Des forages sur le Haut-Bugey, mais pourquoi faire ?

Notre correspondant nous informe sur les forages en cours sur le Haut-Bugey.

En 1989 la société ESSO réalise des forages de recherche de pétrole à Lantenay et Corcelles. Elle trouve, des traces d’hydrocarbures, pas exploitables à l’époque, et finit par polluer la source de La Moullaz alimentant les communes d’Outriaz et de Vieux d’Izenave, polution due à une perte de boues dans le forage de Corcelles.

En 1990 elle abandonne ses recherches.

En 2006 la société Celtic Petroleum, « start-up » au capital ridicule de 1000 livres sterling, envisage de reprendre les recherches suite au développement de la technique de fracturation hydraulique permettant de récupérer les « gaz de schiste » et autres hydrocarbures « non conventionnels ». Elle obtient en 2008 un permis qui ne donnera lieu à aucun forage grâce à une forte mobilisation citoyenne. Le renouvellement du permis sera refusé en 2014, suite à un avis négatif du Préfet de l’Ain en raison des risques pour les ressources en eau.

En parallèle la Communauté de Communes du Plateau d’Hauteville demande en 2006 au bureau d’études Antéa une étude de « faisabilité hydrogéologique et réglementaire d’un forage profond » à Hauteville-Lompnes. Ce rapport précise que « cette eau chaude profonde sera à usage géothermique ».

Mis en sommeil pendant l’épisode Celtic Petroleum, ce projet refait surface fin 2014, toujours pour « l’exploitation d’une eau chaude » à 900 m de profondeur. Mais comme la recherche d’eau chaude doit se faire en suivant le code minier, donc avec enquête publique, la CC change son fusil d’épaule et déclare en 2016 que le même forage va servir à rechercher « de l’eau pure et profonde » pour alimenter un « aqualudique ».

En dépit des réticences des services techniques de l’Etat, qui imposent des précautions importantes pour minimiser les risques de pollution des ressources actuellement exploitées, le Préfet donne le feu vert en 2017. L’association « Non au gaz de schiste des pays de Savoie et de l’Ain » conteste alors cet arrêté devant le Tribunal Administratif en raison du tour de passe-passe transformant une recherche géothermique en recherche d’eau « pure », affaire qui devrait être jugée en octobre 2018. Passant outre, la CC décide de commencer dès septembre le forage , qui va couter quand même plus d’1 million d’Euros, alors qu’elle dispose déjà des ressources en eau suffisantes, y compris pour créer un « aqualudique » en plus de la piscine municipale.

On s’étonne devant cette obstination à réaliser un forage profond , qui traversera plusieurs aquifères utilisés pour l’alimentation en eau des populations, avec des risques de pollution ou de disparition de ses ressources, dans une zone karstique abondamment fissurée et dans laquelle personne ne peut savoir précisément comment l’eau circule d’un compartiment à l’autre. D’autant que les justification successives et les caractéristique de ce forage (notamment sa profondeur) ne semblent réellement appuyées aujourd’hui sur aucun projet concret.

Mais peut-être y a-t-il des objectifs cachés ?

Jacques Cambon

(Actuellement le forage en est à 200m de profondeur, le chantier est stoppé, car ils attendent la pluie pour continuer.)

Auteur: j.c

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