Billets d’Humeur

1/ Rien a voir avec l’humeur de Thierry Billet ( Grand-Annecy : vice-président énergie-air-climat-GEMAPI, tri et eaux pluviales) qui semble mépriser ceux qui dépassent SES bornes dans son article-blog :

Un plan de déplacements Urbains « climaticide » ?

a) M. Billet y utilise une définition de climaticide qui lui semble peut-être générale, adoptée par plusieurs communautés significatives, validée par un jury de pairs connus pour leur expertise en la matière. Or il semble que ce ne soit là qu’une définition singulière du site  carfree.fr  

A-t-il demandé des précisions sur ce que voulait indiquer cette expression pour la personne l’utilisant ? Il ne semble pas. Ce mot climaticide ne voulait, peut-être, tout juste qu’indiquer comme le suffixe l’indique un rapport avec ce qui tue ? Climaticide : qui tue le climat.

Son ire, sa colère viendraient-elles  de sa partielle incapacité à entendre-comprendre une personne ? M. Billet avocat peut-il prendre du recul sur les mots ? M. Billet se laisse-t-il aller dans l’émotionnel  plutôt que dans l’analyse plus rationnelle ?

En tout cas, l’humeur de M. Billet est vengeresse et il utilise une partie de la déclaration de cette même personne pour tenter de faire sourire, placer une forme l’humour et l’ironie de son côté : son côté avocat encore ?

b) M. Billet écrit : «Que l’on souhaite aller plus loin et plus vite, que l’on soit contre le tunnel sous le SEMNOZ, tout cela relève du débat démocratique; mais qu’on qualifie le projet de PDU de climaticide, c’est une calomnie et une outrance qui ne servent pas le débat, mais au contraire empêchent une discussion sereine sur les objectifs atteignables et les moyens d’y parvenir. »

D’accord sur le débat démocratique, et justement, n’est-ce pas une « sacré » outrance de parler de calomnie en direction de cette « ONG » car d’après wikipédia,

En droit français, le terme, longtemps utilisé, n’est plus employé que pour la dénonciation calomnieuse. L’incrimination a largement été remplacée par celle de diffamation. La seule expression dans laquelle cette incrimination spécifique persiste est la « dénonciation calomnieuse » prévue par l’article 226-10 [archive] du code pénal.

La dénonciation calomnieuse est une dénonciation considérée comme infondée.

M. Billet pense-t-il vraiment que les documents et arguments versés pour l’enquête publique, par cette ONG, sont infondés ? Va-t-il attaquer cette association pour dénonciation calomnieuse ? Peut-il confronter ce qu’il considère comme atteignable avec ce que d’autres présentent comme atteignables… ?

Mais bien sûr avec des choix différents !

 

c) M. Billet prend appui sur cette déclaration : « Laurent BERGER dans l’Obs du 28/11 dit : « On a parfois l’impression de vivre dans un pays hystérique. Il n’est plus possible d’avoir un débat posé ». Ce qui fait fonctionner la démocratie « c’est la reconnaissance par chacun des intérêts contradictoires qui traversent une société. La capacité à entrer dans la discussion, à se confronter positivement.«  »

Alors, M. Billet vraiment prêt à se confronter positivement ?

Me contacter !

2/ Le conseil Communautaire du 19/12/19

a) C’est la première fois que j’assiste à l’adoption du budget communautaire.

Sans document de présentation pour novice ou, au pire le document reçu par les élus, impossible de suivre de façon cohérente ce qui se passe : tout va très vite et le diaporama n’est qu’une synthèse technique peu informative. Étant dans le public, entre deux prises de notes, il me restait à considérer la façon dont cela se passait.

– Peut-être qu’au titre de l’efficacité il faut absolument ne pas prendre son temps ?

– Peut-être que tout est tellement clair pour chaque élu communautaire, que les discussions ont eu lieu antérieurement, les polémiques épuisées et donc que le silence est d’or ?

Je n’ai assisté qu’à la première partie et au premier point de la seconde partie. Seuls quelques points ont soulevé des questions d’importance (désolé mais je n’ai pas pris de façon exhaustive l’ensemble des interventions, plus « mineures »).

– Dans l’opposition, M. Duperthuy intervenant sur des budgets ne lui paraissant pas à la hauteur des enjeux, des préoccupations et déclarations d’objectifs : Transports urbains, routiers, ratio entre sommes affectées au routier par rapport celles aux modes de déplacements doux. M. Astorg demandant des informations sur la voirie spécifique pour les bus.

– Dans la majorité, M. Accoyer, à propos des transports en commun, dénonçant l’effet destructeur de la loi de finance qui fait supporter aux entreprises une trop forte charge de cotisation pour le financement des transports en commun, charge plus importante que celle des usagers.

Donc, quasiment toutes les propositions sont votées sans que cela pose de problème général aux élus présents. Cela doit il être rassurant ?

Un exemple :

Pour ce qui est du Semnoz, la validation à été facile puisque « pas de remarques ». A mon sens, très, très peu de personnes savent ce qui se fait au Semnoz, quels en sont les enjeux et les problématiques. Qui sait à quoi va servir la retenue collinaire ?

« La quoi ? » pourriez-vous me répondre et cette réponse pourrait bien être celle de nombreux élus.

Alors mascarade ? Désintérêt ? Travail d’élu = trop de charge ? Soumission ?

Pour le vote général du budget primitif 2020, il existe quelques votes négatifs et peut-être abstentions mais les informations à l’écran ne durent que l’instant de l’instantané : pas le temps de voir combien et qui se démarque de la majorité très majoritaire des élus votants ! Pas sympa pour le public. Mais le public existe-t-il pratiquement dans l’esprit des élus ?

Pour le premier vote suivant lié à des catégories spécifiques le consensus se fait : Unanimité. Un slogan de manifestants me vient : « Tous d’accord, tous d’accord, tous,… tous ! » ?

Pour le vote suivant, après sa présentation, M. le président sollicite les élus :

« Le même vote ça vous va ? Pas de remarques ? Merci pour l’unanimité »

Tout est dit en 5 secondes ! Faut-il en être surpris ? Est-ce ordinaire ?

Je suis surpris car ce n’est pas ma pratique de la démocratie.

– Pourquoi pas de temps de réflexion, de réaction ?

– Pourquoi ne pas favoriser la parole et le débat, se soucier des zones d’ombres qui resteraient chez les élus ?

– Parce qu’il faut aller vite … et pourquoi pas dans le mur ?

– Pourquoi tant de dureté?   De gestion du temps ainsi contraint ?

Qui maîtrise ton temps maîtrise ta vie ! ?

Et cela se passe ainsi pour les autres votes : fascinant… et morbide !

Les élus n’ont-ils rien à dire et donc, … peut-être rien à faire là ?

Craignent-ils de passer pour des « emmerdeurs » ou autres considérations ?

b) Présentation du rapport des habitants de l’Observatoire Citoyen

Le document sera mis en ligne sur Grand Annecy

Rappel :

– février 2019 : A partir du plan pour un projet de territoire, déclinaison de 90 objectifs et mise en route.

– juin 2019 : Point d’étape et création de l’Observatoire Citoyen avec 90 habitants tirés au sort. Le travail commence dès juillet.

– décembre 2019 : Restitution au Conseil d’Agglomération.

Pendant une heure, les participants ont expliqué leurs démarches, exposé des cas concrets d’objectifs et donné le bilan général avec le traitement de 67 objectifs étudiés dont 8 réalisés, 40 en cours de réalisation, 15 qui sont à ré-examiner, 11 étant « en panne » et donc 16 non examinés faute de temps. Note : j’ai mal pris mes notes ou bien les chiffres indiqués sont inexacts mais je n’arrive pas à 90 objectifs.

Ils formulent le souhait de continuer le travail en cours. Généreux applaudissements de tous. Les élus expriment :

– Un exercice de la démocratie

– Une ouverture salutaire, une démarche rafraîchissante

– Le très gros travail effectué, l’engagement fort

– Le souhait de voir ces personnes, dont les jeunes, rejoindre des candidats aux municipales

Le président confirme et constate la même volonté et la même ferveur des personnes de l’Observatoire à faire avancer, faire ensemble, faire société pour le territoire. Super boulot, qualité de dialogue, souci d’être constructifs, être francs et cash, d’être des aiguillons.

L’observatoire indique que, globalement, l’agglo est sur le bon chemin : il faut continuer.

« Engagement de l’agglo à reconduire ce fonctionnement tous les ans, comme il n’y a apparemment pas de remarques, c’est validé ! »

Cette dernière phrase aussi en moins de 10 secondes.

Un président auto-validant !

Belle soirée festive, une démonstration d’efficacité. Belles présentations démonstratives, d’auto congratulations. Bon, c’est Noël et un peu la trêve !

Suivre l’avancée de 90 propositions avec un regard autre que ceux des élus, c’est positif, vraiment. Mais jusqu’où l’exercice est-il pertinent ?

Dans leur présentation, les membres de l’Observatoire Citoyen indiquent :

« Notre mission a consisté à analyser et comprendre chacun des 90 objectifs du projet de territoire pour mesurer où ce projet nous porte à l’horizon 2050 »

– Malgré toute la sincérité et l’honnêteté à travailler sur ce projet est-il possible de regarder 2050 ? N’existe-t-il pas un biais dans cette demande ? Validation de l’impossible espoir ?

– Analyser et comprendre : seulement ? J’ai entendu que les groupes faisaient des propositions pour réexaminer des points précis : bien. Mais est-il possible de critiquer, moduler, proposer, amender, élaborer d’autres solutions  et donc aussi de regrouper, modifier l’architecture de ce projet de territoire ?

Car :

Quand, où sont abordés les sujets d’importance, d’urgence même, d’impérieuse nécessité pour l’avenir des humains (et pas seulement ceux de l’agglomération du Grand Annecy) ?

Où, comment sont et seront associés tous les habitants, comme le décline l’observatoire Citoyen, sur des problématiques où des solutions réfléchies, raisonnées et courageuses sont à prendre et qui ne sont pas présentes dans ce projet de territoire ?

Là ou le projet dépasse les intérêts locaux, les intérêts privés et pose la question de la solidarité, de la décroissance nécessaire, … de la survie dans un mode soutenable.

Et la boucle revient vers la question des choix budgétaires et les actuelles incohérences votées.

– L’agglomération veut-elle vraiment réussir à obtenir la diminution NÉCESSAIRE de gaz à effet de serre sur son territoire d’ici 2030 ?

– Lutter contre le dérèglement climatique est-il LA priorité ?

J’ai pris, ultérieurement à l’écriture de cet article, connaissance de l’article du Dauphiné Libéré du vendredi 20, relatif au Conseil Communautaire. Je n’étais pas présent au moment des faits.

« Les élus de l’agglo taclent la méthode de Rigaut ».

Le président de l’agglomération demande de voter sur une décision déjà prise, sans consultation initiale, ni information large et satisfaisante auprès des élus dont certains se sentent ,au moins, frustrés. Cela confirme un peu mon texte sur une façon d’exercer concrètement la gouvernance !

Alors, après les municipales, changement de pratiques ?

Auteur: Jean-Marie HUBERT

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