Ruffin, un « rouge-brun » qui s’ignore !?

On ne peut ne pas être surpris, voire choqué, par les déclarations amicales de Ruffin à l’égard de Chouard, qu’il qualifie ”d’homme de convictions”.
Étienne Chouard, que nous avons interviewé (1) en 2014, invité par Jacques Roura à la fête de la transition citoyenne à Poisy, est connu pour ses liens avec Alain Soral et un goût certain pour le complotisme”, comme l’écrit la journaliste Anne-Sophie Mercier dans le canard enchaîné. ”Étienne Chouard a remis en question la véracité des attentats perpétrés sur le sol français depuis 2015, et dénoncé à plusieurs reprises le complot de la grande finance.”

Rappelons les propos de Raoul Marc Jennar, militant du parti de gauche (2) : ”Chouard est le prototype parfait de ce qu’on a connu dans les années trente et qui nous a conduit à Vichy.”

La LICRA (Ligue Internationale Contre le Racisme et l’Antisémitisme) dénonce ”des passerelles idéologiques douteuses”

En réponse à ces accusations, Ruffin maintient sa défense de Chouard, un homme qui aurait pris ses distances avec Soral et qu’il ne faut pas traiter en ”pestiféré”.

Voilà ce que dit Chouard dans l’interview accordée à librinfo :

”(…) Soral est un résistant à la guerre, il dénonce les manipulations qui nous conduisent à des guerres, il dénonce la main-mise de la banque sur les médias, il dénonce le côté ”va-t-en guerre” de nos médias et de nos gouvernements, il dénonce la duplicité des politiques, je suis désolé, il y’a plein de choses intéressantes, il explique en long en large et en travers que le sionisme est un projet colonial raciste, militaire, je trouve ça intéressant, il n’y en a pas beaucoup qui le dise comme il le dit, (…) pour moi le fascisme c’est Hollande et Sarkozy, (…)

                                                                                                          ”Soral a tiré le Front National à gauche”(…)

Pour revenir à Ruffin, on ne peut qu’être à moitié étonné de l’attirance de Ruffin vers le ”rouge-brun” compte tenu de ses affinités avec un État centralisé, qui construirait un cadre politique vertueux auquel nous devrions nous soumettre, même s’il se déclare favorable à la décroissance.

Vouloir construire cet État sur une base révolutionnaire anticapitaliste, c’est implicitement aller vers un régime comparable au stalinisme issu de la révolution bolchévique, alors que les fondements révolutionnaires de celle-ci se réclamaient de l’autogestion.

Un échange avec Ruffin à Chambéry en 2006 lors de la sortie de son livre ”Quartier Nord” pourrait expliquer ce choix idéologique.
Je lui avais présenté fièrement notre média papier, ”Le Journal”, édité par notre association, pensant trouver de son côté un soutien sympathique. Sa réponse me refroidit quand il me rétorqua que notre engagement journalistique est vain car seule la défense d’une grand service public de l’information sera capable de s’opposer aux entreprises idéologiques des forces réactionnaires.
Qu’il faille défendre le service public de l’information, certes, mais de là à récréer une ORTF avec un appareil centralisé et doté d’énormes moyens logistiques, est une solution démocratique dangereuse.

Historiquement, tous les choix politiques visant à constituer des États forts militairement et économiquement, capables de s’opposer aux puissances financières soutenues par les États dirigés par les forces politiques de droite et d’extrême droite, sont voués à dériver vers des États autoritaires dominés par une oligarchie toute puissante, se proclamant les représentants éclairés du peuple.

Des millions d’hommes, de femmes et d’enfants en ont été les victimes sanglantes comme elles le furent sous les dictatures d’extrême-droite.

(1) Voir l’interview de librinfo reprise sans notre accord par Youtube

(2) Selon Wikipédia, Raoul-Marc Jennar s’engage dans la campagne référendaire du « Non » au traité constitutionnel européen (TCE) en 2005, au cours de laquelle il participera à 132 réunions publiques.
Il s’implique activement en faveur de l’émergence d’une gauche antilibérale unie pour les élections de 2007 au travers de son action au sein des collectifs unitaires antilibéraux. Après l’échec de cette tentative, provoqué par l’annonce de la candidature de Marie-George Buffet dès mai 2005, il soutient José Bové à la présidentielle de 2007. Aux législatives de 2007, il soutient des candidats de l’altermondialisme.
À la suite de la décision de la LCR de se dissoudre pour fonder le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), il a participé au processus constitutif du NPA et est devenu membre du comité NPA de Prades (Pyrénées orientales), puis du Comité d’Animation National provisoire du NPA.
Après le congrès fondateur de ce parti, il est élu membre du conseil politique national et du comité exécutif.
Il est tête de liste du NPA aux européennes de 2009 dans la circonscription Sud-Est, mais n’est pas élu.
Déçu et en désaccord avec la ligne politique de construction du NPA, il démissionne le 8 avril 2010 et rend public un texte expliquant sa position.
Le 9 janvier 2012, dans le cadre de l’élection présidentielle, il apporte son soutien à Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche10. En juillet 2012, il annonce son adhésion au Parti de gauche.

Auteur: gfumex

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26 commentaires

  1. Merci Gérard pour ton article très juste sur Ruffin. Amicalement. Odile

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    • J’espère que vous aurez la courtoisie de lire la contradiction à ce sujet apporter par d’autres lecteurs . . Pour terminer je vous invite à écouter sur le site investig’action l’entretien entre Michel Colon et son invité Etienne Chouard Il dure 1H18 , Comme à Sud Radio à la 47′ E Chouard répond à la question qui fait le buzz dans lequel est tombé librinfo .. F Rufin ne vous en déplaise n’est pas celui que vous prétendez être implicitement .

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    • Ce texte a été repris intégralement dans un commentaire signé Limonov.

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  2. Article qui montre bien les ambiguïtés du populisme des élus de La France Insoumise ! Tous les militants de LFI ne dériveront pas vers l’extrême droite, mais certains le feront, les actions de Ruffin et de Mélenchon les préparent à cela !

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  3. Il me semble que vous avez un sérieux problème et que depuis quelques temps vous faites preuve de sectarisme

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    • Je ne vois vois où se situe ce sectarisme.
      Les faits sont là quant aux propos de François Ruffin.
      Je ne sais pas si la journaliste du canard enchaîné fait preuve de sectarisme, elle ne fait que son travail.
      J’ai, pour ma part, donné des informations vérifiables pour essayer d’expliquer les propos de François Ruffin vis-à-vis d’Étienne Chouard. Libre à vous de les accepter.
      Je comprends que votre attachement au travail de parlementaire de François Ruffin, qui, par ailleurs, donne un sérieux courant d’air salutaire au sein d’un hémicycle sclérosé, puisse vous contrarier. Mais nous avons encore la chance d’avoir une presse indépendante qui assume son rôle de contre pouvoir, quels que soient les pouvoirs

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      • Cher Gérard, ton article sent l’amour déçu. Dommage! au passage tu nous donnes un scoop, Lénine et les bolchéviks étaient déjà des rouges bruns. « Le fondement de la révolution russe était autogestionnaire » dis-tu. Tu peux refaire l’histoire à ta guise. Prendre le canard enchainé, ce journal « indépendant » qui sert aux réglements de compte entre les différentes fractions politiques de la bourgeoisie est un peu léger. Pour le reste, de glissements en amalgames, tu dresses un portrait rouge-brun de Ruffin, comme d’ailleurs des autres leaders de la FI, joignant ta petite goutte de fiel dans le grand torrent du bashing et de la calomnie envers les seuls hommes politiques qui défendent une politique réellement à gauche.
        Je te remercie de me désinscrire de ta liste.

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        • Cher Jean,

          Au préalable, un mot sur ta remarque me reprochant de refaire l’histoire à ma guise. Je peux amicalement te renvoyer le compliment. Quand je parle d’autogestion, tu oublies un élément important qu’est le peuple russe. Écrasés par des siècles de dictatures tsaristes, les paysans affamés, les ”moins que rien”, veulent enfin exister par eux-même. C’est la constitution des coopératives ouvrières au sein des soviets. Lénine, et les bolcheviks ont tenu à maîtriser afin de se donner les moyens économique de nourrir la population et d’endiguer les velléités d’un pouvoir autogestionnaire.
          Un espoir trahi par le parti bolchevik
          C’est cela que j’appelle les fondements « autogestionnaires ».

          Pour revenir à cette petite affaire du microcosme politique mettant en scène Ruffin, elle est le résultat de propos incongrus dont il aura, je l’espère, l’intelligence de rectifier. Personne n’est à l’abri d’un dérapage. Il serait dommage que cela puisse nuire à ce parti politique, car nous avons besoin de pluralisme politique comme un pluralisme médiatique.

          En ce qui concerne librinfo, j’espère que tu fais la différence entre le droit à l’information, l’indépendance des médias avec la communication des partis politiques démocratiques et progressistes, dont les engagements politiques des militants honorent celles et ceux qui mouillent leur chemise.

          J’essaie d’être honnête quand j’écris comme journaliste dans librinfo. Chacun sait depuis longtemps que l’objectivité n’existe pas mais l’honnêteté peut l’être.
          Je n’ai pas à te décevoir en tant que militant politique car mon indépendance d’esprit me permet d’apporter des faits qui déplaisent aux différentes sensibilités à gauche. Depuis que nous existons, d’abord avec le JOURNAL », média papier, et maintenant librinfo, média en ligne, nous avons été régulièrement brocardés par de nombreux militants politiques à gauche. le parti socialiste, les verts, l’extrême gauche… et j’en passe.
          Que n’ai-je entendu !
          Mais au fond, cela me rassure, car c’est le prix à payer pour notre indépendance.
          L’adage « qui aime bien, châtie bien » est toujours aussi pertinent.

          Par contre je trouve dommage qu’en portant ton acrimonie sur notre média, tu jettes le bébé avec l’eau du bain. Cela m’inquiète car aujourd’hui, de nombreux gouvernements dans le monde interdisent les médias qui les critiquent allant même à assassiner des journalistes

          Vouloir réduire librinfo à cet article, qui peut certes incommoder des militants, c’est occulter l’énorme travail journalistique que notre média réalise avec une toute petite équipe sur toutes les questions relative à l’environnement, à l’agriculture, au mouvement social, à la santé, à la culture, à l’éducation populaire, à l’international …

          En voulant te désinscrire de librinfo, tu te priveras d’informations qui pourront t’être utiles.
          En ne voulant plus nous soutenir, tu contribueras à réduire le pluralisme de l’information, laissant libre cours aux médias dominants

          Si je ne t’ai pas convaincu, il suffira de me le dire pour que nous te supprimions de nos listes.

          Avec toute mon amitié.

          Gérard Fumex

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      • Presse indépendante ? C’est une farce !

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        • Bonjour jean,

          Si nous ne sommes pas indépendants comme tu l’affirmes, merci de me dire de qui nous dépendons.

          Avec mes remerciements pour ta réponse

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          • J’ai en partie déjà répondu mais mon message n’est pas passé , aussi je le remets sur ton site et le complète .
            « très facile la sentence ! J’invite les lecteurs à écouter l’entretien entre des journalistes de sud radio avec E Chouard du 30 décembre 2018. Il répond à Clémentine Autain en particulier et autres rapporteurs qui pour certains se disent éditorialistes en réclamant un débat contradictoire avec eux . Apathie , Joffrin n’ont toujours pas répondu . Clémentine va t-elle accepter l’invitation ? G Fumex aussi ? Pour en revenir au titre concernant F Ruffin je trouve le procédé racoleur voir diffamant concernant l’homme , le journaliste et le député qu’il est .
            C’est plus facile de calomnier quelqu’un que de traiter du fond …. »

            Concernant la presse indépendante , soutenir cette fable , revient à un certain déni de réalité ! 90 % et plus de cette presse appartient à 9 milliardaires . Si un infime pourcentage y échappe finançièrement dans lequel tu situes librinfo pour autant la reprise de propos résolument partisan peut révéler une certaine dépendance à une forme de pensée dominante . .
            Ainsi celle concernant E Chouard dont je peux admettre des interrogations et accepter la discussion sous réserve qu’il puisse répondre à tes assertions ( voir commentaire plus haut ) Par ailleurs sur le sujet des articles sur l’Amérique latine , le Vénézuela en particulier j’ai pu m’apercevoir que librinfo avait tendance à reprendre des dépêches et articles sans pour autant s’assurer d’une objectivité dans l’information afin de mieux éclairer ses lecteurs . ce qui ne m’empêche pas de remercier librinfo lorsqu’il donne la parole à des contradicteurs .
            Acrimed dont je recommande ses articles sur la liberté de la presse et la critique des médias en général n’ a de cesse depuis son existence de montrer exemples à l’appui la quasi absence aujourd’hui d’une presse indépendante .Cordialement

  4. Pas la peine de se dire un média alternatif si c’est pour hurler avec la meute contre Ruffin et voir du nazisme partout où il n’y a pas la CFDT.
    Quant à Chouart, il vaut la peine de rentrer un peu plus dans le détail et de lire ceci:

    [RIC POUR LES GILETS JAUNES (et les autres)] Les mœurs des «journalistes» en France, en 2018, avec les vrais opposants, c’est 2 qui tiennent et 3 qui cognent… et un bâillon pour qu’il se taise… Je demande le droit de nous défendre loyalement : en direct et en face-à-face.

    Je me fais une très haute idée de la fonction de journaliste. J’ai été très marqué par l’imaginaire de l’époque de la Révolution française, où les journalistes étaient considérés comme « les sentinelles du peuple ». Déjà, à Athènes, il y a 2500 ans, les citoyens, pour pouvoir tous jouer le rôle de « sentinelles de la démocratie », tenaient plus que tout à l’iségoria (droit de parole pour tous, à tout moment et à tout propos) car ce droit de parole permettait à chaque citoyen de chercher et surtout de dénoncer tous les éventuels complots contre la démocratie, pour la protéger. Grâce à l’iségoria, la démocratie était plus forte, la démocratie avait les moyens de se défendre contre les intrigants, contre les comploteurs.

    Aujourd’hui, le croiriez-vous, les « journalistes » (ou en tout cas un grand nombre d’entre eux) traquent les lanceurs d’alertes comme des malfaiteurs, qu’ils appellent des « complotistes » ou « conspirationnistes »… c’est-à-dire que les « journalistes », au lieu de protéger les citoyens vigilants (et d’en faire partie eux-mêmes !), les martyrisent ! On marche sur la tête.

    #LeTermeComplotisteEstUneInsulteÀLintelligenceCritique

    Et il n’est pas besoin d’être grand clerc pour comprendre le lien direct entre cette profonde perversion (mise à l’envers) de la fonction de journalisme et l’appropriation de tous les journaux par les plus riches (9 milliardaires ont acheté, comme on achète des bagnoles ou des baraques, TOUS les journaux du pays ; c’est une catastrophe, l’opinion n’est plus éclairée mais intoxiquée).

    Par ailleurs, je constate à mon sujet que les mœurs des « journalistes », avec les opposants au système de domination parlementaire (à mon avis frauduleusement nommé «Gouvernement représentatif»), deviennent d’une brutalité et d’une déloyauté crasses : car enfin, depuis deux ou trois jours, tous les éditocrates de mon pays publient des « portraits » de moi comme si j’étais l’ennemi public n°1, fourbe, dangereux, complotant dans l’ombre, « trouble » (sic), « sulfureux » (resic), tissant sa toile (reresic)… (sans s’en rendre compte, mes accusateurs sont d’ailleurs précisément ce qu’ils dénoncent : « complotistes »…), mais sans m’avoir jamais appelé avant pour connaître ma version (les seuls à m’avoir appelé avant sont les journalistes de France Info, qui ont d’ailleurs écrit sur moi un article moins mensonger que les autres), sans m’avoir prévenu, et surtout sans me laisser la moindre chance de me défendre, sans me permettre d’expliquer la sottise et la fausseté de toutes ces accusations invraisemblables, et surtout sans jamais confronter nos arguments de fond.

    J’ai demandé, sur Twitter, aux premiers de ces éditorialistes calomniateurs un débat à la loyale, en direct, face à face et sur le fond (des problématiques de la souveraineté, de la représentation, de l’initiative des peuples dans les lois auxquels ils consentent à obéir, de choses sérieuses, quoi), plutôt que sur des ragots extravagants qui tournent en boucle dans le milieu fermé des prétendus « antifas », dont tout laisse à croire que leur mission réelle est d’entretenir à gauche une profonde zizanie, à l’aide d’une redoutable police de la pensée ; zizanie qui coupe le peuple en morceaux et qui le condamne éternellement à l’impuissance (électorale).

    Chacun commence à comprendre que de débat loyal sur le fond, ils n’en veulent pas. Serait-ce parce que tous ces éditorialistes n’auraient pas d’argument solide (et avouable) contre le RIC ? et qu’ils sont donc réduits à s’en prendre lâchement au messager, dans son dos et sans lui permettre de se défendre ?

    =======================================
    DROIT DE RÉPONSE

    JE DEMANDE À TOUS MES ACCUSATEURS (ET À LEUR MÉDIA), MESSIEURS APATHIE, JOFFRIN, BADDOU, SCHNEIDERMANN ET LES AUTRES, DE ME PERMETTRE DE DÉFENDRE LOYALEMENT, EN DIRECT ET EN FACE-À-FACE, À LA FOIS LE RIC POUR LES GILETS JAUNES ET MON TRAVAIL POUR LE BIEN COMMUN.

    Si on est bien en « démocratie » et s’ils sont honnêtes, comme ils le prétendent tous, ça devrait pouvoir se faire.

    Étienne Chouard, 20 décembre 2018.
    =======================================

    Mais leur problème principal, c’est que, quoi qu’ils décident à propos de mon droit de réponse, en l’occurrence tuer le messager ne suffira plus, car il y a désormais dans le pays DES CENTAINES d’autres messagers tout aussi compétents et bons orateurs (c’est-à-dire respectueux des autres) pour prendre ma place : ce qui est né en France, avec les Gilets jaunes et le RIC comme première marche intellectuelle vers une aspiration populaire à un processus constituant populaire (débarrassé des professionnels de la politique), c’est une prise de conscience contagieuse, à la base de la société, que le niveau constituant est le meilleur pour engager les luttes sociales : le niveau législatif est mauvais pour nous émanciper car 1) il nous enferme dans une impuissance politique qui est verrouillée à un niveau supérieur, inaccessible, et 2) il nous empêche de fraterniser contre l’oppression des riches du moment par des disputes sans fin sur des sujets secondaires.

    Le niveau législatif, celui où l’on décide quelles sont les lois qu’il nous faut aujourd’hui, thème par thème, est celui des disputes sans fin, alors que le niveau constituant, celui où l’on décide comment l’on va mettre au point les lois, qui va nous représenter, avec quel mandat, sous quels contrôles et avec quelles possibilités de révocation, ce niveau constituant est celui de la concorde facile car la plupart de nos aspirations y convergent, que nous soyons de droite, de gauche ou d’autre chose : tout le monde comprend à toute vitesse que NOTRE CAUSE COMMUNE, la cause commune des 99% partout sur terre, c’est : « NOUS VOULONS INSTITUER NOUS-MÊMES NOTRE PROPRE PUISSANCE ».

    Il me semble que ce pourrait être la devise des Gilets Jaunes du monde entier.

    Cette mutation universellement contagieuse va tout changer : les électeurs enfants sont en train d’aspirer à devenir citoyens constituants, et ils n’auront pas à le demander à leurs maîtres : il leur suffira de le vouloir vraiment, ensemble. Étienne de la Boétie l’avait excellemment prédit : soyez résolus de ne plus servir, et vous voilà libres.

    Je peux me tromper, bien sûr, et je passe mon temps à chercher des contradicteurs pour trouver mes erreurs et progresser, mais il est extravagant de me faire passer pour un tyran qui avancerait masqué. Extravagant.

    Je vais reproduire à la fin de ce billet un message important que j’avais rédigé en novembre 2014 (il y a 4 ans déjà), où je faisais le point sur les accusations à propos de Soral. Vous jugerez. Je souligne simplement que, personnellement, je ne parle JAMAIS de Soral, absolument jamais, et que, par contre, tous ceux qui m’accusent de le fréquenter (ce qui n’est pas vrai), eux, en parlent tout le temps… comme si c’était ces imprécateurs eux-mêmes qui étaient chargés de la promotion quotidienne du personnage qu’ils prétendent combattre.

    Bref, devant ce torrent de haine recuite, tournant en boucle et auto-entretenue, de la part des « grands » éditorialistes du pays, je me dis que, finalement, être ainsi craint par ces gens-là, c’est un peu comme une Légion d’honneur, une marque de vraie résistance : il semble donc que je ne sois pas, moi, une opposition contrôlée (Cf. 1984 d’Orwell : une opposition dont le pouvoir n’a rien à craindre).

    Finalement, il est assez logique que je sois détesté par cette bande de détestables : je rappelle que tous ces « journalistes » (ce sont les mêmes propagandistes qui défendaient tous le Oui pour le référendum contre l’anticonstitution européenne en 2005 et qui étiquetaient déjà « extrême droite » tous leurs adversaires défenseurs du Non, pour ne pas avoir à leur répondre sur le fond), tous ces « journalistes » qui me traitent de « facho », donc, défendent ardemment, depuis 40 ans (depuis le début des années 1980), à la fois le fléau du néo-libéralisme et celui du libre-échange, la catastrophe absolue qu’est la libre circulation des capitaux et donc l’évasion fiscale, les délocalisations et la désindustrialisation du pays, la dérégulation financière et la dépossession des États du pouvoir de création monétaire, le transfert scandaleux de la souveraineté nationale (qui ne leur appartenait pourtant pas) à des institutions supranationales tyranniques hors contrôle et corrompues jusqu’à la moelle, la flexibilité et l’austérité, la désindexation des salaires et des retraites, la rigueur et les coups de ceinture pour les pauvres, les cadeaux somptueux et obscènes pour les plus riches, insatiables pompes à fric, véritables siphons à pognon privant la société des signes monétaires nécessaires à la prospérité, l’asphyxie financière des services publics pour en faire à terme des centres de profit privé, la vente à vil prix des biens publics rentables (autoroutes, péages, aéroports, barrages, industries stratégiques…) aux parrains maffieux qui les ont mis en place à leurs micros, et j’en passe… Il est assez logique que ces défenseurs du capitalisme déchaîné (et de son principal outil, la prétendue Union européenne) ne nous aiment pas et qu’ils nous craignent, moi et les Gilets jaunes devenant constituants.

    Mille mercis à tous ceux qui me défendent comme ils peuvent, sur les réseaux sociaux et dans les conversations, il est facile de comprendre combien pour moi c’est émouvant.

    Et notamment merci à ceux qu’on appelle les gentils virus démocratiques, dont j’observe tous les jours le dévouement au bien commun et à la démocratie qui vient.

    Merci aussi à RT, Russia Today, la chaîne de télé russe qui assume désormais quasiment seule en France le service public de Résistance à l’oppression, en donnant la parole à tout le monde et en permettant de bons débats de fond sur des sujets importants. J’ai rencontré leurs équipes et j’ai été frappé par leur professionnalisme et leur rigueur. Probablement parce qu’ils n’ont aucun droit à l’erreur (le gouvernement et ses complices « journalistes » les traquent depuis leur création), et aussi peut-être parce qu’ils ne suivent pas, eux, un idéal lié au profit ou à la domination, les articles et vidéos publiés par RT semblent les plus fiables du pays.

    Merci aussi à François Ruffin, pour son courage. Ce qu’il a fait ne m’étonne pas de lui : il est profondément honnête. C’est sans doute l’homme politique que j’admire le plus dans mon pays (malgré quelques profonds désaccords, notamment sur la très nécessaire sortie de l’UE). J’espère que ses amis (qui sont aussi les miens, dans ma tête en tout cas) ne le martyriseront pas pour ce qu’il a dit de moi (qui n’est quand même pas si grave).

    Bon, les Gilets jaunes, on continue d’apprendre à constituer, sur les péages et les ronds-points ? On se fout de ces voleurs de pouvoir, on ne leur demandera pas la permission pour s’émanciper de leur domination. Il faut par contre qu’on s’entraîne, hein ? Allez, à tout à l’heure !
    (ce soir jeudi à Bordeaux, vendredi à Périgueux, samedi dans le Lot, dimanche à Brignoles, ou à Toulon je ne sais plus 🙂 )

    Amitiés à tous (vraiment à tous).

    Étienne.

    #GiletsJaunesConstituant

    #CeNestPasAuxHommesAuPouvoirDÉcrireLesRèglesDuPouvoir

    #PasDeDémocratieSansCitoyensConstituants

    Quand le message est trop fort, attaquer le messager…

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    Voici maintenant, ci-dessous, la copie du billet (important) que j’ai publié ici le 28 novembre 2014 (il y a déjà 4 ans) et où j’ai fait le point sur Soral :

    Pour que les choses soient claires

    (Publié le 28 novembre 2014 | 286 commentaires)
    https://chouard.org/…/28/pour-que-les-choses-soient-claires/

    De grands médias et des politiciens de métier sont en train d’essayer de faire de moi un « Soralien », ce qui leur permettrait de discréditer d’un coup, sans argument de fond, la proposition ultra-démocratique de processus constituant populaire que je défends depuis dix ans.

    Quels sont les faits ?

    Depuis la bagarre de 2005 contre l’anticonstitution européenne, je travaille jour et nuit pour donner de la force à une idée originale d’émancipation du peuple par lui-même et pas par une élite : je soutiens l’idée que nous n’avons pas de constitution digne de ce nom et que, si nous voulons nous réapproprier une puissance politique populaire et nous débarrasser du capitalisme, nous devrons apprendre à écrire nous-mêmes notre Constitution, notre contrat social, en organisant nous-mêmes un peu partout des ateliers constituants populaires. Selon moi, ce n’est pas aux hommes au pouvoir d’écrire les règles du pouvoir, ce n’est pas aux professionnels de la politique d’écrire ou de modifier la Constitution, qu’ils doivent craindre et pas maîtriser.

    Depuis dix ans, donc, je lis beaucoup, dans toutes les directions, tout ce qui touche aux pouvoirs, aux abus de pouvoir et aux institutions : histoire, droit, économie, philosophie politique, sociologie, anthropologie, de la bible à nos jours, tout m’intéresse, pourvu que ça me donne des idées et des forces pour organiser la résistance des êtres humains à tous les systèmes de domination. J’essaie de comprendre comment on en est arrivé au monde injuste et violent qui est le nôtre, et comment on pourrait (réellement) améliorer la vie sur terre. Chaque fois que je déniche un livre, une thèse, une idée, un fait, une preuve, un intellectuel, un texte, une vidéo, ou tout document qui me semble utile pour comprendre les abus de pouvoir et y résister, je le signale sur mon site et on en parle ensemble. Depuis dix ans, ce sont ainsi des dizaines de milliers de liens que j’ai exposés à l’intérêt et à la critique de mes lecteurs.

    Sur le plan de la méthode, même si je me sens (de plus en plus) sûr de moi quant à ma thèse radicalement démocratique, je suis pourtant toujours à l’affût des arguments de TOUS ceux qui ne pensent PAS comme moi ; c’est comme une hygiène de pensée, je cherche les pensées contraires aux miennes, autant pour les comprendre vraiment (ce qui facilite ensuite les échanges constructifs avec des adversaires que je considère, malgré notre opposition, comme des êtres humains, donc ipso facto légitimes pour défendre leur point de vue, quel qu’il soit), que pour détecter mes éventuelles propres erreurs. Comme tout le monde, je ne progresse que dans la controverse.

    Un jour, il y a trois ans je pense, je suis tombé sur une vidéo de Soral, que je ne connaissais pas, qui m’a intéressé : il y dénonçait le colonialisme raciste du gouvernement israélien et le sionisme comme idéologie de conquête, aux États-Unis mais aussi en France (en s’appuyant sur les livres — bouleversants — d’Israël Shahak, de Shlomo Sand, de Gilad Atzmon et d’autres que nous devrions tous lire, je pense). Pour moi qui travaille sur les abus de pouvoir, il est naturel d’être intéressé par toute étude d’un projet de domination, quel qu’il soit. En regardant un peu son site, j’ai vu qu’il étudiait, condamnait et résistait (comme moi), entre autres, à l’Union européenne, au capitalisme, à l’impérialisme, au colonialisme, au racisme, aux communautarismes, aux multinationales, aux complexes militaro-industriels et aux grandes banques d’affaires, à la prise de contrôle des grands médias par les banques et par les marchands d’armes, au libre-échange et au sabotage monétaire, aux innombrables et scandaleuses trahisons des élites, à toutes les guerres, à toutes les réductions des libertés publiques justifiées par la « lutte contre le terrorisme », etc. Bref, tous ces fronts de résistance étant, à mon avis, des fronts de gauche, et même de gauche radicale et vraie, j’ai ajouté naturellement un lien sur ma page d’accueil vers le site de Soral. Un lien, parmi des milliers — je ne savais pas encore que cela allait faire de moi, en quelques années, un homme à abattre.

    Je n’ai pas fait l’exégèse de l’auteur et du site signalés : j’ai juste cité le lien déniché, comptant comme d’habitude sur l’intelligence des gens — que je considère comme des adultes — pour distinguer ce qui y est pertinent de ce qui ne l’est pas, ce qui est bon de ce qui est mauvais. Et puis, je suis passé à autre chose, évidemment ; ma vie est une course permanente d’une idée à l’autre.

    À partir de ce moment, j’ai reçu des accusations violentes et des injonctions — souvent anonymes — à retirer ce lien, jugé diabolique. Or, j’ai horreur qu’on m’impose ce que je dois penser ou dire ; je veux bien changer d’avis (j’aime découvrir que je me trompe et progresser en changeant d’opinion), mais il ne suffit pas d’affirmer que je me trompe, même en criant que je suis un fasciste (sic), il faut me le prouver. Et si on veut me forcer à retirer un lien, il y a toutes les chances pour que je m’obstine (bêtement, je sais).

    Autre fait qui m’est reproché : depuis 2011, les militants d’E&R relaient souvent mes textes et vidéos sur leur site (documents qui ne parlent que de démocratie, de constitution d’origine populaire, et de gestion commune du bien commun), signe d’intérêt de militants « de droite » pour la vraie démocratie que — en toute logique — je ne prends pas comme une preuve évidente de « fascisme »… Lorsque je constate qu’un parti ou un journal ou une radio ou un site quel qu’il soit relaie ma prose radicale d’émancipation par l’auto-institution de la société, je ne peux y voir que des raisons d’être satisfait : mon message est universel, il n’est pas réservé à une famille politique ; plus on sèmera des graines de démocratie auto-instituée, un peu partout, sans exclusive aucune, mieux ce sera.

    Justement, j’ai observé une évolution qui me semble importante : les jeunes gens qui suivent et soutiennent Soral, et qui étaient assez radicalement antidémocrates quand ils m’ont connu, étaient en fait « anti-fausse-démocratie », mais ils ne le savaient pas encore : ils pensaient (comme tout le monde) que l’alternative politique était 1) capitalisme-libéralisme-« démocratie » (complètement pourri, mafieux, esclavagiste, des millions de morts, à vomir) ou 2) communisme-socialisme-« démocratie populaire » (complètement pourri, un capitalisme d’État, avec police de la pensée, des camps de travail en Sibérie, des millions de morts, à vomir) ou 3) fascisme-« non-démocratie » (violent aussi, mais sans corruption — choix terrifiant, selon moi, évidemment)… Et puis, voilà qu’ils découvrent, en lisant les livres que je signale (Manin, Hansen, Rousseau, Sintomer, Castoriadis, Guillemin…) un régime alternatif, une quatrième voie, une organisation politique dont personne ne nous a jamais parlé sérieusement à l’école ou dans les journaux : la vraie démocratie, sans guillemets, avec une vraie constitution et des vrais contrôles, que nous écririons nous-mêmes, directement parce que entraînés, pour être sûrs de ne pas nous faire tromper à nouveau… Eh bien, je suis sûr (je l’ai ressenti souvent, nettement) que nombre de ces jeunes militants (de droite dure au début par dépit de la corruption généralisée et faute d’alternative autre — processus identique à la naissance du nazisme en Allemagne) sont en train de devenir (ou sont déjà devenus) des démocrates réels. Non pas par magie, mais parce que cette alternative démocratique réelle est à la fois crédible et prometteuse, elle fait vibrer tous les hommes de bonne volonté. Alors, je maintiens qu’il est pertinent et nécessaire de parler avec enthousiasme de vraie démocratie à absolument tout le monde, en étant convaincu qu’un être humain, ça peut changer d’avis 1) si on le respecte en tant qu’être humain, et 2) si ce qu’on lui propose est émancipant, libérateur, puissant, prometteur.

    Et puis, quand on me reproche les médias — soi-disant parfois peu fréquentables— par lesquels sont relayées mes graines de démocratie réelle, je réponds que je ne m’identifie pas au média qui me tend son micro, que je reste moi-même quelle que soit la personne à qui je parle, et surtout que je n’ai guère le choix puisqu’AUCUN grand journal ni aucune grande radio de gauche (que j’aime quand même, hein) — ni Là-bas-si-j’y-suis, ni le Diplo, ni Politis, ni Terre-à-terre, dont je parle pourtant souvent, moi, depuis 2005 —, aucun de ces médias n’a jamais relayé / signalé / commenté mon travail, depuis DIX ans (!)… Comme si la démocratie vraie ne les intéressait pas du tout, ou comme si elle leur faisait peur. Il n’y a QUE les militants de base qui m’invitent à venir débattre sur ces questions : l’idée d’un processus constituant qui deviendrait populaire et d’une procédure authentiquement démocratique comme le tirage au sort, ça n’intéresse pas du tout les chefs, même ceux des médias de gauche…

    Parmi les faits qui me sont reprochés, il y a aussi une conférence avec Marion Sigaut (que j’ai trouvée bien intéressante, d’ailleurs), sur la réalité du mouvement des « Lumières ». On s’empaille souvent, Marion et moi : on n’est pas d’accord du tout sur Rousseau, sur Robespierre, sur la Vendée, et sur quelques points historiques importants, mais on arrive bien à se parler, tous les deux, malgré nos désaccords, en essayant de comprendre l’autre, d’apprendre l’un de l’autre, en se respectant, ce qui s’appelle une controverse, processus qui est à la base du progrès de la connaissance. Cet échange intellectuel avec Marion, m’a fait découvrir des faits et documents particulièrement importants sur l’Ancien régime — par exemple, le livre passionnant « Le pain, le peuple et le roi » de Steven Kaplan —, et les intrigues fondatrices des « Philosophes » des « Lumières » (riches et marchandes, tiens tiens), pour faire advenir le « libéralisme », c’est-à-dire la tyrannie-des-marchands-libérés-devenus-législateurs qu’on appelle aujourd’hui le capitalisme.

    Pour revenir à Soral, j’ai rapidement compris qu’il n’est pas du tout un démocrate, évidemment : il est autoritaire et il défend une idéologie autoritaire, au strict opposé de ce que je défends moi. Je ne veux pas plus de sa « dictature éclairée » que de n’importe quelle dictature, évidemment.

    Mais malgré cela, une partie de son analyse du monde actuel (et non pas ses projets de société) me semble utile, objectivement, pour mon projet à moi, de compréhension des abus de pouvoir et de constituante populaire. Donc, pour ma part, je ne monte pas en épingle ce qui me déplaît chez Soral, je prends ce qui m’intéresse (les infos sur les fronts de gauche et sur la résistance au sionisme) et je laisse le reste, comme l’adulte libre de penser et de parler que je suis.

    On reproche à Soral un antisémitisme intense et assumé. Pourtant, quand on lui demande « êtes-vous antisémite ? », Soral répond « NON, dans le vrai sens du mot c’est-à-dire raciste ». Et il souligne aussitôt que le mot « antisémite », avec des guillemets, a progressivement changé de sens pour servir aujourd’hui de bouclier anti-critiques (ce que Mélenchon dénonce lui aussi, amèrement, avec raison et courage, je trouve, en appelant cette calomnie systématique « le rayon paralysant du CRIF ») : dans ce nouveau sens, complètement dévoyé, « antisémite » sert à qualifier tous ceux (même ceux qui ne sont ABSOLUMENT PAS racistes) qui critiquent et condamnent la politique — elle, officiellement raciste et criminelle — du gouvernement israélien (critiques d’un racisme qui sont donc un antiracisme). C’est ce nouveau sens seulement que Soral assumait, en martelant, en substance : « j’en ai marre de ce chantage à « l’antisémitisme » et de ces intimidations permanentes de la part d’ultra-racistes qui osent accuser de racisme des résistants à leur racisme ».

    Je trouve que ça se défend très bien, si on arrive à tenir le cap de l’humanisme, c’est-à-dire à ne pas devenir soi-même raciste en réaction à un racisme premier : il est essentiel, je pense, de ne pas devenir antisémite en réaction au sionisme : il ne faut surtout pas s’en prendre à tous les juifs au motif que certains sionistes seraient odieux et dangereux.

    Or, tout récemment, j’ai découvert dans une publication de Soral des propos terribles et dangereux qui me conduisent à changer d’avis sur la portée du lien que j’ai mis sur mon site.

    Dans une vidéo en direct de juin 2014 (1 minute, à partir de 47:54), Soral dit les mots suivants, que je n’avais jamais entendus de lui avant, et qui me choquent tous profondément :

    [Bon, j’ai commencé à transcrire, mais j’ai honte de seulement écrire des trucs pareils… Donc, j’arrête. Je vous laisse lire le lien si ça vous chante.]

    Je ne peux évidemment pas valider une parole pareille, froidement raciste, sexiste, autoritaire. Je n’avais jamais vu Soral parler comme ça. C’est un peu comme un désaveu, parce que je l’ai entendu maintes fois jurer qu’il n’était pas antisémite.

    Alors, je cède, je reconnais que me suis trompé, en publiant un lien sans mise en garde : il y a un risque d’escalade des racismes. Ce mélange de lutte légitime et courageuse contre de redoutables projets de domination (résistance qui m’intéresse toujours et dont je ne me désolidarise pas), avec un sexisme, une homophobie, et maintenant un antisémitisme assumés (qui me hérissent vraiment), ce mélange est toxique. Stop. Et puis, je n’arrive plus à m’occuper de nos ateliers constituants : on nous interpelle sans arrêt sur notre prétendue identification à Soral, et la violence des échanges qui s’en suivent partout me désespère ; j’en ai assez, il faut faire quelque chose pour marquer une différence, une limite : je supprime le lien de mon site vers Soral. Désormais, je ferai le filtre, en évoquant moi-même les auteurs que je trouve utiles, comme Shlomo Sand, Jacob Cohen, Bernard Lazare, Israël Shahak, Gilad Atzmon, Norman Finkelstein, Gideon Levy, Mearsheimer et Walt, Éric Hazan, etc.

    En conclusion, j’insisterai sur l’essentiel : à mon avis, tous ces reproches sont montés en épingle de mauvaise foi par les professionnels de la politique pour entretenir une CONFUSION entre les vrais démocrates et « l’extrême droite » ; confusion qui leur permet de se débarrasser des vrais démocrates à bon compte, sans avoir à argumenter.

    Post scriptum: si le système de domination parlementaire arrive finalement à me faire passer pour un diable hirsute, infréquentable et banni, ce n’est pas grave, je ne suis qu’une cellule du corps social et je ne cherche absolument aucun pouvoir personnel (je ne perds donc rien d’essentiel si je suis ostracisé par le système, à part le bonheur de bien servir à quelque chose d’utile, que je ressens en ce moment) : prenez alors le relais vous-mêmes ! Notre cerveau collectif survivra très bien à la disparition d’un neurone, changez de nom, et continuez à défendre vous-mêmes, un peu partout et tout le temps, cette idée importante qui va tout changer, mais seulement si on est très nombreux à s’être bien polarisés sur la même idée, simple et forte : ce n’est pas aux hommes au pouvoir d’écrire les règles du pouvoir, DONC, il ne faut SURTOUT PAS ÉLIRE l’Assemblée constituante ; si on veut une constitution, il faudra l’écrire nous-mêmes et il faut donc, dès maintenant et tous les jours (!), nous entraîner réellement en organisant et en animant partout des mini-ateliers constituants ultra-contagieux.

    « Fais ce que tu dois, et advienne que pourra. »

    Étienne Chouard,
    28 novembre 2014

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  5. Je complète ma chronique en citant la réaction de Clémentine Autin, députée des Insoumis, suite aux propos tenus par François Ruffin. Clementine Autin ne peut être soupçonnée de vouloir porter atteinte au mouvement politique des insoumis dont elle une des porte parole : « J’avoue, je n’aurais jamais pris en référence Etienne Chouard. Mais sans doute suis-je trop sensible aux dérives rouge-brun. »

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    • non, ce n’est pas Clémentine Autin que nous soupçonnons de vouloir porter atteinte au mouvement politique des insoumis, c’est toi Gérard. Tu aspires sans doute à ce que Librinfo 74 devienne le médiapart (qui a pour sa part contribué à l’élection de Macron)local, en te privant d’une partie de tes lecteurs « naturels » ceux qui votent FI. Bon courage Gérard.

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      • Comme nous nous nous définissons comme un média avec une démarche journalistique non partisane, notre ambition n’est pas de récupérer tels ou tels militants de partis politiques. Parler des personnes qui votent FI comme étant des lecteurs « naturels » de notre média n’engage que toi.
        Nous nous adressons à des lecteur(rice)s-citoyen(ne)s dans le seul souci d’apporter une information libre de toute pression idéologique, politique, économique, syndicales et associative. Nos références sont la charte de Munich des journalistes et notre ligne éditoriale dont l’objectif est d’essayer de donner à tous lecteurs les informations nécessaires pour créer sa propre opinion.
        Nous nous définissons comme un média d’éducation populaire.
        Nous ne sommes pas là pour faire plaisir à telle ou telle couche de la population, pour caresser nos lecteurs dans le sens du poil pour qu’ils prennent un abonnement payant, bref, faire de la communication partisane ou intéressée qui est souvent la gangrène de l’information.

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  6. E. Chouard : « plutôt que sur des ragots extravagants qui tournent en boucle dans le milieu fermé des prétendus « antifas », dont tout laisse à croire que leur mission réelle est d’entretenir à gauche une profonde zizanie, à l’aide d’une redoutable police de la pensée ; zizanie qui coupe le peuple en morceaux et qui le condamne éternellement à l’impuissance (électorale).

    L’ami Chouard, hier sur SUD RADIO (220000 vues)
    https://www.youtube.com/watch?v=xQlwTlau0Hw

    E. Chouard : ‘‘ceux qui me traitent de « facho », donc, défendent ardemment, depuis 40 ans (depuis le début des années 1980), à la fois le fléau du néo-libéralisme et celui du libre-échange, la catastrophe absolue qu’est la libre circulation des capitaux et donc l’évasion fiscale, les délocalisations et la désindustrialisation du pays, la dérégulation financière et la dépossession des États du pouvoir de création monétaire, le transfert scandaleux de la souveraineté nationale (qui ne leur appartenait pourtant pas) à des institutions supranationales tyranniques hors contrôle et corrompues jusqu’à la moelle, la flexibilité et l’austérité, la désindexation des salaires et des retraites, la rigueur et les coups de ceinture pour les pauvres, les cadeaux somptueux et obscènes pour les plus riches, insatiables pompes à fric, véritables siphons à pognon privant la société des signes monétaires nécessaires à la prospérité, l’asphyxie financière des services publics pour en faire à terme des centres de profit privé, la vente à vil prix des biens publics rentables (autoroutes, péages, aéroports, barrages, industries stratégiques…) aux parrains maffieux qui les ont mis en place à leurs micros, et j’en passe… Il est assez logique que ces défenseurs du capitalisme déchaîné (et de son principal outil, la prétendue Union européenne) ne nous aiment pas et qu’ils nous craignent, moi et les Gilets jaunes devenant constituants.’’

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  7. A propos de F. Ruffin,dans votre article librinfo, vous dites (je cite): « On ne peut qu’être étonné à moitié de l’attirance de Ruffin vers le Rouge-Brun ».., ce début de phrase est inacceptable quelle que soit votre suite qui développe d’ailleurs un argument peu convaincant sur l’Etat autoritaire auquel aspirerait F. Ruffin.
    -En effet,c’est avec ce qualificatif tristement connoté historiquement « Rouge Brun » que vous attaquez un homme dont l’activité incessante sur le terrain même des personnes opprimées s’allie à une courageuse résistance parlementaire à l’égard d’un pouvoir méprisant.On ne s’y prendrait pas autrement que vous et votre article si l’on voulait discréditer cette résistance ! Que cherchez vous au juste ?
    – Pour parler d’E.Chouard qui aurait selon vous influencé malencontreusement F. Ruffin, vous aimez faire allusion à l’interview que vous avez réalisée en 2014; je remarque que vous évitez de replacer les quelques phrases que vous citez dans le contexte de l’ensemble des réponses de Chouard (j’ai écouté la video jusqu’au bout et la défense de l’interviewé apparaît en accord avec ses dernières déclarations figurant dans les commentaires précédant celui-ci).
    – Un plus loin dans l’article, vous ne faites pas non plus dans la dentelle quand, en poursuivant toujours au sujet de Ruffin, vous écrivez que « construire un Etat sur une base révolutionnaire anticapitaliste, c’est aller implicitement vers un régime comparable au stalinisme ».
    – Ce présent commentaire n’est pas une réflexion partisane ni une évaluation des différences politiques entre Chouard et Ruffin mais, plus simplement, il s’agit de l’observation d’un fait. F. Ruffin, en honnête homme, a cité – outre les préconisations de son mouvement – les travaux d’E. Chouard portant depuis plus de 10 ans sur les ateliers constituants. N’est-ce pas normal d’évoquer cela dans le cadre d’une conférence de presse qui traitait précisément de la constituante ??
    – Plutôt que d’accepter l’honnêteté intellectuelle de Ruffin,vous préférez faire usage,à son sujet,d’un étiquetage immédiat, offensant, et apparemment définitif. N’est-ce pas là que réside justement l’autoritarisme ?!

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    • Bonsoir Nicole,

      Je n’ai jamais dit que Ruffin serait un « fasciste ». C’est ridicule.

      Par contre j’estime qu’il s’est fait piégé par Chouard et qu’il devrait avoir l’intelligence de prendre ses distances en tant que député de la République.

      Raoul Marc Jennar a tenu les propos suivant : « Chouard est le prototype de ce qu’on a connu dans les années trente et qui nous a conduit à Vichy. »

      Etre démocrate, c’est garder une vigilance de tous les instants contre les ennemis de la démocratie, y compris ceux qui prétendent instaurer une vraie démocratie.
      Yannis, après moi, a vérifié la dérive inacceptable d’Etienne Chouard, ami de Soral condamné pour antisémitisme, ami de Faurisson condamné pour négationnisme. Chouard est le prototype parfait de ce qu’on a connu dans les années trente et qui nous a conduits à Vichy. (…) »

      Je te recommande le site suivant : https://www.lelotenaction.org/pages/content/archives/le-vrai-visage-d-etienne-chouard.html

      Yannis Youlountas donne un échange qu’il a eu avec un ex-lieutenant de Chouard, aujourd’hui repenti :

      CONFIDENCES ET MISES EN GARDE D’UN EX-LIEUTENANT D’ETIENNE CHOUARD

      Au terme d’une longue discussion hier et ce matin avec l’un de ses proches soutiens qui a décidé de prendre ses distances, voici la reproduction ici d’une partie de la conversation avec son accord. Vous pouvez la partager, si vous le jugez utile, même auprès des Gentils Virus de votre entourage.

      – – – – – – –

      Petit glossaire.
      GV : Gentils Virus. (mouvement de Chouard)
      ER : Egalité & Réconciliation (mouvement de Soral et Dieudonné)
      FN : Front National
      UPR : Union Populaire Républicaine (parti d’Asselineau)
      M6R : Mouvement pour la 6ème République (mouvement émanant de la vraie gauche, surtout du Parti de Gauche, sauf erreur de ma part).
      PG : Parti de Gauche
      ND : Nouvelle Donne
      CSOJ : émission de télé « Ce soir ou jamais »

      – – – – – – –

      « Donc je recommence.

      Si je me suis adressé à toi, Yannis, c’est parce que depuis 2013, j’ai suivi ton désaccord avec Etienne et j’ai pu voir à quel point son entourage se méfie de toi. Il faut dire aussi que la plupart des antifas sont anonymes, ce qui n’est pas ton cas. En voyant ton très beau film, j’ai commencé à comprendre que ce qu’on me racontait sur toi n’était pas vrai. Et depuis que je te lis sur face de bouc, tes écrits et ceux de tes amis ont accéléré ma décision de prendre mes distances avec Etienne et son mouvement. Il y a également eu l’attaque du M6R durant laquelle je me suis rendu compte qu’Etienne, bizarrement, cherchait à plus démolir à gauche qu’à construire. Et surtout la découverte d’un grand manipulateur que j’avais pris pour un grand naïf et qui est entouré de conseillers stratégiques aux pratiques douteuses.

      J’ai rejoint les gentils virus en 2012, après les élections présidentielles et les conflits au sein du Front de gauche. A l’époque, je soutenais Corinne Morel Darleux qui poussait pour plus de démocratie et d’écologie au sein du PG, puis qui s’est éloignée des instances dirigeantes. Beaucoup de déçus se sont tournés vers Etienne durant l’été qui a suivi. Je me suis impliqué dans des ateliers constituants et surtout dans la stratégie en rejoignant son entourage, avec mon expérience. J’ai visionné des dizaines de vidéos. Je me suis choisi un pseudonyme, j’ai appris à me servir de nombreux outils informatiques et j’ai participé à la stratégie de contamination surtout vers la gauche au début, puis vers les medias (…).

      Tu ne t’es pas trompé : le but des GV est exactement le même qu’ER, mais pas du tout avec la même vision du pouvoir. Etienne cherche aussi à réconcilier les opposants radicaux de gauche et de droite au système politique actuel, d’où son amitié avec Soral et Marion Sigaut. Il croit avec Soral et Dieudonné que les juifs ont soutenu l’ascension d’Hitler avec le but de créer Israël et de fonder l’union européenne. Ça revient souvent, mais c’est très discret. C’est un peu l’autre cause des causes. Il partage avec Marion et Blanrue la même haine de la révolution française et de tout ce qui s’est produit depuis. En fait, il rejette en bloc la modernité.

      Ils ont beaucoup de points communs mais la grande différence, c’est que Soral dit tout haut ce qu’Etienne pense tout bas. Etienne est très prudent, Soral pas du tout. Etienne est obligé de faire attention à ce qu’il dit parce que les antifas le scrutent et le dénonce à la moindre occasion en montrant ses contradictions. Au début, je trouvais ça dégueulasse parce que seul comptait pour moi le message d’Etienne, celui d’une assemblée constituante tirée au sort. Je partageais l’idée que les antifas étaient les idiots utiles du système (Etienne et Soral vont même jusqu’à penser que certains d’entre vous sont financés la NSA). Reconnais Yannis, que certains de tes copains avec leurs fumigènes et leurs torches incandescentes ressemblent plus à des skins qu’à des démocrates. D’ailleurs, ils portent les mêmes vêtements que leurs ennemis, écoutent le mêmes genre de musique, utilisent parfois les mêmes procédés dégueulasses. Tu dois comprendre que c’est facile ensuite pour Etienne et son entourage de vous discréditer. En plus, certains de tes amis mélangent tout : le Monde Diplo et ER par exemple, c’est ridicule et ça nous a souvent aidé pour nous défendre. Nous aussi, on scrutait chacun de vos dérapages. On notait sur un wiki toutes vos exagérations pour mieux les ressortir en contrefeux. Cette veille servait aussi à ER grâce à la double-appartenance de plusieurs GV très actifs.

      En 2013, Je scrutais ton blog quand tu as publié contre Etienne, j’ai même essayé de poster des commentaires que tu as sans doute effacé. La polémique avec toi et les grecs nous a fait un peu de mal au début, mais ensuite la position de victime d’Etienne, victime de « la censure », s’est retournée en notre faveur et nous a permis de continuer à développer nos projets. Comme les réunions publiques devenaient de plus en plus difficiles à organiser à cause des alertes antifas, et surtout comme on n’avançait pas assez uniquement avec ce genre de rencontres, on a redoublé d’effort pour arriver à faire passer Etienne à la télé. On s’est organisé pour poster énormément de demandes sur le site de France 2, pour l’émission CSOJ et ça a fini par marcher en septembre dernier. On peut dire que ça a beaucoup relancé Etienne. On était comme devant un gisement de pétrole dans le désert. C’était le branle-bas de combat pour accueillir plein de nouveaux GV. Je suis monté en grade et j’ai vu de plus en plus de choses dans l’entourage d’Etienne.

      Ce qui m’a le plus marqué, c’est ce qui s’est passé quand les medias du système ont commencé à reparler d’Etienne, mais en mal. On se disait : vaut mieux ça que rien. Et puis c’était normal. Mais c’est là que les théories du complot les plus délirantes sont revenues et qu’Etienne et quelques autres ont fait systématiquement le parallèle avec le traitement que subissaient Le Pen, Soral et Dieudonné. Il se comparait à eux et à d’autres et prétendaient qu’ils n’étaient pas une menace, qu’on était tous sur le même bateau, qu’on voulait à peu près la même chose avec quelques différences mais que l’idée de base était la même.

      (…) Dans son entourage, les opinions politiques étaient à peu près celles-là :
      1) abstention
      2) FN
      3) UPR
      4) Nouvelle Donne
      Contrairement à ce qui est dit publiquement, notre principal ennemi est le Front de Gauche qui, ayant rejeté Etienne, doit être boycotté au profit de ses concurrents directs : surtout Nouvelle Donne et l’UPR (Etienne a été invité à leurs universités et plusieurs de leurs cadres sont des GV). C’est aussi pour ça qu’on a infiltré le M6R : d’abord pour diffuser nos idées, mais aussi pour contrer le PG et le FDG. En privé, certains disaient qu’il fallait venger Etienne et perturber leur projet. Pas seulement essayer de contaminer. C’est là que je me suis dit que c’était bizarre de vouloir autant démolir ce qui se faisait à gauche. A force, j’ai compris qu’on servait d’autres intérêts.

      Le FN, c’est le grand débat parmi nous. En privé, beaucoup pensent que si le FN arrive aux affaires, ça sera mieux pour la cause. Oui, ça peut sembler bizarre, mais beaucoup le croient. En plus, comme tu l’as relevé dans une vidéo de septembre dernier, Etienne croit dur comme fer que le FN est à gauche et qu’il n’est pas du tout un danger. Dans l’entourage d’Etienne, tout est bon pour se débarrasser du pouvoir UMPS et d’un Front de Gauche/M6R qui ne veut pas de nous.

      Tu dis aussi que le discours d’Etienne et certaines de ses références envoient du monde vers l’extrême-droite, tu as raison, mais pas pour les motifs que tu crois. Ce n’est pas des gens qui adhèrent vraiment aux idées du FN, mais qui se disent, de plus en plus nombreux, que c’est le seul moyen pour sortir de l’impasse actuelle. Ce n’est pas un vote d’adhésion au FN, mais un vote de lassitude contre tous les autres et parce que l’UPR et Nouvelle Donne ne pèsent pas assez pour servir le même calcul. (…)

      Cette dérive m’a beaucoup frappé. Ce n’est peut-être pas une dérive d’ailleurs, car avant je n’étais pas aussi bien placé pour savoir vraiment quelles étaient les stratégies.

      Parmi ces stratégies, il y a aussi celles qui visent des personnalités, surtout à gauche et aussi les artistes, les intellectuels, les gens qui passent à la télé et les documentaristes. On fait la liste des gens qu’on veut cibler, on cherche qui parmi nous les connait. Et quand, il n’y a personne, certains d’entre nous se rapprochent d’eux, en agents dormants, pour les convaincre progressivement. Parmi ceux qu’on vise le plus en ce moment, il y a André Bellon, de l’association pour une constituante, Raoul Marc Jennar, en profitant de sa déception et de la proximité de l’anniversaire du 29 mai 2005, et pas mal d’autres personnalités que je peux te retrouver (j’ai une liste qu’on avait faite). Tu remarqueras qu’avec Ruffin, Gabriel Rabhi et Thierry Kruger, cette méthode a très bien marché.

      Justement, c’est quand tu as essayé de convaincre Kruger de changer d’avis, le 18 mars, que ton compte face de bouc a aussitôt été bloqué, en quelques minutes, interrompant votre conversation et protégeant Etienne. On a pas mal de monde qui touche en informatique et qui sait très bien utiliser les réseaux, et on mobilise aussi beaucoup de GV aguerris pour intervenir très vite là où on nous le demande, en particulier sur des forums et sous des articles, surtout ceux qui critiquent Etienne, ceux du M6R, de certains médias avec des mots-clés qu’on recherche : démocratie, constitution…

      Pour ce qui t’est arrivé en 2013 : les cyber-attaques contre ton site, les calomnies, ça me semblait de bonne guerre. Tu l’avais cherché en rejetant Etienne avec tes amis grecs. (…) Mais cette fois, ce blocage de ton compte, je ne l’ai pas accepté. J’ai vu ton film il y a quelques temps et surtout je te lis depuis que tu es arrivé sur face de bouc. (…)

      Tu es également suspecté d’avoir écrit ou organisé l’écriture de l’article en 10 points contre Etienne sur les confusionnistes en Europe et d’avoir compliqué son voyage en Grèce il y a quelques jours. Etienne parle d’acharnement, il te traite de fou-furieux. Donc tu peux comprendre que tu sois entouré de trolls qui regardent de près ce que tu fais et essaient parfois de te déstabiliser. En t’attaquant à Soral et Dieudo, tu as vu ce que ça donne aussi. Plus tu es offensif, plus ils se vengent.

      J’aimerais bien te rencontrer pour parler de vive voix avec toi. (…) Mais ne compte pas sur moi pour raconter tout ce que j’ai vu. Je crois encore que l’idée d’Etienne est bonne, mais je ne crois plus du tout en sa façon de procéder ni à ses alliances. En plus, il est entouré de gens très malsains qui fonctionnent de façon sectaire et qui, contrairement, à ce qu’ils racontent, adorent exercer du pouvoir en manipulant les gens. En fait, la manipulation est au cœur du projet. C’est bien ça le problème, et l’anonymat, les pseudos n’arrangent rien.

      Méfie-toi d’un GV en particulier sur face de bouc. Il se fait appeler Anthony rêveur. Tu ne le connais pas, mais lui te connais bien. Il n’est pas dans tes amis, mais d’autres le sont pour lui. C’est un des GV les plus proches d’Etienne. Il est tout sauf un ange, contrairement à son avatar. Si tu vas voir, tu remarqueras peut-être dans ses amis les gens d’ER, Etienne et surtout ceux qui sont les anciennes et prochaines cibles : Gabriel Rabhi, Kruger, Bellon, Jennar. C’est comme ça que ça fonctionne : on contamine au niveau des idées mais aussi en créant du réseau, des liens qui vont d’un bout à l’autre et qui finissent par faire tomber les barrières. Par contre, toi, bien sûr, tu n’es pas suivi pour ça, plus d’espoir de te retourner (…) mais uniquement pour essayer de te discréditer. Tu peux trouver, par exemple, une copie d’écran de ton engueulade avec un certain David Beaunier dans laquelle Anthony souligne que tu lui as dit « ta gueule » alors qu’il te demandait des informations. Ce que Anthony ne dit évidemment pas, c’est que tu venais de retrouver ton compte bloqué par son réseau, d’où ta colère et que David, dans la première partie de son commentaire, vous critiquait. Un autre a copié la couverture provocatrice d’un de tes livres et des poèmes je crois. (…) Les autres proches d’Etienne sont également très malins sans parler d’Etienne qui est un grand manipulateur alors que la plupart des gens le croient dans sa bulle et naïf. Pardon de te le dire, mais je n’ai pas l’impression que ce soit le cas des antifas, du moins à ce que j’ai vu. Mais comme la plupart sont anonymes, en fait, je ne sais pas vraiment qui ils sont, mais je trouve qu’ils s’y prennent très mal, désolé. En plus, vous donnez l’air d’être très peu nombreux.

      (…) Le succès d’Etienne est également dû à la nullité de la gauche et à l’impuissance des anarchistes. Etienne profite à leur place du rejet de la démocratie répresentative. Je ne cautionne plus ce que font Etienne et son entourage, mais je ne vois pas autre chose en France pour l’instant. Par contre, j’aimerais en savoir plus sur ce qui se passe en Grèce (…). Tu vois, Soral et Dieudo ne souffrent pas des scandales, parce qu’il n’y a pas d’alternative pour l’instant. Tant que ça sera comme ça, vous ne pourrez rien faire pour les arrêter. Si vous voulez les combattre, il faut proposer autre chose. »

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  8. Mon message précédent n’apparaissant pas, je le réitère, en développant un peu mon propos.
    Bien que le texte d’Etienne Chouart ait été reproduit sur librinfo grâce à Limonov , je doute, au vu des commentaires éditoriaux, qu’il ait été lu.
    Néanmoins je vous propose une autre vidéo associée à une lecture sur « Macron et son crépuscule », document particulièrement éclairant sur le véritable pouvoir qui régit nos vies:
    https://la-bas.org/la-bas-magazine/entretiens/Juan-Branco-desosse-Macron (accès libre uniquement jusqu’au 5 janvier).
    Puissiez-vous ne relayer que des opinions fondées (ce qui n’est pas le cas en ce qui concerne François Ruffin)et vous concentrer sur les vrais enjeux actuels qui déterminent la vie de l’immense majorité d’entre nous. N’est-il pas essentiel, vu la gravité de la situation et la surdité, l’aveuglement -en fait l’égoïsme et la cupidité – des pouvoirs en place, de ne pas vous tromper de cible et de combat…?

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    • Merci pour votre commentaire.

      Vous nous demandez de ne pas nous tromper de cible et de combat.
      J’en suis convaincu.
      En dehors de cet article sur François Ruffin, écrit à la suite de son soutien admiratif à Étienne Chouard, article qui bien sûr a pu faire polémique chez certains militants des insoumis, je pense que depuis 2010, année de la création de librinfo, notre média a traité suffisamment de sujets relatant la vie quotidienne des citoyens malmenés par des pouvoirs politiques, qu’ils soient de gauche ou de droite, et surtout par une économie capitaliste fondée sur l’exploitation du peuple au service des puissants.

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      • Sujet autrement crucial aujourd’hui dont librinfo devrait s’emparer :
        les mesures répressives d’un gouvernement vis à vis des GJ par des lois portant atteintes aux libertés fondamentales , une presse aux ordres et ou silencieuse qui tire dans un seul sens et manipule l’information quant aux exactions commises par les GJ . Dernièrement un ancien boxeur fait la une des médias frappant un CRS , la video circule en boucle . Or , une autre video montre qu’il porte secours à un manifestant quelques secondes auparavant et qu’il avait été gazé …D’un autre côté ie commandant du var à Toulon fait chevalier de la légion d’honneur il y a peu frappe un GJ à coups redoublés sans aucune justification Pourquoi n’est-il pas mis en garde à vue ? Rien à dire sur les 246 mutilés hommes et femmes par des tirs de flash ball , défigurés à vie , les 3000 blessés par des grenades d’encerclement , armes interdites ou inutilisées par les autres pays membres de l’UE …les 10 morts dont une vieille femme qui ferait ses volets ….Doit-on payer des impôts pour que la police devienne la milice de L Ferry compte tenu des ses dernières déclarations et de la caste des 1% ? la question mérite d’être posée .

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        • Je partage entièrement votre analyse et je suis favorable pour que librinfo puisse se saisir de ce sujet. Clémentine Autain, député des Insoumis, a parlé de cette violence sur les antennes de France inter, le mardi 8 janvier. Selon elle, le gouvernement est le seul responsable pour n’avoir pas été capable de répondre aux véritables attentes des gilets jaunes.
          D’autre part, elle a pris ses distances avec Ruffin et Mélenchon sur leurs soutiens maladroits à Chouard et à Éric Drouet, tout en soutenant leurs engagements politiques.

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  9. c’est dommage de faire autant de pub à S…L & co… Si les esprits de gauches passent leur temps à se chercher des points de discriminations, à savoir qui à dit quoi de qui et quand… on ne sort pas du vieux système de pensée ou les idées et les réflexions ont moins d’importance que ceux qui les expriment, et où l’important est la personne et sa posture. Ne faudrait-il pas que les pensées qui ont un intérêt soient dissociées de ceux qui les formulent ? Que chacun s’en empare et les confronte, les repense, etc.. et arrête de se combattre par maitres penseurs interposés ? Débattre sue le fait que untel ou untel confonde la pensée de certains avec leur opportunisme ne nous fait pas plus réfléchir, que perdre notre temps.

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  10. Message à un ou une certaine « milou@gmail.com.

    Suite à un commentaire, j’ai voulu répondre directement à cette personne via son adresse email.
    Cette adresse ne fonctionne pas.

    Voilà le message que je lui ai adressé :

    Il m’est difficile de parler à un fantôme.

    Merci de me donner votre identité.

    J’aime bien parler en toute transparence avec des citoyen(ne)s en chair et en os.

    Je n’ai rien à cacher et je débats le visage découvert.

    Gérard Fumex

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