En lien avec le mouvement des Gilets Jaunes, les syndicalistes retraités sont plus que jamais déterminés à défendre leurs droits

De gauche à droite : Jean-Paul Larèse CGT, Jean-Claude Pinot CFE-CGC, Sylvie Touleron Solidaires, Alain Collard FO, Jean-Philippe Rennard FGR-FP et Jean-Claude Lardeau FSU.

Ces représentants se réjouissent d’avoir maintenu l’unité syndicale des retraités depuis plusieurs années, une unité confirmée au niveau national. Cliquez ICI pour lire la liste des revendications établies par la collectif haut-savoyard.


Dans le climat actuel, comment parvenir à se faire entendre et faire converger les luttes ?

C’est la question que se posent les six organisations de retraités de la Haute-Savoie présentes ce Mardi 11 Décembre, au cours d’une conférence de presse à la Maison des Syndicats de Cran-Gevrier.

« Depuis plus d’un mois, un mouvement de contestation s’amplifie dans le pays. Ce mouvement fait suite à des mobilisations qui n’ont pas cessé dans de nombreux secteurs comme dans les EHPAD, chez les personnel s hospitaliers, etc… Des millions et millions n’en peuvent plus !
Les retraité(e)s, comme les salarié(e)s et les jeunes sont en colère face à la politique anti-sociale de ce gouvernement qui les méprise. « 

Pour ces représentants syndicaux, l’allocution du président Macron n’a fait que renforcer les organisations syndicales et les Gilets Jaunes à continuer et à renforcer les luttes et les convergences. (lire ICI le communiqué national)

Chacun d’entre eux s’est exprimé solidairement.

Pour la CGT : L’intersyndicale des retraités du 74 a décidé cette conférence pour alerter sur les conditions de vie réelles des retraités et réaffirmer leurs revendications. « Les annonces du gouvernement et en particulier celle du président Macron ne satisfont guère. Face aux manifestations de colère actuelles  – qui d’ailleurs ne datent pas d’hier – Macron essaie de casser le mouvement de contestation dans le pays en accordant des miettes. Une colère exprimée depuis longtemps par les organisations syndicales, amplifiées par celle des Gilets Jaunes (On compta jusqu’à 200 000 manifestants). Une colère nourrie par le mépris exprimé dans les médias nationaux par une non écoute des classes populaires et des élus locaux. »

Le pouvoir d’achat est amputé, à cause de la hausse de la CSG et du gel des pensions alors que l’inflation augmente. Sur 3 ans, il y aura une perte de 2 mois de salaire ! Pour Jean-Paul Larèse, la réponse viendra des salariés qui devront mener la lutte dans les entreprises afin que la mouvement des Gilets jaunes puisse réellement peser au niveau national.

Pour la FSU : « Il y a vraiment un recul social et ce sont les retraités qui en pâtissent, surtout dans notre département. Avec 1200 Euros, on ne peut vivre en Haute-Savoie. D’où la colère grandissante des Gilets Jaunes. Les prélèvements sont opérés sur des gens non riches, alors que pour les riches : suppression de l’ISF et impôt sur la fortune – mise en place de la flat-tax sur les revenus d’actions – baisse d’impôts sur les sociétés et des cotisations patronales. Tout cela a un coût de 10 Milliards et qui va payer ? On va s’attaquer aux services publics et l’on ne veut pas dépasser les 3% de déficit ordonné par l’Union Européenne. Cela aura comme conséquences que l’on continuera à supprimer des emplois dans les services publics. »

Pour Sud-Solidaires : « Les mesures annoncées ne toucheront pas les grandes entreprises, celles qui font des bénéfices. Il ne faut pas d’augmentation de la CSG. La revalorisation de 0,3% de nos pensions prévue prochainement ne couvrira pas le taux d’inflation évaluée à 1,8%. Tout est fait pour faire bénéficier les « privilégiés ».

Pour FO : « Il y a un vent de révolte depuis Octobre dernier. Les petites concessions de Macron n’y font rien. Le curseur commence à se déplacer et « n’efface pas l’ardoise » sur tous les aspects. D’ailleurs les personnes l’expriment de plus en plus fort, comme le font les femmes au milieu des Gilets Jaunes. »

Pour la FGR-FP  : Macron, vient de découvrir qu’il existe des corps intermédiaires. « Jusqu’à présent, nous n’avons jamais été reçus par le gouvernement. Dans la contexte de crise actuelle, nous avons un rôle primordial à jouer pour que cette contestation puisse aboutir à la reconnaissance de nos revendications.  « Macron est le détrousseur des retraités ».

Pour la CFE CGC
Devant la montée de la colère du peuple, les patrons « rient jaune ». « C’est pourquoi, il est plus que temps de défendre les droits acquis au cours des années de travail et réaffirmer nos revendications. »

 

On n’a pas de leçons à donner. Nous devons rester modestes.

Pour ces organisations, il ne s’agit pas de donner des leçons aux différentes citoyens en lutte. « Il faut tenter d’aller à leur rencontre pour élargir le mouvement. »  Ce qui est difficile, et qui est perçu parfois comme un échec, c’est que les organisations syndicales ont eu du mal à se faire entendre et les problèmes n’ont pas été pris en compte. Ce déni a nourri l’émergence du mouvement des Gilets Jaunes. Il a été alimenté l’incapacité du mouvement syndical à créer un véritable rapport de force capable de faire reculer le gouvernement. Il n’est qu’à constater le taux d’abstentions aux dernières élections.

Toutefois, ces représentants syndicaux défendent l’énorme travail unitaire réalisé qui a aboutit à une véritable plateforme revendicative

« Tout cela n’est pas tombé du ciel ! De nombreuses manifestations ont alerté le gouvernement sur la situation financière catastrophique d’un très grand nombre de retraités. Des luttes ont été menées dans les EPHAD et les hôpitaux. Il y a eu des interventions auprès des députés (ici LRM), du Préfet. De nombreux tracts ont été distribués sur les marchés pour rendre compte de la situation et les retraités ont été nombreux à défiler lors des manifestations. »

 

Quelle stratégie adopter ?

La question se pose quand à la construction d’une stratégie face à la remise en cause des acquis sociaux annoncée par le gouvernement.

Dans la situation actuelle, ces syndicalistes s’interrogent sur les formes de mobilisation et pour quel résultat. « On constate que Macron a joué avec le « corps intermédiaire ». Mais, la venue des Gilets Jaunes va obliger à construire des convergences pour éviter des situations de désordre sur lesquelles joue le pouvoir. »

« Il y a des questions urgentes qui nous sont posées : celle du fonctionnement de la démocratie, de la révocation des élu(e)s. S’il n’y a pas satisfaction aux revendications, les situations explosives vont s’amplifier d’autant que l’on perçoit ça et là une défiance vis à vis des corps institués. »

 

Des situations qui risquent de se complexifier, mais on peut ouvrir des perspectives

« Les revendications sont multiples et l’on a des points de vue différents que l’on ne peut nier. Le rejet des partis politiques s’accentue. Les jeunes des lycées – et cela ne date pas d’hier – s’opposent aux réformes en cours qui brisent leur avenir, comme Parcours Sup. Depuis Hollande rien n’a bougé. Le manque de considération, de concertation nationale va obliger à construire d’autres stratégies. »

 

Les Gilets Jaunes ont ouvert le chemin.

Selon Alain Collard : « Ils continueront à le faire savoir le 15 Décembre. »

Le 14 Décembre, il y aura une manifestation devant le siège du MEDEF avec les organisation syndicales. Les gilets jaunes seront vraisemblablement les bienvenus.

Ces syndicalistes se réjouissent que des assemblées soient organisées pour échanger sur les différentes revendications exprimées concernant le pouvoir d’achat, les salaires, les lieux de Démocratie.

Ainsi, récemment les mairies des petites communes font entendre leurs revendications face à la baisse des subventions. « Il faut aller au devant des luttes traversées par celles des Gilets Jaunes, là où les femmes sont présentes. Ne pas hésiter à se faire entendre face à ceux et celles qui prescrivent des lois injustes et liberticides. »

Face à cette situation, c’est la question de la démocratie qui est posée.

Auteur: librinfo74

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