EXPRESSION LIBRE : lettre à la présidente de la commission d’enquête publique Autoroute Machilly–Thonon

• Réalisation d’une liaison autoroutière de 16,5 kilomètres entre les communes de Machilly et Thonon-les-Bains (Haute-Savoie)

COÛT 

estimé à 200 millions d’euros

 

Madame la présidente de la commission d’enquête publique Autoroute Machilly – Thonon

Déjà en 1997 et en 2006 les DUP concernant cette autoroute ont été annulées.

Le désenclavement du Chablais proposé a toujours été uniquement par la voie routière. Manifestement nos autorités n’ont jamais pensé qu’on pouvait se déplacer autrement qu’en voiture en Haute-Savoie. Pour cela pratiquement aucun investissement dans les transports publics n’a été effectué et donc on reparle de cette arlésienne du ‘désenclavement du Chablais’ alors qu’en 20 ans il y avait le temps de développer les alternatives à la route en améliorant les liaisons ferroviaires et mettant en place des bus et le covoiturage.

J’ai été contre ce projet d’autoroute depuis le début et le suis toujours pour les mêmes raisons.

 

Le projet actuel est d’autant plus injustifié que le CEVA et le BHNS vont entrer prochainement en service, offrant des liaisons avec Genève plus rapides qu’avec la voiture.

Les sommes investies pour cette autoroute seraient bien utiles pour prolonger les aspects bénéfiques du CEVA et du BHNS alors que – si l’autoroute se réalise – elles vont les contrecarrer et amener à des déficits qui vont s’ajouter à ceux de l’autoroute qui est déjà prévue déficitaire puisqu’il est prévu une subvention d’équilibre de 100 millions d’euros.

Il y a une incohérence à investir de l’argent public dans deux modes de mobilité qui vont entrer en compétition, l’un pour réduire les pollutions, l’autre pour les aggraver. L’autoroute déjà prévue déficitaire, malgré les péages escomptés, mettra en péril les investissements pour les transports publics.

Que faire avec toutes ces voitures dont Genève ne veut pas ? Voir les déclarations de Monsieur Pagani, maire de Genève et l‘avis du Conseil Administratif déposé pour cette enquête. Genève a des obligations légales fixées par la Confédération pour garantir des normes de protection contre le bruit et la pollution de l’air. Elle doit déjà faire face à de gros bouchons et à des pollutions qu’elle veut réduire. Pour cela elle a investi (ainsi que les collectivités françaises !) des sommes considérables.

Elle sera obligée de réduire l’afflux de voitures. Alors à quoi aura servi l’argent investi dans l’autoroute ?

L’accord de Paris sur le climat vise à une réduction des gaz à effets de serre. Ce n’est pas avec une autoroute qu’on réduira l’utilisation des énergies fossiles qui, par contre, va annihiler les effets positifs du CEVA et du BHNS qui seront mis en concurrence.

Quelle est la cohérence de l’État et de collectivités qui investissent dans des moyens de réduction des pollutions et également dans un objectif contraire ?

Comment imaginer qu’un trafic majoritairement pendulaire puisse se faire avec une autoroute ?

Notre territoire est densément peuplé et le devient de plus en plus chaque année. Son corollaire est la destruction d’espaces agricoles et naturels qu’il ne sera pas possible de compenser vu l’exiguïté du territoire. Il y a 10 ans le rapport sur le métabolisme agricole de ce qui est devenu le Grand Genève montrait une insuffisance alimentaire criante de notre territoire. L’énorme afflux de population depuis cette date et celui annoncé pour les prochaines années dégradera encore plus la situation.

Cette autoroute, en supprimant des terres agricoles, accentuera cette dégradation.

 

Nous devons garder les terres agricoles qui restent pour nourrir la population.

Le rapport de l’Autorité Environnementale (AE) émet des avis, tous très pertinents, qui soulignent les déficiences de l’étude d’impact.

Je demande à ce que les manquements relevés par « l’AE » soient réglés. Sinon, ce projet est néfaste pour notre région en termes d’atteinte à la qualité de l’air, la biodiversité, les espaces naturels et agricoles, la fluidité du trafic et le gâchis d’argent public.

 

En conclusion

Nous avons un environnement à préserver et, pour véritablement ‘désenclaver’ le Chablais en ne contrecarrant pas les investissements du Léman Express et du BHNS, l’autoroute ne doit pas être construite.

Merci de bien vouloir prendre en compte mon avis.

Michel Rioche  6 juillet 2018

Auteur: j.c

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3 commentaires

  1. Entièrement d’accord. Voir aussi le mauvais modèle de l’autoroute Annecy/Genève. N’aurait-il pas mieux valu créer une ligne de chemin de fer ou tram, évitant ces parkings de covoiturage saturés à peine créé, montrant ainsi les aberrations de notre département dans ces choix en terme de transport !

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  2. Je suis totalement d’accord avec cette lettre de Michel Rioche.

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  3. Des commentaires comme celui ci, il y en a eu des centaines pour contrecarrer ce projet d’autoroute qui a 40 ans de retard.
    C’est remarquable quand l’on pense au niveau atteint par la propagande du conseil départemental : Pubs dans tous les médias locaux (ou presque !!!), brochures luxueuses à plusieurs reprises dans 23 000 boîtes à lettres du chablais, pubs pour ATMB avec pour acteurs Monteil et Duby-Muller… Tout ça avec l’argent public bien entendu, pour la promotion d’un projet privé en PPP.
    Nous avons un conseil départemental qui raisonne avec un gros moteur diesel à la place du cerveau. Les « petits » élus n’ont qu’à suivre même s’ils doutent ou n’en pensent pas moins de ces projets routiers, ou gare aux mesures de rétorsion… Heureusement que du côté Suisse le soutien est sans faille.
    Et bien sûr, quand l’état demande des économies, que répond Monteil (dans le dauphiné du 26 juin) : On les fera sur la santé, sur la lutte contre la pollution de l’air et sur l’aménagement des gares du Leman express (ex CEVA) !!! C’est limpide.

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