SANTE ET PROTECTION SOCIALE EN DANGER

Dans le cadre d’un partenariat avec les mutuelles de France, nous produisons une série d’articles mettant en valeur la défense de notre sécurité sociale et la primauté des associations mutualistes face aux grands groupes financiers libéraux de l’assurance privée qui ont développé des offres de santé.

Ces articles ont pour objet d’alerter les citoyens sur cette situation et sur la politique
néolibérale des gouvernements successifs qui ont mis, et qui mettent toujours en péril, nos services publics de santé, que ce soit l’hôpital public, les systèmes préventifs de santé dans l’éducation nationale, l’abandon de la médecine du travail…

Cette dégradation délibérée des services public ont pour conséquence de favoriser le système privé de santé et les grands laboratoires pharmaceutiques en montrant que le service public n’a plus les capacités de répondre aux enjeux sociaux de notre société.

N’hésitez pas à vous emparer du sujet en donnant votre avis, des éléments complémentaires d’informations; mais aussi des sujets d’articles ou d’enquêtes que nous pourrions réaliser.

 

 

Le nomadisme des adhérents pénalise le modèle économique vertueux des Mutuelles de France.

Depuis octobre dernier, les adhérents des mutuelles santé peuvent rompre à tout moment leur contrat santé. « Que choisir », l’association de défense des consommateurs encourage cette possibilité. Un son de cloche très différent du côté des Mutuelles de France Unies qui se retrouvent pénalisées par un énorme surcoût de gestion due au nomadisme des adhérents.

 « Aux permanences de Que Choisir à Annemasse ou Annecy, nous avions de temps en temps de personnes qui voulaient changer de mutuelle et avaient été démarchées par une nouvelle » raconte Jacques Wilhelm, en charge des litiges d’assurances à Que Choisir en Haute-Savoie. Souvent « les gens se retrouvaient avec deux contrats et deux montants de cotisations à payer jusqu’à la prochaine échéance, sans comprendre que l’on peut changer d’assurance rapidement pour sa voiture ou sa maison, mais pas pour sa santé. C’était compliqué » raconte encore le militant pour qui ce changement est un plus pour les consommateurs. Jusque-là captifs, ils doivent toujours faire face à « les contrats illisibles avec une augmentation des prix annuel d’environ 4% par an. Plus de concurrence devrait inciter les mutuelles à plus de transparence pour assurer une meilleure couverture à chacun » estime Lauriane Le Menn chargé de mission santé au sein de l’ UFC. Dans cette optique l’association incite chacun à regarder précisément ses besoins en évitant «de choisir la moins chère qui risque d’être vide et la plus chère où l’on croit abusivement qu’il y a tout », dit-elle. Même si trouver, la meilleure couverture adaptée ne reste pas une sinécure, notamment sur Internet, « où il est difficile de faire des comparaisons avec des tableaux de remboursements loin d’être unifiés et difficilement accessibles sans laisser ses coordonnées pour être recontacté » regrette Laurianne Le Menn qui conseille de regarder avant tout le taux de redistribution des mutuelles qui varient de 88% à 69% !

 Un nomadisme préjudiciable pour les mutuelles de France

Les mutuelles de France elles, ont un taux de redistribution de 88 % mais malgré ce très bon point elles craignent quant à elles que ce changement au niveau de la résiliation du contrat entraîne un grand nomadisme des adhérents qui peuvent désormais radier leur adhésion à tout moment « Cela crée des consommateurs qui ne viennent que pour consommer et non pas adhérer comme chez nous. Cela casse toute forme de solidarité dont est porteur l’esprit de notre mutuelle, le bien portant qui aide le malade et le plus jeune et le plus ancien» estime François Balay, président d’Alternative mutualiste, la voix « politique » des mutuelles pour la défense de la Sécurité Sociale « qui dans l’esprit de la résistance qui l’a créé est à l’inverse de l’individualisme ambiant » explique le président.

Même réticence de Jean-Jacques Verchay président de la mutuelle de France unie qui estime que déjà la rotation des adhérents est plus rapide aujourd’hui qu’il y a dix ans « notamment au profit de grands groupes qui ont les moyens de faire de la publicité.  La mutuelle redistribue à 82 % mais ça peut descendre à 55 pour certains assureurs
Les assureurs peuvent appliqués les prix qu’ils veulent en fonction des individus donc si on est en bonne santé ou si on a d’autres contrats on peut bénéficier d’une baisse de cotisation
Les frais de gestion sont beaucoup plus important sur un contrat entrée de gamme que sur un contrat haut de gamme puisque que le coût de gestion est supporté par une assiette de cotisations plus importante 

Nous nous avons des frais de développement, des agences, des conseillers. Ces frais d’acquisition se montent entre 800 et 1 000 € par adhérent. Ce sont des chiffres vérifiés au niveau national. Si l’on doit les amortir sur une période plus courte, pour les adhérents fidèles cela se traduit par une augmentation des frais de gestion donc un coût plus élevé » craint-il.

Choqués par cette idéologie libérale, « où le consommateur doit avoir un service au coût le plus bas possible, mais l’on a vu ce que cela donnait dans l’alimentation » soulignent les représentants mutualistes, ils rappellent que la mutualité ne fait aucun bénéfice et qu’au-delà des frais de gestion tout passe dans la protection des adhérents.

Annick Mossaz

 

Un manque de moyens criant pour la prise en charge psychologique des jeunes

La Covid a un effet massif sur l’émergence de problèmes psychologiques chez les enfants et les jeunes adolescents comme le témoigne Morgane Baudais, pédopsychiatre au centre médico-psychologique (CMPI) du Val Vert à Seynod.

Morgane Baudais, pédopsychiatre

«La Covid a créé une vague psychiatrique majeure, du côté des enfants et des jeunes, aussi» témoigne Morgane Baudais, pédopsychiatre aux centres médico-psychologique infantile (CMPI), deux unités d’accueil en ville de l’hôpital d’Annecy l’une basée à Seynod (Val Vert) et l’autre à Epagny Metz-Tessy (Sextant dans le Park Nord), « Nous aurons en 2021, deux fois plus de demandes qu’en 2019 » témoigne la jeune médecin

Ainsi ces unités accueillent pour moitié des jeunes enfants à partir de 2 ans et des adolescents entre 11 et 18 ans qui viennent, soit spontanément avec leur parents, soit par l’intermédiaire de l’école ou les services sociaux .«La Covid a augmenté leur stress, a accentué le sentiment de solitude et la peur globale » souligne-t-elle en constatant « quatre fois plus de troubles anxieux qui peuvent avoir un impact important, notamment à l’école. Elles sont le lit de phobie scolaires, qui représente une demande sur cinq » dit-elle ».

Les troubles anxieux à l’adolescence, exacerbés par le covid, Souvent la Covid agit comme révélateur d’une insécurité plus profonde souvent lié à l’attachement, au sentiment de sécurité qui se joue au niveau familial. «Avec nos patients les plus jeunes, nous travaillons sur le lien parents-enfants.

Pour les adolescents, le principe de psychothérapie individuelle et de groupe nous paraît plus adapté, avec une approche corporelle pour les sécuriser et, apaiser leurs angoisses » souligne-t-elle. Pour répondre à l’explosion de la demande actuelle, le service a besoin de bâtir une équipe pluridisciplinaire afin de proposer un suivi ambulatoire complet moins lourd que l’hospitalisation.

Le service espère être retenu par l’ARS dans le cadre du financement des « 1000 jours », un appel à projets lancé par le ministère.

L’objectif, si le projet est accepté est « d’avoir, dès 2022, une réponse la plus efficace pour répondre à l’angoisse de ces jeunes ».

Annick Mossaz

 

Rencontre avec Morgane Baudais, pédopsychiatre

Suite à l’article d’Annick Mossaz, nous avons réalisé un série d’interview filmées sur la vague psychiatrique qui touche principalement les jeunes en 2021, la demande de moyens supplémentaires pour faire face à cette augmentation alarmante de souffrances psychiques révélées par le covid , le rôle d’une pédopsychiatre au sein d’un CMPI ( centre médico-psychologique infantile)et les objectifs d’un CMPI.

 

Vague psychiatrique en 2021 dont les jeunes sont victimes

 

Demande de moyens thérapeutiques supplémentaires au ministère de la santé sous forme d’appel à projet

 

Rôle d’une pédopsychiatre au sein d’un CMPI

 

 

Auprès de l’association « Passage », des jeunes filles trouvent une réponse à leur mal être

 

Les éducatrices de l’association « passage » font un important travail auprès de jeunes qu’elles accueillent dans leur local situé av. de Chevêne près de la gare d’Annecy.

Un lieu où les jeunes se retrouvent en confiance et libèrent leur parole.

 

 

Face au covid, des rencontres santé pour aider à réfléchir à une autre société

 

Fidèle à sa démarche d’éducation populaire, la Mutuelle de France Unie, a pris l’initiative d’organiser des rencontres santé sur le thème ”Covid19, Que faut-il en retenir”. Ceci, dans le prolongement des rencontres santé de 2019 sur la ”malbouffe” dont nous avions animé les tables rondes avec la diffusion de nombreuses interview

Ce 8 octobre, à Saint Jorioz, la MFU accueille un public désireux de s’informer sur les effets néfastes du covid19 dont les différentes populations, aussi bien adultes que jeunes, ont été les victimes.

Deux tables rondes ont réuni un panel d’intervenants qui, grâce à leurs expériences de terrain, ont pu répondre aux attentes du public .
Arnaud Chiche, médecin anesthésiste-réanimateur, président du collectif ”la santé en danger”, Gérard Filoche, ancien inspecteur du travail, Yvan Perez, secrétaire UD CGT74, Yves régent du Secours populaire, Juliette Duquesnes, journaliste, Agnès Demeyrier, de « Espace femmes », Laurence Marx, enseignante au Lycée Fauré et Nicolas Fieulaine, chercheur en psychologie sociale.

La présence de nombreux stands d’associations  souligne l’intérêt que porte la mutuelle sur l’énorme travail bénévole que ces militants de la société civile développent sur les champs de la solidarité, de la santé, et de l’environnement.

 

 

 

Étaient présents le « secours populaire, la « Fédération Nature Environnement », « La Ruche qui dit oui », « Colocaterre », « Réseau environnement santé », « espaces femmes », « LCE », « vétérinaires sans frontières, » Hélène Alter santé naturelle », « Alternative mutualiste », la revue « Bonne santé », la Fnath, « Union souffrance et travail », « Mutuelle de France Unie » et « librinfo74/AAPLE ».

 

Une parole libérée sans tabou

Jean-jacques Verchay

Le choix des intervenants a permis de découvrir la réalité brutale vécues par les soignants, qu’ils soient médecins, infirmiers ou infirmières, aide soignants, psychiatres ou psychologues. Une réalité confrontée à la réalité économique vécue par Yves Sergent du Secours populaire et expliquée par Henri Sterdyniak, économiste ”atterré”.

La journée fut présentée par Jean-Jacques Verchay, président de la MFU.

Juliette Duquesne

Puis, Juliette Duquesnes, journaliste indépendante, situa l’origine du covid 19 principalement par la perte dramatique de la biodiversité.

 

 

 

Arnaud Chiche

La première table ronde donna la parole à Arnaud Chiche,  à la parole brute de décoffrage, qet ui ne mâcha ses mots pour dénoncer la gestion gouvernementale catastrophique de la pandémie qui enfonça le monde soignant dans une crise épouvantable.

Le monde du travail ne sera pas épargné confronté aux différentes mesures gouvernementales prises à l’aveuglette face au virus.

Gérard Filoche

Une réalité décryptée par l’ancien inspecteur du travail, Gérard Filoche qui explique « qu’à tout point de vue, on assiste à une razzia de tous les moyens des salariés pour se protéger, s’organiser, et de résister à l’aggravation des souffrances au travail.

Un constat partagé par Yvan Perez, secrétaire UD CGT 74, avec le développement du télé travail, qui isole le salarié, le met dans l’impossibilité de se faire aider par des délégués du personnel et syndicaux dont le nombre à été drastiquement réduit par les nouvelles lois du travail mises en place par le gouvernement.

 

Yves Régent

En écho, les différents représentants du mode associatif insistèrent sur le développement de la précarité dû au Covid, une réalité décrite par Yves Régent du Secours populaire difficile à vivre pour les bénévoles : « Alors qu’il est déjà difficile de répondre à la demande pour 420  personnes en une semaine, vous réalisez la difficulté qui fut la nôtre pour assumer, trois semaines plus tard,  entre 2600 et 2800 personnes. »

 

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Agnès Demeyrier

Agnès Demeyrier, explique que son association, ”Espace femmes” , est devenue un refuge permettant à de nombreuses femmes de se protéger des violences de leur conjoint pendant le confinement.

Laurence Marx

 

Laurence Marx, professeur BTS au lycée Fauré, a rappelé que enseigner à distance n’a pas, tant s’en faut, la qualité de l’échange avec les étudiants.

 

 

Anne Lassman-Trappier

Si pour Anne Lassman-Trappier de la FNE, le confinement a eu l’immense avantage de bénéficier d’un air pur par la quasi absence de trafic automobile, cependant elle  regrette le côté très négatif du développement du « icommerce », avec le trafic des véhicules de transport et la consommation d’espaces naturels pour construire les immenses entrepôts de marchandises industrielles, comme ceux d’Amazon.

 

 

 

La deuxième table ronde permit de tirer des enseignements pour l’avenir

Nicolas Fieulaine

Nicolas Fieulaine, chercheur en psychologie sociale, regrette qu’on ait pas profité de ce moment pour organiser un autre rapport à la santé en la finançant correctement et mettant en valeur de nouveaux comportements de prévention. « La difficulté vient des politiques publiques et non de la simple motivation individuelle ».

 

Mélodie Rassat

Mélodie Rassat, psychologue clinicienne, a observé que des parents on découvert leurs enfants. « Souvent pour eux, ils les assimilaient à un bien de consommation comme avoir une belle voiture, un chien, un enfant…! » Ils ont pu aussi mesurer la difficulté d’enseigner à leur enfant et comprendre le discours de la maitresse que leur enfant avait besoin de soutien. » On peut espérer que ce nouveau rapport avec leur enfant leur permettra d’être beaucoup plus attentif à ses besoins réels.

 

Marie-Paule Thollon Behar

Marie-Paule Thollon Behar, docteur en psychologie et formatrice petite enfance, a pu constater les effets catastrophiques pour les jeunes enfants dans les crèches prioritaires qui perdaient l’apprentissage du langage avec le port du masque des éducatrices et l’absence de matériels éducatifs à cause du covid.

 

Joël Spiroux de vendômois

Joël Spiroux de Vendômois, docteur en médecine et spécialiste du génie génétique, est atterré que l’on continue à fermer des lits d’hôpitaux après avoir vécu la crise sanitaire. Il tient à modérer l’impact du nombre de morts par le covid en rappelant « qu’on a eu 110 000 morts du covid en 18 mois, alors que chaque année 165 000 meurent de cancers, et que l’on déplorent 360 000 nouveaux cas de cancers tous les ans. C’est inacceptable. »

Ce médecin souligne les effets des agents extérieurs sur le santé humaine que sont la « malbouffe » et les perturbateurs endocriniens qui diminuent notre système immunitaire. La solution sera de créer un vrai système de santé pour diminuer le coût social, financier et les souffrances des citoyens.

Henri Sterdyniak

Henri Sterdyniak, économiste atterré, souligne que la crise sanitaire n’a pas affecté l’économie française. « Fin 2022, on aura récupéré la situation économique d’avant crise, ce qui retarde la prise de conscience véritable rupture de notre modèle économique capitaliste ».

Pour cet économiste, le choix ne sera pas de continuer « comme avant » en développant un capitalisme technologique « vert », mais en instaurant les mesures radicales d’une certaine décroissance, d’une sobriété de consommation des biens manufacturés, pour sauver notre planète bien malade.