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Les joyeuses colonies de vacances ! Les vacances de quoi, pour qui ?

Je rencontre Éric Bothorel, responsable de la partie UFOVAL à la F.O.L 74. A partir de nos échanges, voici mon interprétation et commentaires sur la situation actuelle.

 

1/ Le 16 mars c’est l’arrêt de tout.

 

Toutes les activités quelles soient industrielles, tertiaires, de formation, d’encadrement, d’accueil sont stoppées.

La vie de tous est organisée autour de protocoles. En tant qu’individu, j’ai une latitude d’appliquer à la lettre ou à l’esprit les protocoles. Certaines entreprises bénéficient d’aménagements substantiels mais la plupart des organisations sont bloquées de façon drastique. La Fédération des Œuvres Laïques n’échappe pas à la règle.

Les enfants restent confinés, puis vont revenir vers l’école dans des conditions qui évoquent plus la nécessité de garder les enfants que celle de l’éducation, même nationale.

Qu’est-ce que la vie d’un enfant ? Vous souvenez-vous de vos enfances ?

Tourner, sauter, se balancer, courir, flâner, se mesurer aux autres, découvrir des comportements différents, des manières de vivre différentes. Comprendre que la vérité n’est pas vraiment la Vérité, que j’ai des forces et des faiblesses. Et surtout cette obligation d’être avec les autres qui m’oblige à découvrir empathie, sympathie et antipathie… et régulation des comportements, les miens et ceux des autres. C’est un peu la famille qui m’apprend cela et aussi beaucoup mon environnement extérieur dont l’école et les vacances.

Les mouvements d’éducation populaire incitent, soutiennent et valorisent ces prises de consciences. La F.O.L dans son ensemble et particulièrement l’U.F.O.V.A.L liée aux vacances sont touchés par la situation de la COVID19.

 

2/ Protocole, vous avez dit Protocoles ?

Comment peuvent reprendre des activités de groupe, de vie sociale de jeunes encadrés par des adultes. Qu’est-ce qui est possible, interdit ?

Les protocoles doivent s’écrire. Cela va venir. Ils changent, seront écrits,… Ils se modifient au gré des prises de position des experts (ministère de la santé et comité scientifique) et des décideurs politiques… Ils ne sont pas publiés, il faut attendre. Et quand ils le sont, comment cela se met-il en place concrètement ?

Sur un département, ce sera la DDCS – Direction Départementale de la cohésion sociale qui va s’en occuper et sur un autre ce sera DEGESCO La direction générale de l’enseignement scolaire.

Cela renforce la difficulté à mettre en place des projets lorsque l’activité, comme c’est le cas pour la F.O.L 74 concerne beaucoup de départements, et en plus des activités et séjour à l’étranger !

Alors, ces enfants plus ou moins déconfinés de mars jusqu’à septembre ? Sans savoir ce qui sera possible en septembre… est-ce tenable ?

De la même façon que l’école est nécessaire, au moins pour que les parents puissent taller travailler, les colos le sont aussi. Mais à la différence des colos, les écoles étaient prêtes et les enseignants aussi.

Sauf dans le cadre de centres permanents fonctionnant toute l’année, c’est un lourd travail de préparation pour permettre un séjour. Tout ce qui est matériel, administratif, les réservations, les transports, les recrutements d’animateurs de directeur, de personnels de service.. et tout cela au regard de contraintes qui ne sont pas clairement connues !

A un mois des départs pour des « colos » et autres activités proposées aux jeunes, c’est encore très peu lisible.

 

3/ Quelles réalités maintenant et à venir ?

Les centres itinérants : impossible. Les séjours à l’étranger aussi. Quels sont les centres possibles ?

Quels sont les lieux qui vont permettre d‘accueillir les jeunes en respectant les protocoles sanitaires ? Oubliés les lits superposés. Obligation de repas individuels sur plateau ! Pas de jeux collectifs ? Que des petits groupes se croisent dans les couloirs : possible ?

 

Les repas pourraient être pris ensemble, servis individuellement à l’assiette, le couvert mis en toute précaution par les agents de service sur des tables permettant la distanciation sociale. Mais cela reste un coût supplémentaire et, cela sera-t-il validé comme protocole de repas ?

 

Les activités : jusqu’où considérer ce qui va être proposé étant éducatif, et non pas de la simple garderie ? Jusqu’où pour conserver le sens de ce qu’est « la colo » ?

 

Entre l’éthique, la faisabilité matérielle et financière, il y aura une réduction significative des possibilités d’accueil. L’année dernière c’était environ 2000 personnes embauchées entre animateurs, directeurs, personnels de service. Cette année, se serait environ 600 personnes !

F.O.L-UFOVAL : ce sont plutôt des « militants » qui y participent. Les salaires et indemnités sont non seulement bienvenues, mais nécessaires pour beaucoup de jeunes adultes qui encadrent et participent aux séjours, en particulier les étudiants. La plupart s’inquiètent, proposent leur aide pour que les colos puissent avoir lieu.

Les colos c’est aussi un lieu de formation à la citoyenneté pour les jeunes adultes qui encadrent, qui prennent des responsabilités, qui apprennent du groupe, se forment à la vie adulte et citoyenne.

Les parents téléphonent, viennent pour les inscriptions dans les centres aérés du bassin Annécien. Les places seront strictement limitées. Les colos qui pourront avoir lieu seront certainement remplies immédiatement car la demande est très forte.

Par cette crise, la F.O.L a du stopper toutes les activités d’accueil et en particulier celle des classes vertes, classes de découverte. Les centre permanents d’accueil des familles ont été fermés aussi. Comment régler les charges de personnel, de maintenance, de crédits en cours ? Une demande d’aide à été faite vers l’état. La F.O.L s’endette donc pour plusieurs années ce qui aura un fort impact sur les années à venir.

 

 

Comment les élus communaux, départementaux, régionaux et nationaux  vont soutenir cette éducation populaire? Nous pouvons nous en préoccuper en questionnant nos élus et responsables, surtout en ces temps d’élection !

JMH

 

Auteur: Jean-Marie HUBERT

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