Faire vivre les 31èmes SEMAINES D’EDUCATION contre les DISCRIMINATIONS et le RACISME

 

Compte-tenu du contexte socio-politique, il a fallu imaginer des modes d’interventions dans le champ éducatif et culturel.

Sur le bassin d’Annecy, avec le soutien de: Ville d’Annecy, DDCS, Conseil Départemental; un collectif d’associations s’y est attelé : Sou des écoles laïques, Fédération des Oeuvres Laïques, la Cimade, le MRAP, l’ANACR, FNDIRP, AAPLE, GFEN, les Marmottes de Savoie, la MJC de Meythet d’Annecy, service éducatif de la ville d’Annecy .

Chaque association a développé ses propres animations pour aboutir par exemple à des expositions portées par ces associations, sur trois médiathèques :

Bonlieu du 30 Mars au 3 Avril,

Seynod du 6 au 10 Avril,

La Turbine Cran-Gevrier du 27 au 30 Avril.

Avec l’expérience d’animations d’ateliers d’écriture du Groupe Français d’Education Nouvelle(GFEN) s’est proposé d’intervenir sur différents lieux. Le média Librinfo74 porté par AAPLE( Association Annécienne pour la Promotion de la Liberté d’Expression)  peut être le vecteur de ce qui se passe sur le terrain. Voici ce qui se passa sur l’un d’entre eux .

Ecrire avec les migrant.es pour appréhender la richesse humaine de chacun, chacune

C’est à l’occasion des Semaines Nationales contre les Discriminations et le Racisme, que depuis 30 ans est mise en oeuvre l’opération « Cartes de la Fraternité », à l’initiative de la Ligue de l’Enseignement et où près de 150 000 cartes postales portant une photo prise par 6 photographes de l’Union Européenne, illustrant des situations de discrimination. Ces cartes portant des messages seront envoyées comme « des bouteilles à la mer » vers des destinataires qui à leur tour pourront y répondre.

J’ai toujours choisi que ceux-ci soient destinés à des personnes en besoin de solidarité, d’être entendues. Cette année sur Chambéry, à l’appel d’associations(Amnesty International, ATD Quart-Monde), d’un accueil de jour de personnes en situation de précarité comme les migrants,; il nous a semblé urgent de donner la parole à ces derniers surtout en cette période de restriction des libertés et d’angoisse face au COVID. Décisif pour faire entendre leurs parcours, leurs espoirs, angoisses et sentiments de révolte face aux atteintes aux droits fondamentaux. Une dizaine de personnes venues d’Afrique y ont participé. Nous nous sommes appuyé.es sur des livres de poètes sensibles à ces thématiques et qui ont été publiées aux Editions Rue du Monde.

Construire la solidarité avec les mots de maux

Ceux qui sont apparus le plus souvent furent : fraternité, solidarité, aide, transformer des situations insupportables, vécus douloureux, Ressortait aussi la douleur d’avoir quitté son pays natal, d’abandon des siens, l’absence d’avenir.

Ainsi, comme on le fait souvent avec le Secteur Poésie-Ecriture de la Région Rhône-Alpes du GFEN, nous avons appris à construire des « brins de poésie », des récoltes fructueuses de mots pour faire émerger nos rêves remplis d’espoir. Nous n’aurions jamais imaginé que ces 2 séances de plus de 2heures chacune, du 24 Février et 3 Mars 2021 aient fait émerger tant de richesses. Il n’y eut point de lassitude, bien au contraire, une forte implication, car il y avait un objectif clair. Ce n’était pas un exercice scolaire et contrôlé. Ecoute et partage de chacun, chacune, plaisir d’écrire pour de bon, ou certains n’hésitèrent pas à sortir leur carte de bibliothèque municipale de Chambéry, attestant que la culture leur faisait du bien. L’un d’entre eux exhiba même  à côté de son texte en construction : « Le Petit Prince » de St-Exupéry. Oui, les poètes sont allés à leur rencontre en « cet après-midi dans la lumière ». Après l’écriture de leur message; la lecture partagée du groupe provoqua réflexion, prise de conscience. Chacun, chacune se sentit comme remercié d’avoir apporté au groupe.

Ces cartes eurent pour destination le Groupe des Oinoleboso, à Yutz en Moselle où l’on apprend à des tisser des liens, où s’expriment nos paroles singulières à transformer des situations insupportables d’injustice, d’atteinte aux droits fondamentaux . En retour, les personnes de Chambéry reçurent un message à leur message. Oui, tous capables d’écrire, alors que l’on a connu les guerres, la misère, l’exclusion, que l’on ne se croyaient pas capables de maîtriser notre langue pour lever l’aube d’un monde nouveau.

Colette Charlet

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