La campagne des schtroumpfs.

schtroumpf

Décidément, rien ne nous sera épargné dans cette campagne électorale où la démocratie dégénère en une véritable bouffonnerie.

Il faut, il faut absolument que les citoyens soient maintenus dans un spectacle lamentable qui, malgré tout, les absorbe afin qu’ils  soient tenus à l’écart de toute véritable discussion politique, afin que les problèmes ne soient ni posés ni traités.

C’est l’affaire Fillon, d’abord, qui occupe la sphère médiatique à longueur de journée et qui révèle la nature corrompue de notre monde politique.

Les emplois fictifs, les sommes démesurées versées aux membres de la famille sont tellement monnaies courantes que François Fillon et ses amis s’étonnent qu’on puisse leur en faire reproche. « Quoi ? ! Mais quel parlementaire, quel homme politique n’a pas usé de ses privilèges pour se remplir les poches ? » C’est vrai, on en vient à se demander pourquoi accuser celui-ci et pas celui-là, et pas tous les autres. Mais il faut avouer que celui-ci s’était tellement vanté de son honnêteté irréprochable que tout ce qu’il peut dire aujourd’hui sur la morale civique ne peut prêter qu’à rire.

Ceci dit, cela n’empêche pas que la procédure employée pour lui faire obstacle puisse être suspectée. Il est plus facile d’opposer à un candidat dangereux des arguments judiciaires que des arguments réellement politiques.

Le pouvoir actuel est au service d’intérêts puissants qui n’ont pas envie de le voir changer de mains. Il faut continuer à faire allégeance à l’Allemagne, à l’Union Européenne, il faut continuer à fermer les yeux sur les exactions ignobles du gouvernement israélien à l’égard des palestiniens, sur les massacres saoudiens au Yémen, etc.

Je ne dis pas, évidemment, que le programme de François Fillon serait le meilleur pour changer les choses, loin de la. Il va de soi que le plus grand danger pour la caste dominante vient de la vraie gauche, celle de Jean-Luc Mélenchon. Contre lui, on n’a pas trouvé de faute qui pourrait nuire à sa réputation alors on s’est contenté de de le faire minimiser par les médias. L’ordre donné est celui-ci : « n’en parlez pas, ou alors le moins possible. »

Quant à nous, qui ne faisons pas partie des médias possédés par les patrons de la finance qui fait la loi, nous ferons la même chose pour le parti qui a besoin de se dé-diaboliser pour faire oublier sa nature.

Emmanuel Macron n’est pas le moindre acteur du cirque médiatique qu’on nous sert aujourd’hui en guise de campagne électorale. Un vrai Schtroumpf ! La véhémence dramatique de ses discours n’a d’égale que le vide sidéral de son programme. « Élisez-moi, dit-il, voyez comme je suis gentil, voyez comme je suis beau, voyez comme je suis intelligent! voyez comme je suis malin, moi qui ai gagné 2 millions d’euros en deux mois en montant une OPA pour Nestlé quand j’étais dans les affaires. Comment pourriez-vous imaginer que je vous schtroumpfe ?

Manifestement il a la préférence du Medef et, à part quelques petits bricolages, il est prêt à nous resservir la soupe hollandaise avec sa loi travail à la El Khomri, ses traités transatlantiques et sa soumission à la BCE.

Jamais, si ce n’est chez les insoumis, on ne prend à bras-le-corps les grands, les vrais problèmes. La catastrophe écologique en cours est à peine effleurée, le problème des migrations, climatiques ou économiques, est traitée par-dessus la jambe, le sujet brûlant de la démocratie, de la souveraineté populaire, est négligé. On veut nous faire croire que la crise actuelle de l’injustice sociale, des inégalités, de la misère grandissante serait résolue par une augmentation de la croissance dont les programmes économiques proposés par les candidats de droite  sont incapables de se passer alors que, nous le savons bien, la poursuite de la croissance est plus un problème qu’une solution.

L’art de parler pour ne rien dire, de faire des moulinets avec les bras en débitant des banalités pour essayer de cacher aux électeurs la vacuité de cette joute électorale, concourent à dégoûter les citoyens encore un peu plus de la politique. C’est que la plupart des candidats sont des pantins animés par des ficelles que manipulent les neuf milliardaires qui possèdent la quasi-totalité des organes de presse en France et qui, pour perpétuer le pouvoir de leur oligarchie, entretiennent cette vaste fumisterie.

Auteur: librinfo74

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