L’abattage massif des bouquetins du Bargy décidé par la Préfecture a prouvé son inefficacité en 2013

Le Préfet a promulgué le 17 mars un arrêté autorisant l’abattage sans contrôle sanitaire préalable de quasiment tous les bouquetins non marqués du massif du Bargy, soit 170 animaux.

Malgré l’avis négatif à 100 % du Conseil National de Protection de la Nature et des associations environnementales avertissant de l’inefficacité d’une telle décision, l’État na pas voulu revoir sa copie,  privilégiant, selon la FNE*, « la protection des filières économiques de la viande bovine et du lait cru. » Une nouvelle mobilisation et un recours juridique sont en préparation.

 

Dans un communiqué de presse, la FNE (Fédération Nationale de l’Environnement), met en garde le Préfet de l’inefficacité d’une telle mesure : « Ni l’avis 100% négatif du Conseil National de Protection de la Nature, ni les 84% d’avis défavorables des citoyens et associations déposés pendant la consultation publique, n’ont conduit l’État à changer ne serait-ce qu’une virgule du projet d’arrêté. Les arbitrages interministériels ont privilégié, comme souvent, la protection des filières économiques de la viande bovine et du lait cru, et les bouquetins du Bargy vont en payer le prix fort. »

 

D’autres méthodes plus efficaces existent

« Le taux d’infection à la brucellose des bouquetins du Bargy, divisé par 10 en 5 ans, est estimé à 4%. Il est proche du niveau d’extinction naturelle. Une solide campagne de captures-contrôles, avec euthanasie des seuls animaux séropositifs, donnerait de meilleurs résultats sur le long terme. C’est ce que le CNPN affirme, ainsi que les experts de l’ANSES «  positions soutenues par la FNE.

 

Pourtant, malgré ce faible taux d’infection, des troupeaux sont encore infectés

C’est l’argument des éleveurs qui a poussé le Préfet à engager une telle méthode musclée. Une décision que conteste les associations environnementales, évoquant son inefficacité.

 

Pour la FNE, l’histoire se répète

« La stratégie des abattages massifs et indiscriminés a montré depuis 2013 son inefficacité et ses effets induits contreproductifs. Le risque est que les animaux survivants s’éparpillent et exportent la brucellose vers les Aravis ou les Glières. Et la priorité sera d’abattre les jeunes femelles, qui seront pour la plupart gestantes en mai-juin. Ce n’est pas acceptable. »

 

Les associations annoncent une nouvelle mobilisation doublée d’un recours juridique

« Nous allons en conséquence devoir nous mobiliser à nouveau pour que les bouquetins sains, soit 96% de la population du Bargy, soient préservés. Plusieurs associations, dont FNE et la LPO, vont lancer un recours juridique pour qu’il n’y ait pas d’abattages indiscriminés. »

* FNE (Fédération Nationale de l’Environnement)

Auteur: gfumex

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