La violence de la politique.

Tandis que le GIEC ( Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) tire la sonnette d’alarme dans le train fou du réchauffement climatique fonçant vers une catastrophe planétaire, on apprend  ce matin que l’extrême droite est sur le point de prendre le pouvoir au Brésil en la personne de Jair Borsonaro qui, à l’instar d’un Donald Trump encore plus Trump, se propose de régler les problèmes politiques du Brésil en généralisant la violence par l’ouverture du port d’armes à tous les « gens bien ».

Vous me direz : « mais quel rapport entre le réchauffement climatique de la planète et la légalisation prochaine de la violence au Brésil ? »

D’abord il est clair que cette percée de l’extrême droite s’inscrit dans un mouvement général que l’on peut constater partout dans le monde.

Le réchauffement climatique et la montée de l’extrême droite sont deux phénomènes concomitants qui vont dans le même sens : la destruction de l’humanité par elle-même, tant sur le plan matériel que sur le plan moral.

Mais, de même qu’elles vont dans le même sens, elles ont la même origine et sont les marques d’une même aberration dans le rapport de l’homme à lui-même et à la nature.

Le réchauffement climatique est manifestement l’effet de l’activité humaine qui pollue l’atmosphère au point de modifier le système d’échange naturel entre le sol de la planète et l’espace céleste. Le rendement économique optimal, essentiel au système capitaliste privé et concurrentiel, exige le maximum de production (et de consommation) avec le minimum d’investissement.

Si les États-Unis de Trump, par exemple, refusent d’entériner les accords de Paris sur le climat, c’est que la mise aux normes de leurs usines, voitures et autres machines émettrices de gaz carbonique ferait baisser leur rentabilité .

Cela est impensable et pas seulement pour eux.

Investir plus pour gagner moins ou pas davantage est une absurdité économique.

Et c’est pareil pour le coût du travail. Il est clair que celui-ci doit être le plus bas possible pour qu’un investissement soit rentable.

Il faut donc : 1/ supprimer autant que possible les humains travaillant.

2/ les payer le moins possible.

3/ Les remplacer par des machines.

4/ Produire ces machines et tout le reste avec le minimum de frais.

Tout cela est élémentaire et connu de tous.

Le réchauffement climatique est une violence faite aux humains.

La diminution du coût du travail est une violence faite aux humains.

Le système économique est violent, il condamne à la pauvreté, à l’exil, au désespoir une quantité toujours plus grande de femmes et d’hommes.

Face à cette violence, ceux-ci cherchent à se sauver, résistent, protestent, se révoltent parfois.

Ce sont les paysans sans terre du Brésil, les habitants des favellas comme les victimes des guerres économiques en Asie et en Afrique qui vont chercher refuge dans les paradis imaginaires de l’Occident.

Alors il faut généraliser la violence en la légalisant pour ceux qui trouvent encore un avantage dans ce système afin de se défendre de ceux qui en sont les victimes.

La violence est le mode de fonctionnement normal du système économique basé sur la concurrence de tous contre tous. L’extrême droite est son parti, la droite en général est la tendance à justifier ce mode de fonctionnement. Les notions de bien commun, de propriété ou de service publics, l’idée de solidarité entre tous les humains leur paraissent ridicules. La notion de démocratie les fait sourire. L’égalité les révulse.

Voici la définition que donne un dictionnaire de l’extrême droite : « famille idéologique de partis, mouvements et groupuscules hétérogènes mais qui ont en commun une critique radicale de la démocratie au nom d’une idéologie autoritaire, raciste et nationaliste tendant à exclure une partie des individus de la nation et/ou de la citoyenneté. »

Et c’est là l’essentiel à retenir : là où le fonctionnement humain est la guerre, il y a nécessairement des victimes. « Malheur aux vaincus! » Et pour ne pas en faire partie, mieux vaut se ranger du côté des violents.

 

La politique la plus civilisée d’aujourd’hui ne fait rien d’autre que collaborer avec les puissances financières qui pompent la richesse des petites gens et désignent les coupables parmi les plus démunis d’entre elles.

Notre gouvernement, par exemple, ridiculise l’écologie, justifie la pauvreté des plus pauvres et entretient la haine du différent, de l’étranger, du plus faible facile à humilier (du chômeur qui n’a qu’à traverser la rue).

À n’en pas douter, bientôt nous aussi, nous aurons des armes pour défendre notre réserve privée d’oxygène à respirer contre ceux qui étouffent. Trump et Bolsonaro sont des précurseurs.

Auteur: jefdelhaye

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