Palazzo delle Aquile, un film documentaire hors compétition

Impossible de n’avoir pas le cœur serré au sortir de « Palazzo delle Aquile ». Même si la fin est en quelque sorte prévisible, malheureusement trop prévisible.
De jour comme de nuit les réalisateurs ont filmé les 18 familles qui, expulsées de l’hôtel qui les logeait provisoirement, ont occupé pendant un mois le Palazzo delle Aquile, la mairie de Palerme, afin de se faire entendre et de se faire attribuer un vrai logement.
Malgré un sujet dur, malgré quelques (finalement rares) plans sur les enfants couchés par terre eux aussi, pas de mièvrerie dans le film de Stefano Savona. De la tendresse, oui, pour ces hommes et ces femmes forcément épuisés- les regards de ceux qui se taisent en disent long.
Epuisés mais assez pleins de sensibilité et d’énergie encore pour disputer et se disputer, pour rire et pour raconter (leur vie, des anecdotes) au fil de scènes savoureuses révélant autant l’humour, la colère et l’impatience que, parfois, l’indécision.
Pas de jugement tranché ni de manichéisme dans ce documentaire, certes. Mais difficile pour le spectateur de ne pas juger ou au moins deviner-avant que le plan final ne le confirme-la manipulation dont ces familles sont victimes. A mesure que le film avance, et bien avant la fin, le malaise s’installe : les conseillers municipaux qui semblent les soutenir au début, et qui paraissent effectivement s’opposer aux discours d’une démagogie qui va jusqu’ au cynisme, non seulement ne tiennent plus le même discours, parlent de « victoire » pour un résultat qu’ils refusaient au début du film (pas de caravane, pensionnat ou container, mais des maisons) ! … Mais les apartés qu’ils tiennent entre eux ne manquent surtout pas de cynisme non plus… Sans parler de l’égocentrisme qui fait lâcher au leader (politicien censé les défendre) un : « Ne ME laissez pas tomber ».
Comment ne pas filmer la détresse dans ces conditions ? Mais le documentaire ne s’appesantit jamais. Avant d’avoir la confirmation que ces familles n’ont pas été plus exaucées qu’elles n’ ont été entendues-par un maire étrangement absent -l’ avant-dernier plan montre deux fillettes, en pleine nuit, en plein Palerme, en train de jouer-jusqu’ au bout les enfants semblent le moins affectés, leur capacité au jeu et au rêve n’est entamé en rien.
Les toutes dernières scènes se passent un an après ce mois d’octobre 2008 à la fin duquel le maire exhorte les familles à quitter le « Palazzo delle Aquile » pour être logées pendant un mois à l’hôtel ; après quoi un vrai logement leur sera attribué. Le dernier plan se situe en plein Palerme, et ce sont les mêmes familles ; sous la tente.

Palazzo delle Aquile est un film documentaire de Stefano Savona, Alessia Porto, Ester Sparatore

Auteur: librinfo74

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