Le monde n’est jamais nu.

Le monde n’est jamais nu, chacun l’habille à sa manière et nul ne peut prétendre percevoir les choses « telles qu’elles sont ».

Mais il est vrai que la première des croyances et la plus répandue est celle qui affirme qu’il y a une « réalité », c’est-à-dire une perception d’ensemble qui serait plus vraie que les autres, voire qui devrait s’imposer à tous. Là, nous sommes non seulement dans la croyance mais déjà dans le fanatisme.

La beauté du monde dépend de la liberté et, disons-le, de la fantaisie avec lesquelles chacun de nous se l’imagine puis montre aux autres sa représentation, car il ne s’agit pas de s’enfermer dans sa propre poésie mais bien de l’exprimer et de multiplier ainsi les facettes d’un monde aussi riche d’apparences qu’il est infini de visages humains.

Souvent des groupes d’hommes vivant  dans la même région et à la même époque ont des ensembles de représentations communes. Ces ensembles communs constituent ce que nous appelons des cultures. Elles déterminent non seulement une vision du monde mais tout ce qui en découle, des valeurs morales et esthétiques, des façons de vivre.

En fait, les hommes se racontent ce qu’ils sont et décrivent les lieux qu’ils habitent dans des récits qu’il se transmettent les uns aux autres, d’une génération à l’autre.

Ces mythes sont les images au moyen desquelles  ils prennent conscience d’eux-mêmes et expriment leurs désirs. Ils peuvent prendre la forme d’une religion ou d’une idéologie et, toujours, ils sont les œuvres des humains qui sont leurs propres créateurs, leurs propres poètes.

Plus les différences sont nombreuses et profondes plus est grande  la richesse de l’humanité.

Ainsi, tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles si chacun était disposé à jouir sans limites de cette créativité.

Les cultures sont différentes mais aucune n’est supérieure à une autre  pour la bonne raison que les valeurs jamais ne transcendent les cultures. Toute valeur appartient à une culture particulière et ne peut servir à juger du meilleur ou du pire qu’à l’intérieur de cette culture et dans les termes du mythe commun.

C’est ainsi que parfois se produisent de grands malheurs quand des individus appartenant à une culture ne sont pas informés qu’il en existe d’autres ou refusent de l’admettre. Ils pensent alors pouvoir tout juger selon les normes d’un récit qu’ils croient unique et qui déterminerait la « réalité » ou la seule vérité.

C’est ce qu’on appelle l’ignorance ou l’inconscience.

Aucune culture n’est supérieure à une autre, aucune religion n’est inférieure à une autre mais les hommes sont parfois très limités et, alors, ils peuvent, tellement ils ont peur de ce qu’ils ne connaissent pas, vouloir l’exclure ou le détruire.

Auteur: librinfo74

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