La crise de l’eau est devant nous

Le 11 juin, le collectif « Plus jamais ça » (1) a organisé une rencontre cinéma-débat autour de deux thèmes cruciaux de notre société : la crise de l’eau et de la protection sociale.

La représentante de Greepeace a commenté l’excellent documentaire « À sec : la grande soif des multinationales » (1) 

 

Yvan Perez, secrétaire départemental de la CGT a présenté le documentaire de Gilles Perret : « La sociale », montrant l’énorme implication du ministre communiste Ambroise Croizat dans la mise en œuvre de la législation et la mise en place des caisses de sécurité sociale. Un combat dans lequel la CGT a pris une part importante.

 

À sec : la grande soif des multinationales

Ce film dénonce les grandes multinationales de l’eau en bouteille qui amplifient leur pression sur les nappes phréatiques, au détriment des populations locales.

À l’heure où les ressources hydriques s’amenuisent en Europe, les multinationales de l’eau en bouteille n’entendent pas renoncer à leurs prérogatives. Une enquête en France et en Allemagne où les conflits d’intérêts paralysent les espoirs de réglementation.

 

À qui appartient l’eau sous nos pieds ?

Depuis des décennies, les grandes multinationales de l’eau en bouteille amplifient leur pression sur les nappes phréatiques, au détriment des populations locales. Dans la région auvergnate de Volvic, l’État a accordé à la multinationale Danone de nouveaux droits de prélèvement, alors même que le niveau des réserves d’eau atteignait un niveau alarmant. Plusieurs sources historiques sont désormais taries, laissant sinistré le secteur autrefois florissant de la pisciculture. À Vittel, dans les Vosges, Nestlé Waters – premier employeur de la région – contrôle le territoire dont il surexploite sciemment l’aquifère. La firme suisse se trouve désormais embourbée dans une affaire de prise illégale d’intérêts doublée d’un scandale de pollution des sols. De l’autre côté du Rhin, c’est le géant Coca-Cola qui projette d’exploiter un troisième puits sur son site de Lunebourg, en Basse-Saxe, avec pour projet de multiplier par deux les volumes ponctionnés. Contre ces colosses apparemment tout-puissants, les collectifs citoyens qui s’organisent peinent à faire le poids.

Robert Schmidt et Alexander Abdelilah enquêtent sur un système opaque dont les prétentions au développement durable ne sont que poudre aux yeux, et rencontre des militants associatifs, personnalités politiques ou simples citoyens investis dans un combat pour faire évoluer la législation sur le sujet – à l’image de l’avocate et ancienne ministre Corinne Lepage ou de la députée Mathilde Panot, qui a dirigé la commission d’enquête parlementaire relative à la mainmise sur la ressource en eau par les intérêts privés. Pour faire de l’accès à l’or bleu un droit fondamental, le chemin reste encore long et semé d’embûches.

 

Nous consommons 5000 litres d’eau par jour !

Jacques Cambon d’ATTAC 74 rappelle le chiffre faramineux de 5 000 litres d’eau consommées par les occidentaux :  » Notre consommation ne se limite pas à l’eau que nous buvons, mais celle nécessaire au lavage, à notre alimentation, à toutes nos activités ». Il s’agit à la fois de ne ps la gaspiller et surtout protéger nos nappes phréatiques dans lesquelles pompent allègrement les rois de l’eau en bouteille plastique.

 

Les bouteilles d’eau d’Évian transportées par la route

Pierre Cabotte, « d’ATTAC » souligne que le transport des bouteilles d’Évian prennent le chemin pollué par les camions : « Alors que ce transport se faisait par rail, la politique des eaux d’Évian a préféré acheminer annuellement ses 1,9 milliards d’eau par la route ». 

(1) Ce collectif est composé des syndicats « CGT », « FSU », « Solidaires », « Confédération paysanne », de l’association « ATTAC » et de l’ONG « Greenpeace ».
(2) Le journaliste Jörg Daniel Hissen a réalisé ce documentaire dont Robert Schmidt et Alexander Abdelilah du collectif « We report » sont les auteurs. Né en 2014, We Report est un collectif international de journalistes indépendants tourné vers l’investigation et le reportage au long cours.

 

Notre protection sociale en danger

Le film de Gilles Perret nous rappelle la fantastique histoire de notre sécurité sociale, créée en 45, qui permis à tous selon le fameux slogan : « Se soigner selon ses besoins, cotiser selon ses moyens »

Le mérite du film de Gilles Perret est de rappeler que la création de la « sécu » est le fruit d’un long chemin de lutte contre les forces conservatrices qui refusaient d’accorder le droit légitime à la santé pour tous. Les ordonnances des 4 et 19 octobre 1945 donnent un cadre légal à la Sécurité sociale souhaitée par le CNR. Elles sont préparées par Alexandre Parodi, un haut fonctionnaire membre du Comité des experts dans la Résistance puis ministre du travail et de la Sécurité sociale gaulliste entre septembre 1944 et octobre 1945. Ambroise Croizat, militant communiste, nommé ministre du travail le 21 novembre 45, a réalisé, avec toute une équipe dirigée par Pierre Laroque, le tour de force de mettre en place en 6 mois les caisses de sécurité sociale dans tous les départements, avec l’appui essentiel de la CGT.

 

Pour Yvan Perez, secrétaire départemental de la CGT « on ne peut plus laisser le capitalisme s’emparer des choses essentielles que sont les biens communs, l’eau, la santé, l’énergie… » (…) C’est à travers les débats d’idées que l’on pourra acquérir une conscience de classe pour engager les luttes de demain »

Auteur: gfumex

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