Le Préfet juge inhumain l’abattage du troupeau, mais l’a ordonné pour garantir la santé publique

Le colonel de gendarmerie, Benoît Tonanny, Alain Espinasse, Préfet et Chantal Baudin, Directrice de la protection de la population

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La conférence de presse du jeudi 6 janvier sur la brucellose était d’importance pour le Préfet connaissant la charge à la fois émotionnelle et explosive de l’abattage du troupeau d’Éric Forestier, éleveur à Saint-Laurent.

 

Émotionnelle. Le préfet a exprimé avec sincérité sa compassion vis-à-vis de l’éleveur suite au décret d’abattage qu’il a été obligé de signer le 10 novembre, contraint par la loi.

Explosive. Il a tenu à éteindre la mèche.

Pour cela, il a entretenu un échange très suivi avec l’éleveur afin de lui expliquer pourquoi son troupeau devait être abattu. Une décision imposée par la loi européenne dès qu’un animal est testé positif à la brucellose.

Le Préfet a tenu à l’accompagner en créant les conditions matérielles et psychologiques nécessaires à la reconstitution de son troupeau. Les semaines précédentes, des échanges ont eu lieu avec les élus, en particulier le maire de Saint Laurent, la chambre d’agriculture… Toutefois, d’après la confédération Paysanne, il n’aurait pas répondu à leur demande de rencontre entre le 20 décembre et le 3 janvier :

 

Chantal Baudin aux côtés du Préfet

Un préfet doit appliquer la loi et garantir la santé publique

Si le Préfet n’avait pas pris la décision d’abattre le troupeau de l’éleveur, d’une part, il n’aurait pas respecté la loi – ce qui lui était impossible – et d’autre part, il aurait mis en danger la santé publique, ce qui aurait été une faute impardonnable.

Chantal Baudin, directrice de la protection des populations, insiste avec force sur la dangerosité de la brucellose transmissible à l’Homme, avec de lourdes conséquences sur la santé.

Elle a rappelé l’affaire de 2012 où deux enfants ont été infectés par la brucellose après avoir consommé du fromage au lait cru.

Ces enfants présentent encore à ce jour des séquelles de la maladie.

 

Le Préfet considère que l’État  a bien géré la brucellose des bouquetins du Bargy

 Au cours de la « Montée aux enfers » du 4 janvier, tous les éleveurs présents aux côté d’Éric Forestier savent, qu’après l’abattage de son troupeau, rien ne sera réglé. Demain, dans quelques jours, semaines ou mois, la même situation pourra se reproduire avec les mêmes conséquences dramatiques tant que la brucellose continuera à infecter largement les bouquetins du Bargy.

Une situation qui alimente la colère des éleveurs considérant que l’État a été incapable de limiter la propagation de la maladie. Le Préfet répond aux nombreuses critiques formulées par les éleveurs et les syndicats agricoles en rappelant que les dernières méthodes envisagées plus efficaces ont été rejetées par le  juge administratif :

 

Est-il possible de changer la loi européenne ?

Fabienne Grebert, conseillère régionale, présente le 4 janvier à la marche pour soutenir Éric Forestier, veut « porter l’ambition d’un changement de normes accompagné de politiques de prévention mieux adaptées. De nouvelles dispositions règlementaires doivent être mises en place ».

Des bonnes intentions qui, selon le Préfet, se brisent sur le mur européen, car cette loi ne peut être changée qu’avec l’accord de tous les États, ce qui constitue un obstacle difficilement franchissable. Un avis qui arrange les gros producteurs de l’agriculture industrielle, car ils souhaitent que la France reste exempte de brucellose pour assurer les exportations de viande et de fromage :

 

Des questions restent en suspend

S’il est avéré que le Préfet a accompagné au mieux l’éleveur confronté à cette situation dramatique, il reste cependant de nombreuses questions en suspend.

Situation d’Éric Forestier

L’indemnisation des pertes d’exploitation de l’éleveur sera-t-elle juste règlementaire et limitée, ou prendra-t-elle en compte la totalité des préjudices, y-compris moraux et du temps de travail supplémentaire ? Quand l’éleveur recevra-t-il cette indemnité ?
Comment sera indemnisée la coopérative de Flumet pour ses pertes d’exploitations (surcouts liés aux fromages consignés et/ou détruits, perte de clientèle…) ?
Pouvez-vous nous confirmer que deux vaches détectées négatives ont été testées positives à l’abattoir ? Quelle est la fiabilité des tests réalisés à l’abattoir (risques de faux positifs) ? Faut-il attendre des tests plis élaborés ?

Gestion de la brucellose des bouquetins

L’ensemble des syndicats représentatifs souhaite que la gestion des bouquetins fasse l’objet d’un groupe de travail avec toutes les parties prenantes ? Y-êtes-vous favorable ?

Quelles sont les résultats d’analyse sur la faune sauvage ?
Le programme de surveillance de la faune sauvage inclura-t-il le secteur de Saint Laurent ?

 

Auteur: gfumex

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1 commentaire

  1. Pendant le conflit de 1939-45 , les fièvres de malte rodaient autour du troupeau que je gardais , et toujours je tétais la meilleure chèvre , et pourtant je n’ait jamais été infecté .

    Maintenant si toutes les lois « européennes » devaient primer sur les lois françaises , des citoyens atteints par le virus « covid 19 » devraient-ils être aussi traités comme le troupeau de la famille Forestier . Ceci pour plagier des décisions inacceptables

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