En mémoire de Michel Bois

Frère Michel Bois est décédé en janvier dernier.

Nous l’avons bien connu à librinfo lors des reportages que nous avons diffusés en 2010 et 2011 lorsque, inlassablement, il venait en aide aux familles Rroms. C’est un homme que nous avons apprécié pour son engagement auprès des familles migrantes expulsées, quelle soient roms ou d’autres nationalités, qu’elles soient réfugiées, demandeuses d’asile. Des familles pour lesquelles il s’est impliqué à leur trouver un refuge, une maison pour qu’elles puissent vivre normalement, trouver un travail, scolariser leurs enfants.

Nous avons connu Maria, qui dormait avec ses enfants dans une voiture près de l’église des fins, qui  s’est parfaitement intégrée, obtenu un travail et s’est mariée avec un français.

Déroulé de la vie de Michel Bois

Né le 9 décembre 1937 à Albane en Tarentaise, il entre très jeune comme religieux dans la Communauté des frères de la Sainte Famille. Celui-ci est resté 30 ans à Annecy.

D’abord engagé comme ouvrier du bâtiment chez Salino et GFC, il s’engage dans le syndicalisme. Il avait l’exigence de relire à la lumière de sa foi en Dieu et en l’homme, ce qu’il vivait dans ses engagements et avec les personnes de toutes religions et toutes cultures.

Ces nombreuses rencontres avec les personnes sans-papiers et les demandeurs d’asile, l’orienteront dans la défense des étrangers en difficulté à travers divers collectifs : Comité de Défense des Demandeurs d’Asile (CDDA), puis, auprès des Roms dès 2007, en créant le Collectif  Roms regroupant  la Pastorale des Migrants, ATD Quart Monde (Agir Tous pour la Dignité), la Ligue des Droits de l’Homme (LDH), Réseau d’Éducation Sans Frontières 74 (RESF), les cheminots CGT, ainsi que le Mouvement  contre le Racisme et l’Amitié entre les peuples (MRAP). Il milite ainsi jusqu’en 2014 pour la reconnaissance du droit au travail en tant qu’européen des Roumains et pour leur intégration dans la société française.

Michel BOIS, à travers son dévouement, sa disponibilité, son investissement, sa sensibilité était de tous les combats pour la défense des droits humains.

Qui ne se souvient pas de lui sur son vélo par tous les temps répondant aux urgences des situations ?

 

Nous publions des articles que nous avons consacrés en 2010 et 2011 sur l’engagement solidaire et humain de Michel Bois auprès des familles Rroms

Deux familles Roms logent avec 5 enfants dans 2 voitures sur un parking d’Annecy
Publié par gfumex le 14 Avr 2010 
Ils s’appellent Moïse, Maria, Héléna. Ils sont Roms. Avec eux 5 enfants qu’ils ballotent de squats en squats, au gré des expulsions.
Michel Bois de la « Pastorale des migrants » et Jean-Paul Molliex, d’ATD Quart Monde, les aident à vivre décemment et recherchent auprès des autorités publiques la possibilité de trouver un terrain pour poser une caravane.
Aujourd’hui, ces familles logent à 9 sur un parking à Annecy dans deux voitures, dont une a été prêtée par un militant. 5 enfants sont scolarisés à l’école Carnot.
Le seul sésame pouvant rendre une dignité à ces familles serait d’obtenir un travail auquel ils ont droit, mais sans logement, cela est quasiment impossible

Auteur: gfumex

Une nouvelle famille Rom, avec trois enfants scolarisés à l’école Carnot, doit être expulsée sur Annecy

Publié par gfumex le 17 Oct 2010 dans Social | 0 commentaire


Nous venons d’apprendre, de source sûre, qu’une nouvelle famille Rom, logée dans une caravane de fortune, disposant d’une voiture prêtée pour ranger leurs affaires, est « invitée » par la ville d’Annecy à quitter les lieux. Ses trois enfants sont scolarisés à l’école Carnot. L’aîné est en C.P.
En fait, la municipalité d’Annecy agirait pour le compte de l’agglomération, puisque le terrain appartient à la C2a.
Nous avons rencontré cette famille qui ne semble pas être au courant. La maman nous a dit avoir vu, il y a quelques jours, des policiers prendre des photos, et repartir sans leur parler.
Nous avons joint Michel Bois de la Pastorale des migrants, qui n’était pas informé de cette prochaine expulsion. En revanche, il nous a dit que Jean-Luc Rigaut, Maire d’Annecy et Président de la C2a, avait en vue un terrain sur Vovray pour mettre une caravane : Michel Bois nous précise qu’une personne en offre une toute équipée à la famille.
Nous avons également joint un élu de l’agglomération annécienne. Celui-ci nous a confirmé que si cette famille refusait de partir, plainte sera déposée au tribunal pour obtenir leur évacuation par la force publique.
D’autres familles en caravane vivent à proximité que les Roms ne semblent pas connaître. Pour l’instant, on ne sait pas si ces autres personnes sont concernées par une expulsion éventuelle.

Auteur: gfumex

 

Un bidonville à Cran-Gevrier occupé par huit familles Roms

Publié par gfumex 

Le 1er Déc 2010 dans Droits humains, Économie, Monde, Santé, Social | 0 commentaire
Alors que le froid s’intensifie, huit familles Roms, avec des petits enfants, ont investi un terrain situé au Pont Neuf, le long de la voie ferrée de Vovray, à hauteur de l’entrepôt Armataffet.
Ces personnes de nationalité roumaine ont réussi, grâce à des matériaux de récupération, à construire des cabanes de bric et de broc, les protégeant des intempéries. Pour combattre le froid ( il faisait -1° ce soir avec une neige tombant en fin grésil), des appareils de chauffage de fortune fournissant la chaleur nécessaire.
Cet été, ce terrain privé, destiné à la construction de toute une zone urbanisée, avait fait l’objet d’expulsion de familles Roms par la société immobilière propriétaire des lieux.

Après leur départ, toutes les baraques avaient été détruites.

Le terrain classé dangereux – le sous-sol regorge de matériaux polluants – peut mettre en danger la santé des familles, en particulier les enfants.
Contactée à l’époque par Librinfo, la mairie de Cran avait déclaré ne pas se sentir concernée. Selon elle, le terrain étant privé, c’est au propriétaire à trouver une solution.
Aujourd’hui, d’anciens occupants sont revenus avec d’autres familles.
Michel Bois, de la Pastorale des Migrants, essaie d’obtenir de la collectivité des aides et une réponse pour un hébergement décent.

Auteur: gfumex

Françoise Camusso, maire de Seynod : « venir au secours de personnes en difficultés, en situation régulière ou non, c’est un devoir du cœur. »

Publié par gfumex le 21 Déc 2010 


Nous avons évoqué la situation de familles Roms installées dans un bidon-ville sur la commune de Cran.
(voir article sur librinfo74 : Un bidonville à Cran-Gevrier occupé par huit familles Roms)

Dans son interview, Raymond Vindret, Maire-adjoint communiste de Cran-Gevrier chargé du logement, se déclare impuissant pour régler cette situation, situation qu’il trouve humainement insupportable. Apprenant que des enfants sont scolarisés à l’école de Barral sur la commune de Seynod, Raymond Vindret renvoie la balle à Françoise Camusso, conseillère générale et maire de cette ville, considérant que c’est à elle à régler le problème.
(voir article sur librinfo74 : Confronté au bidonville des Roms, Raymond Vindret, maire-adjoint communiste de Cran-gevrier chargé du logement, n’a pas de solution : « c’est à l’État et au Conseil Général à assumer leurs responsabilités »)

Jointe par téléphone, le maire de Seynod ne souhaite pas polémiquer sur des questions aussi sensibles humainement, mais aurait souhaité que le maire de Cran prenne contact directement avec elle pour essayer de trouver ensemble une solution.
 Elle réagit d’autant plus mal à cette « pique Cran-Gevrienne » – considérant ne pas à recevoir de leçon en la matière – qu’elle trouve régulièrement des solutions d’hébergement sur sa commune pour des familles en difficulté, en particulier celles avec des enfants : « Dernièrement, j’ai été sollicitée par Michel Bois de la Pastorale des migrants pour trouver une solution d’hébergement pour une famille « Roms ». Comme nous avions un logement disponible sur la commune, nous avons pu les héberger. Je n’ai pas à me poser de questions si cette famille est en situation régulière ou non. Dès qu’il y a des enfants, nous devons tout faire pour trouver une solution. Mais je ne peux pas accueillir toutes les familles en difficulté. Ce n’est pas un problème « gauche/droite. Nous devons trouver ensemble – quels que soient nos clivages politiques – une réponse humaine pour accueillir des familles en détresse. »
« Pour les familles Roms installées au Pont neuf, dont je ne connais pas les conditions d’installation, j’ai accepté, à la demande de Michel Bois, de scolariser les enfants et de leur assurer un repas chaud à la cantine. Je vais demander à mes services d’aller sur place pour rencontrer ces familles. »

Auteur: gfumex

Les familles Rroms du Pont neuf en voie d’expulsion

Publié par gfumex le 18 Jan 2011

Dans plusieurs articles, nous vous avons parlé du bidon ville occupé par des familles Rroms au Pont neuf, sur la commune de Cran-Gevrier : http://www.librinfo74.fr/2010/12/un-bidonville-a-cran-gevrier-occupe-par-huit-familles-roms/
Nous avions interviewé Raymond Vindret, Maire-adjoint chargé du logement sur Cran-Gevrier, et obtenu une conversation téléphonée avec le maire de Seynod, Françoise Camusso, Conseillère Générale :
http://www.librinfo74.fr/2010/12/confronte-au-bidonville-des-roms-raymond-vindret-maire-adjoint-communiste-de-cran-gevrier-charge-du-logement-na-pas-de-solution-cest-a-letat-et-au-conseil-general-a-assumer-leurs-responsa/
http://www.librinfo74.fr/2010/12/francoise-camusso-maire-de-seynod-venir-au-secours-de-personnes-en-difficultes-meme-en-situation-illegale-cest-un-devoir-du-coeur/
Ce matin, l’entreprise de BTP Giraudon, spécialisée dans les travaux de Rivière, a commencé les travaux de déblaiement diligentés par l’ADEM*. Cette entreprise aurait été accompagnée par la gendarmerie et la police municipale de Cran-Gevrier, informations que nous allons vérifier.


Les travaux de nettoyage devraient durer une quinzaine de jours, et des forages seront réalisés pour déterminer la nature et le degré de pollution de cette ancienne décharge des établissements Portigliatti. Cette entreprise avait été locataire d’une communauté religieuse. Les sœurs ont vendu le « droit à construire » à une société immobilière dont le propriétaire est sur Paris. Ce terrain devra être dépollué, c’est-à-dire que une importante épaisseur de terre devra être décapée pour être acheminée dans un centre de traitement.
Pour l’instant, les familles sont cantonnées dans leurs cabanes, derrière des grilles de protection, mais ont été invitées à quitter les lieux au plus tôt.


Selon Michel Bois, de la Pastorale des migrants, elles ne savent pas où aller.

Auteur: gfumex

 

La chasse aux Rroms continue sur Annecy.


Publié par gfumex le 22 Avr 2011 

Hier matin, jeudi, vers 9H00, la police municipale de la ville d’Annecy s’est présentée au numéro 23 de l’avenue de Cran, accompagné d’un bulldozer.


Dans les locaux désaffectés de l’ancienne  entreprise d’insertion « le SAS », vivent depuis un mois une familles Rrom venue de Roumanie avec 5 enfants dont un bébé de 5 mois. Les enfants sont scolarisés. Cette famille se retrouve en complet désarroi comme de nombreuses familles Rroms dans la région annécienne. Les militants de la Ligue des droits de l’Homme sont à leurs côtés. Michel Bois, de la Pastorale des Migrants, leur apporte un soutien moral et logistique permanent :
Sur l’emplacement, la société d’HLM Haute-Savoie Habitat (ex OPAC) doit réaliser un immeuble de logements sociaux

 

Évacuation par la force publique des familles Rroms du terrain du Pont-neuf à Cran-Gevrier.

Ce matin 3 août, à 7h00, la police d’État et la police municipale de la Mairie de Cran-Gevrier, en présence du chef du cabinet du Préfet et du directeur départemental de la cohésion sociale, M.Ultsch, ont investi le terrain situé au Pont-neuf le long de la voie ferrée, occupé illégalement par des familles Rroms.

 

Les familles ont été expulsées et toutes les cabanes construites par ces familles, détruites.

 

librinfo était sur place hier, mardi 2 août.

 

Nous avons rencontré ces familles, accompagné par Michel Bois, de la Pastorale des migrants.

 

Nous y avons appris que le maire socialiste de Cran, Jean Boutry, avait pris, en date du 22 juillet, un arrêté d’interdiction d’occuper le site pour raison sanitaire, sans leur fournir de délais précis pour organiser leur départ, ce que nous a confirmé un habitant du camp :

 

On peut s’étonner de la rapidité avec laquelle cette expulsion a été menée pour des raisons sanitaires, sachant que des familles Rroms sont installées depuis deux ans sur ce terrain dans des conditions de vie exécrables, sans que personne n’intervienne.

Interviewé à ce sujet par librinfo, le maire socialiste de Cran avait déclaré que seul l’État était concerné. Quand bien même il aurait voulu trouver une solution humanitaire, il n’avait pas les moyens financiers et fonciers pour reloger ces familles.

Tout s’est accéléré à partir du 25 juillet.

C’est depuis cette date où un homme vivant sur le camp avec sa famille a été interpellé par la police, dans le cadre d’une série d’arrestations de ressortissants roumains pour vols réalisés en bande organisée, que la situation a rapidement évolué.

Depuis, quatre femmes vivant sur le camp – dont les maris ont été arrêtés – sont reparties avec leurs enfants en Roumanie. Les familles restantes s’étaient engagées à quitter le terrain. Michel Bois, avec d’autres personnes, se sont enquis d’autres terrains et de caravanes pour les reloger.

Entre temps, ces familles devaient nettoyer le terrain et détruire certains baraquements en attendant une solution.

Ils n’en eurent pas le temps.

 

L’évêque encourage le maire d’Annecy à mettre des tentes sur le terrain des Fins…

Publié par gfumex le 31 Mai 2012 

Dans une interview accordée à « Librinfo », Monseigneur Boivineau, Évêque du diocèse, se dit concerné par la situation des familles Roms, même s’il avoue « ne rien maîtriser ».
Concerné, il l’a été quand il a appris l’expulsion des familles du terrain SNCF. Une expulsion qui l’a profondément « heurté », surtout exécutée le jour du vendredi saint.

« Blessé » quand il apprend que les caravanes des Roms, stockées sur un terrain de la mairie d’Annecy, ont été pillées.
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Mais au delà de la compassion, Monseigneur Boivineau considère qu’il fallait « acter » l’occupation illégale du terrain des Fins, et que ce sont aux institutions à assumer leurs responsabilités. Institutions représentées par Jean-Luc Rigaut, maire d’Annecy, également Président de l’agglomération, et le Préfet.


L’enseignement catholique refuse d’ouvrir l’école Saint Joseph aux familles Roms
Dévoilant à mot couvert la réponse négative du directeur de l’enseignement catholique à la demande du comité de soutien aux familles Roms d’utiliser provisoirement l’école Saint Joseph, actuellement désaffectée, pour héberger ces familles, l’Évêque  confirme qu’une école doit garder sa pleine et entière affectation. « Il s’agit de créer une solution pérenne pour ses familles en voie d’intégration. On ne peut se résoudre à les expulser de terrains en terrains provisoires ».
L’Evêque dit comprendre l’impatience des associations
L’Evêque reconnaît que l’action des associations de soutien aux Roms – qui pour certaines dépendent directement de l’église, comme « La paroisse des migrants » animée par Michel Bois et la congrégation des sœurs du pont-neuf – ont permis à de nombreuses personnes de découvrir la vie réelle de ces familles. « Cela prendra beaucoup de temps pour que les mentalités changent ».

En même temps, il comprend l’impatience de ces associations pour trouver des solutions d’urgence.
Mais en attendant, comme les tentes installées sur le terrain des Fins doivent être récupérées par leur propriétaire, l’Évêque, avec un petit sourire malicieux, conseille au maire d’Annecy de les remplacer par d’autres.


Ne pas attendre 2014 pour commencer l’intégration des familles Roms
Monseigneur Boivineau estime que des solutions d’intégration, comme celles expérimentées sur Grenoble, doivent être mises en place dans l’agglomération annécienne en utilisant les fonds européens.

 

Témoignages des Roms expulsés, et de Michel Bois de la Pastorale des Migrants

Publié par gfumex le 15 Oct 2010

Comme nous vous l’avions annoncé, nous mettons en ligne en exclusivité le témoignage d’un des couple Roms expulsé hier matin, 14 octobre, et de Michel Bois de la pastorale des Migrants.
D’autre part, nous essaierons d’établir plusieurs contacts :
avec M.Ultsch, Directeur départemental de la Cohésion sociale, pour savoir pourquoi une famille, à qui il a accordé en août un hébergement d’urgence, n’a pas pu être logée.
avec le maire d’Annecy, Jean-Luc Rigaut, pour savoir si, après avoir expulsé ces Roms, il ne pourrait pas, comme Président de la C2a, obtenir un terrain d’accueil pour loger ces familles
avec Thierry Billet, maire-adjoint de la municipalité UMP/Nouveau centre d’Annecy, qui manifestait dans la rue le 4 septembre contre la politique sécuritaire gouvernementale, sous les couleurs d’Europe Écologie.

Auteur: gfumex

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