Anne Claude, une diététicienne « épicurienne »

Anne Claude, diététicienne, a suivi un cursus classique (BTS) où elle a été formée à connaître la composition des aliments et adapter l’alimentation en fonction des situations particulières, tels les âges de la vie, les situations de santé ou de la maladie…

Être bien dans sa tête, grâce à une belle et bonne alimentation, c’est toute la philosophie de Anne Claude.

Pour arriver à cette conclusion, Anne Claude a développé dans sa pratique, une approche comportementale de la diététique où elle prend en compte les facteurs environnementaux et émotionnels qui conditionnent le rapport à l’alimentation du patient, et où celui-ci apprend à rétablir par lui-même son équilibre alimentaire. « Notre cerveau communique avec nous via des sensations corporelles. Il s’agit signaux aussi simples que la faim, le rassasiement, le plaisir, les envies… On réapprend à observer ces signaux et ce qu’ils signifient afin de les suivre pour se rééquilibrer de manière autonome ».

 

Qu’est-ce qui pour vous caractérise la « malbouffe » ?

Pour moi la « malbouffe » c’est une alimentation qui ne va pas apporter à nos cellules les nutriments dont elles ont besoin pour qu’on ait une vitalité suffisante. La malbouffe va perturber la digestion, favoriser des ballonnements… Il peut s’agir de consommer des aliments de qualité insatisfaisante, où pas préparés de façon vitalisante… Mais il peut s’agir également de manger d’une façon inappropriée : manger vite, mastiquer insuffisamment, dans une ambiance tendue, sans prêter attention à ses sensations… Tout ce qui peut concourir à ce que le repas ne se passe pas de façon sereine peut constituer la « malbouffe ».

 

Le coût des aliments a-t-il une incidence sur la « malbouffe » ?

Il y a un lien entre le prix des aliments et leurs qualités nutritionnelles et sanitaires. En agriculture conventionnelle, subventionnée par nos impôts, des légumes vont pousser « avec l’aide » de produits phytosanitaires (herbicides, fongicides, insecticides…), et ne vont pas développer autant d’antioxydants (leurs molécules protectrices) que lorsqu’ils doivent « se débrouiller seuls ».

Lorsqu’on ne les traite pas aux pesticides comme en agriculture biologique, les légumes ont une meilleure densité nutritionnelle : l’aliment va être plus riche en vitamines, ces micro-nutriments dont nous avons besoin pour notre santé. L’agriculture biologique ne reçoit pas de subventions et coûte plus chère en main-d’œuvre, les légumes bios « paraissent » plus chers à l’achat. En réalité le conventionnel multiplie les coûts cachés, ceux de la dépollution des eaux notamment où les pesticides se déversent… Attention, on ne nous fait pas de cadeau en vendant moins cher, il y a toujours quelqu’un qui paye !
D’autres part, les aliments bios étant plus rassasiants avec leur meilleure densité nutritionnelle, ils nourrissent mieux et permettent d’en consommer moins. Il est nécessaire d’en faire l’expérience pour s’en rendre compte : nous n’avons pas besoin du même volume avec des produits de qualité.

J’ai fait l’expérience de passer au « tout bio » progressivement : en consommant des aliments de meilleure qualité et en m’approvisionnant dans des magasins à taille plus humaine qui généraient moins d’achats compulsifs, mon budget courses a diminué…

 

Est-il difficile de réduire les quantités d’aliments que l’on consomme ?

Nous sommes nombreux à avoir tendance à manger trop par rapport à nos besoins, qu’il s’agisse de nos besoins physiques mais aussi émotionnels : le fait de n’être pas attentifs à notre rassasiement, de manger vite, et parfois aussi de culpabiliser en nous coupant du goût des aliments « doudous / tabous » que nous consommons pour nous apaiser, concourent à ce que nous mangions de trop.

Pour manger moins, il faut d’abord ralentir et prendre le temps de mastiquer : au contact de la langue, les aliments transmettent une information gustative qui permet à notre cerveau de diminuer notre faim d’autant d’énergie que nous sommes en train d’en consommer, et de faire advenir le rassasiement au moment opportun.

 

Est-ce difficile de faire cette évolution ?

Pour les familles qui viennent me voir, la motivation est déjà là. Mais ce qui est compliqué, c’est de savoir par où commencer et comment s’y prendre ! Il y a des techniques culinaires très simples et rapides à mettre en œuvre, et on peut à tout âge faire cet apprentissage, avec d’autant plus de plaisir que ce sera facile et ludique.
Parmi les freins à l’évolution, il peut y avoir le fait de ne pas voir l’intérêt à changer (pas expérimenté les bénéfices du changement donc pas motivé), ou la croyance « je ne suis pas capable », ou encore les traditions familiales : on cuisine et on mange souvent comme on a appris et comme on a vu faire.
Nous avons besoin de voir d’autres choses, de goûter d’autres mets, de savoir que d’autres voies existent, puis de les expérimenter et de sentir si elles sont bonnes pour nous…

Tous les détracteurs des légumes par exemple qui ont participé à mes ateliers cuisine ont changé d’avis à leur sujet : quand ils sont cuisiné de manière à préserver leur qualités vitales, et assaisonnés à notre goût, toutes nos cellules nous remercient et c’est l’euphorie dans notre corps !
Nous avons besoin de travailler sur nos croyances, souvent des conditionnements reçus dans l’enfance, et de goûter littéralement à quelque chose d’autre pour sentir comment le corps réagi : si l’expérience est positive, la motivation vient toute seule !

 

Quels conseils pour un débutant :

Faire simple, ne pas vouloir tout révolutionner d’un coup, s’appuyer joyeusement sur ses acquis et se fixer un objectif à la fois : par exemple cette semaine, explorer la cuisson à la vapeur ou rôtie des légumes…, sur quelques repas, en se rendant disponible ces fois-là pour cuisiner sereinement, et avancer, technique après technique, un pas à la fois, pour élargir son répertoire culinaire…

 

Comment franchir le pas d’un magasin bio ?

Franchir le pas d’un magasin bio, cela peut fonctionner avec les rencontres : entraîné par un parent, une amie, et bien accueilli par un vendeur passionné de son métier… Le bon contact permet d’expérimenter, de goûter en confiance, et parfois de générer un déclic. Il faut que les choses se fassent au rythme qui est le nôtre. Personnellement, j’ai mis presque un an à faire ma « révolution bio »… Puis les 10 années qui ont suivi mes techniques de préparations culinaires ont évolué. Il y a dix ans j’étais débutante, je ne savais pas faire cuire un panais et le fenouil me faisait peur avec ses branches partout ! Pas à pas, j’ai apprivoisés tous ces ingrédients qui me régalent aujourd’hui, et ils m’ont apprivoisée aussi !

 

Comment compenser et réduire la quantité de viande ?

On peut le faire en variant et combinant les sources de protéines : quand je prépare une lunchbox par exemple, je peux associer une céréale comme du riz semi-complet (il comporte plus de minéraux qu’un dans un riz blanc), avec du tofu qui est source de protéines et de calcium, et un peu de viande (poulet, jambon) en plus des légumes qui apporteront leur lot de fibres, vitamines et minéraux…
Aujourd’hui je consomme la viande comme « un accompagnement » des légumes et des féculents de bonne densité nutritionnelle, ce n’est pas le centre de mon repas.

 

Être « Zen » grâce à une belle et bonne alimentation

La « malbouffe » : c’est manger des choses qui entrainent une mauvaise digestion, qui ne nourrissent pas correctement nos cellules. Le psychisme est affecté quand la flore intestinale reçoit des aliments insuffisamment mastiqués et digérés, et n’a pas son lot de fibres parce que les apports en légumes sont insuffisants notamment ou que les légumes sont archi-cuits… Cela a un retentissement sur l’humeur, on sera plus ou moins bien avec nous-même et avec les autres…

En trouvant plus de confort et de sérénité dans notre alimentation, nous allons aussi favoriser une sérénité psychique qui va nous permettre d’être mieux avec nous-même d’abord, et avec les autres aussi…

L’harmonie par le contenu de l’assiette, beau programme n’est-ce pas ?!

 

Le site de Anne CLAUDE : www.mangeurs-libres.fr
Consultations diététiques à Annecy.
Ateliers cuisine, conférence, stages autour du bien-être alimentaire.

Auteur: M-D Nicolas

Mots-clés: Anne Claude, Dietéticienne, Malbouffe

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