Macron et l’extrême droite.

Un président de la république qui veut honorer Pétain, un porte-parole du gouvernement qui cite Ch. Maurras en croyant citer M. Bloch… Allons ! Allons ! Il n’y a pas là de quoi fouetter un chat ! Mais, quand même, on pourrait y voir quelque chose d’inquiétant.

Rassurons-nous, Macron se valorise à longueur de discours en se présentant comme l’ultime bouclier face à la « lèpre » des nationalismes et, d’ailleurs, il doit son élection essentiellement à la peur qu’un grand nombre de Français éprouvaient devant la menace de victoire du FN.

La communication a bien travaillé, les pauvres électeurs français en sont réduits à choisir entre l’épouvantail de l’extrême droite et le macronisme patelin et rassurant d’une république en marche vers la « normalisation » complète de la société française.

« Normal » était le président précédent, « normale » sera la société française. Normale ? Oui, comme les autres, soumise aux lois de la finance, au pouvoir des marchés, à la distinction bien nette entre l’élite et la plèbe, entre ceux qui ont tout et ceux qui ne sont rien. Eh oui, normale puisqu’il n’y a  » pas d’alternative ». Ou plus exactement, puisque la seule alternative est celle de l’extrême droite ou du populisme.

Dans le discours dominant extrême droite, nationalisme, souverainisme, tout cela peut être mis dans le même sac. Les élites y mettent même l’extrême gauche ainsi qu’ils désignent les insoumis, les communistes et autres gauchistes dangereux (pour le capital) et ce sac commun porte le nom infamant de « populisme ».

Le populisme est le parti pris du peuple. Mais entendez par « peuple », chez les macroniens, l’ensemble des femmes et des hommes qui ne comptent pas (ou qui ne compte que leurs sous pour vivre), tous ceux qui croient, les imbéciles, qu’on peut vivre sans investisseurs privés qui investissent et qui ne le font que si leurs profits sont profitables et s’ils peuvent accumuler des richesses 100 fois plus importantes qu’il n’existe de bien à acquérir sur la terre sauf à payer une bouteille de vin 500 000 e ou une toile peinte 10 millions.

Le mépris du peuple provoque la colère du peuple et, certes, la colère n’est pas toujours de bon conseil même si elle est largement justifiée.

Quand on sait les dégâts provoqués par les politiques libérales qui ont écrasé tous les marchés locaux d’Afrique, d’Amérique du Sud d’Asie et ruiné les économies nationales en Europe et aux USA, quand on en voit les conséquences en termes de misère, de guerres, de migrations et de climat, on ne peut qu’être révolté.

On n’imaginait pas ainsi le progrès que nous promettaient les Lumières.

Et pour certains, qui sont trop en colère pour réfléchir sereinement, la révolte s’exprime sous forme de la violence terroriste ou de la haine xénophobe et raciste.

C’est ainsi que Trump s’est fait élire aux USA ou Bolsonaro au Brésil comme bien d’autres ailleurs, c’est ainsi que l’extrême droite est présentée, en France, comme l’alternative au mondialisme.

Mais s’il nous reste un peu de sang-froid pour penser, ne tombons pas dans ce piège que nous tend le macronisme.

Le mondialisme financier produit le nationalisme de droite, étriqué et malheureux, il étouffe tout discours de coopération  entre des peuples souverains et interdit même l’usage de la notion d’internationalisme dont le sens a été délibérément brouillé par la propagande médiatique (car l’internationalisme  désigne une communauté de nations non « nationalistes »).

Macron est le pourvoyeur de Marine Le Pen, la REM et le RN se partagent, main dans la main, le paysage politico-médiatique français. Il faut le dire clairement :

Macron n’est pas un rempart contre l’extrême droite,

il est un barrage contre la solidarité, la justice, l’égalité des humains et le respect du peuple et, en ce sens, il est exactement ce que serait la droite extrême si elle accédait au pouvoir.

Il faudra que les peuples ouvrent les yeux, le populisme de droite, fait de haine, n’est pas le populisme de gauche, fait d’une solidarité jugée utopique et ridicule par l’élite au pouvoir.

Contre Macron et contre l’extrême droite, il n’est qu’un seul et unique combat.

L’intelligence populaire ne se confond ni avec le calcul des intérêts ni avec la lutte pour une quelconque domination des uns sur les autres.

Auteur: jefdelhaye

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