: Marie-Lou Benoit

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