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« Terre d ‘Union » à Pringy

Que s’est-il passé ?

Le 27 mai, la restauration scolaire de l’école de Pringy a proposé un repas le plus local possible. Tout n’est pas possible car il existe des marchés publics passés avec des fournisseurs spécifiques : impossible d’acheter au jour le jour ce dont la cuisine a besoin où elle le veut !

Cette action est une première étape test, car la volonté de la municipalité, à travers le suivi et l’impulsion de Chloé Rivière conseillère municipale déléguée chargée de la restauration municipale et l’alimentation locale et biologique, c’est de réussir… à terme… à proposer une cuisine nourricière locale.

Considérant la résilience alimentaire locale d’Annecy très faible et notoirement insuffisante , il faudra une très grande volonté politique d’Annecy, du Grand-Annecy et aussi du SCOT (Schéma de Cohérence Territoriale) pour augmenter significativement les espaces de culture maraîchère, agricole. Seule cette synergie permettra des avancées significatives.

Il faut donc fédérer les acteurs institutionnels (Mairies, cuisines d’Annecy), les acteurs professionnels (maraîchers, agriculteurs (céréales, laitages-fromages, fruits), les acteurs associatifs liés à l’alimentation, sans oublier les utilisateurs (familles). Ici, dans ce projet, c’est l’association Terre d’Union qui a été sollicitée .

Comment ?

Pringy a été choisie car la cuisine est dans les murs, la liaison directe avec les élèves. Le projet a pris forme dans sa transversalité : les fournisseurs, l’école avec la partie municipale du repas et les temps péri-scolaires, le lien avec les enseignants pour un prolongement de l’action.

En fin février, l’arrivée de Charlène Lagarde, stagiaire cheffe de projet Alimentation Durable, permet de concrétiser la journée. Charlène fait le lien, propose, organise, régule : les réunions entre les différents acteurs permettent d’associer le repas local avec des animations sur le temps péri-scolaire puis, aussi, sur le temps scolaire.

Le COVID posait des problèmes. L’organisation d’animation n’ a pas été facilité !

Pour réussir cette journée a fallu l’enthousiasme du chef Frédéric Peyrin et de l’équipe de cuisine de Pringy ; l’appui total du directeur, Marc Soulier, directeur de la cuisine centrale ; les motivations créatives des bénévoles de Terre d’Union, la possibilité de la présence incontournable du boulanger bio Paul Rochet et encore, la coordination de Charlène avec tous les acteurs dont les personnels du péri-scolaire et les enseignants concernés.

L’Action du jour :

Dès 7h30, le fournil itinérant arrive. Paul Rochet commence la pâte. Les animations se montent. Tables, tréteaux, chaises sont sortis du container et installés dans la cour et dans le hall.

Vite, boire un café une tisane, manger un croissant ou/et pain au chocolat : déjà 8h30. Les premiers groupes arrivent. Les ateliers :

 

Farine : Farine et farines, différentes céréales et légumineuses seront vues dans un autre atelier spécifique. De l’épi au grain puis à la farine grâce à des moulins mécaniques : pas facile à tourner !

Mais ce n’est pas tout : il faut tamiser et comprendre la différence de couleur entre les farines.

 

 

Façonnage : Comprendre comment se fait la pâte, ce qui s’y passe. Fabriquer un pâton, son pâton mis en forme artistique parfois. Voir, mais pas toucher, le four. Paul répond aux questions et explique un peu du mystère des pains.

 

 

 

Beurre : Que faut-il pour faire du beurre ? … Non pas vraiment du lait. La crème, qu’est-ce que c’est ?

Il faut secouer cette crème dans cette petite bouteille ? Quoi, encore plus et plus vite et plus fort ! Ah, qu’est-ce qui coule ? Le babeurre. Et la pâte au fond de la bouteille ? Du beurre !

Des producteurs qui ont fourni des produits du repas sont présents :

Gaec de Vergloz pour les légumes ; Verger Tissot pour la compote de pomme ; Frutière du Val d’Arly pour les produits laitiers. Des questions sur les productions, des explications.

 

Faire son marché : Retrouver, avec des cartes illustrées, les ingrédients qui ont composé le menu local. /Comment choisir ? Les carottes en vrac, celles sous vide ? Les emballages ? Où sont-elles produites ? Et les prix ! / Apprendre à déchiffrer une étiquette pour comprendre d’où vient le produit et interpréter les logos.

 

 

Des élus venus en nombre de la mairie d’Annecy ont pu constater la qualité du menu, le dynamisme régnant autant chez les élèves que chez les adultes.

Le bonus :

Ce sont environ 200 élèves qui repartent avec un pain, malheureusement pas toujours avec leur pain singulier non retrouvé. Dans quelques jours ils verront arriver leur « Dossier du Mangeur » qui résume, explicite, et pose des questions afin que l’enfant puisse mieux intégrer ce qu’il a vécu. Document de passage entre les enfants et leurs familles.

 

Conclusions :

De l’avis de toutes et tous, c’est une réussite. Heureusement il y a des points à faire évoluer :

– plus de temps d’atelier pour pouvoir mieux discuter, pratiquer, se rendre curieux.

– mieux permettre la participation des enseignants, de l’équipe de cuisine.

– affiner les interventions des fournisseurs

– possibilité pour les enfants de repartir avec un peu de la farine qu’ils ont tamisée et encore d’autres choses pédagogiques

 

Le message général de consommer des produits de saison, locaux et plutôt en vrac devra être encore explicité, peut-être repris par les enseignant.e.s, les parents. Ce n’est qu’un début.

L’autonomie alimentaire nécessite des surfaces cultivables. La problématique est donc aiguë sur des zones forte densité de population où les terrains sont très rares et très chers !

Le Projet Alimentaire Territorial existe. Il faut le faire évoluer et rapidement. Choix politiques et nécessité de coordination bien au-delà d’Annecy : difficile la politique ?

Et puis, faire du local, certes, et pourquoi pas aussi du bio ?

Nous suivrons les étapes suivantes, d’autres écoles à venir en 2021/2022

 

Paul, efficace comme boulanger et comme pédagogue !

 

 

 

 

 

Jean-Marie HUBERT

 

 

Auteur: Jean-Marie HUBERT

Mots-clés: Alimentation, Pringy, Terre d'Union

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1 commentaire

  1. La sécurité alimentaire est plus qu’une sécurité, c’est une sûreté. Cela rend non seulement plus libre mais plus respecté, plus fort, plus digne, .. ça aide à bien vivre.

    Une base sociale oubliée dans ce monde compulsif, im-pensé.
    Garantir une alimentation en cas de catastrophe (faillite et ou blocage des banques, des approvisionnements (pétrole), réacteur nucléaire vomissant ses poisons, troubles sociaux, ..) devrait être assuré à la population.
    En cas de troubles, la richesse monétaire versus les manques ne nourrit pas la population mais clive et fabrique de la violence.

    À voir les préoccupations absurdes et capacités faibles de l’administration gouvernementale en cas d' »évènements », on peut penser urgent et important de s’organiser de quoi obtenir un minimum d’autonomie alimentaire à distance raisonnable (qqs communes).

    Merci pour cette information sur CRATer, formidable initiative à cette fin: :
    https://crater.resiliencealimentaire.org

    Apprendre à cultiver de quoi nourrir ses proches : une assurance sociale.

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