Entre 2000 et 3000 participants à la manifestation joyeuse et pacifique contre la poubelle nucléaire de Bure

C’est une manifestation joyeuse et colorée qui a occupé les rues de Bar le Duc ce 16 juin pour protester contre l’enfouissement des déchets nucléaires à Bure.

L’enfouissement n’est pas la solution.

Selon les représentants  de l’association des élus opposés à l’enfouissement des déchets radioactifs : « Le nucléaire n’a pas d’avenir, il faut l’arrêter au plus vite. Le pognon de dingue investi dans cette industrie mortifère empêche la transition énergétique et les investissements dans les énergies renouvelables. Après ce qu’il s’est passé à Tchernobyl et Fukushima, persévérer avec cette industrie est criminel. Cela met notre pays et l’Europe en danger permanent d’anéantissement. Quel est ce système éducatif qui produit des élites dépourvues du moindre bon sens et niant à ce point la vie humaine au profit d’une science quelles ne maîtrisent pas ? »

 

Environ 150 casseurs se sont invités dans la manifestation

Selon l’AFP, « peu de temps après le démarrage de la manifestation, environ 150 personnes, selon la préfecture, vêtues de noir et cagoulées sont apparues dans le milieu du cortège et ont cassé les vitrines d’une société de BTP et d’une société d’expertise et tagué des murs ».

Devant ces formes de lutte, Jean-Marc Fleury, président de l’association des élus opposés à l’enfouissement des déchets radioactifs, a réagi : « Il y a une façon de lutter qui est la leur. Ils sont cagoulés, ils cassent des vitrines ciblées, on ne peut pas maîtriser tout ça. Je ne suis pas dans l’approbation, je suis dans la compréhension »

Les manifestants dénoncent un état policier incompétent qui ne peut faire face à quelques dizaines de casseurs.

Selon le témoignages de manifestants, « certains CRS nous ont confirmé que des ordres avaient été donnés pour laisser faire les « casseurs »

 

Dans un communiqué, la Préfecture de la Meuse a tenu à justifier ses interventions : « Face à ces exactions, le dispositif de sécurisation de la manifestation a immédiatement été adapté. Les forces de l’ordre se sont déployées pour encadrer les « black blocks », prévenir de nouvelles dégradations et s’interposer en cas de violences… En réponse à ces agressions, les forces de l’ordre ont riposté en faisant usage de bâtons de défense et de containers lacrymogènes. Elles ont procédé à trois interpellations : deux pour des faits de violence sur forces de l’ordre et un pour port d’arme« .

 

Un débat escamoté.

Les manifestants ne décolèrent pas : « Les médias n’ont parlé que de ces casseurs. Les buts de la manifestation s’en sont trouvés éclipsés en particulier celui d’un véritable débat public sur le sujet pour montrer que :

le nucléaire est cher, polluant, dangereux et met à mal notre indépendance énergétique

  • Électricité bon marché ? alors qu’Areva est en faillite, EDF lourdement endettée,
  • Sûre ? potentiellement destructrice – voir Tchernobyl et Fukushima
  • Fiable ? avec des EPR dont les délais de fabrication et les coûts explosent ; des centrales vieillissantes qui augmentent les risques
  • Indépendance ? alors que l’approvisionnement en minerai vient de l’étranger.
  • Pas d’alternative ? L’électricité à base d’énergies renouvelables est possible et déjà moins chèrehttps://negawatt.org/IMG/pdf/synthese_scenario-negawatt_2017-2050.pdf
  • Oui, les mensonges du nucléaire sont nombreux, mais il ne faut pas que la population en prenne conscience. C’est l’art de diffuser officiellement des fausses nouvelles (fake news) que le Gouvernement prétend combattre par ailleurs.Encore une fois le débat sur le nucléaire est passé à la trappe. Dans notre démocratie croupion, le peuple n’a pas voix au chapitre sur ce sujet si important. »

 

Auteur: j.c

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2 commentaires

  1. Bien malin celui qui peut faire le tri entre ceux qui servent ou desservent la cause dans une manifestation, il faut tenir compte de l’histoire de cette lutte dans un contexte général de violence institutionnelle. Et ce n’est pas notre rôle de faire des procès en légitimité.

    Je rapporte ce que j’ai entendu sur le sujet de la violence dans les tables rondes qui ont eu lieu le 16 juin avant la manifestation:
    Jean Marc Fleury, élu et organisateur: « [Suite à l’évacuation violente de la Zad le 22 fév] il n’y a plus de manifestations légale ou illégale, juste des manifestations qui s’additionnent »; « Il n’y a pas d’autre solution parfois que des solutions illégales, parce que nos actions légales ont servi à quoi? »
    et aussi: « Cigeo est une machine faite pour avancer » (allusion à la « Phase pilote » soi-disant destinée à tester « grandeur nature » le stockage, qui coûtera 5,7 Mds. A ce stade d’investissement et d’emprise on entre dans une phase irréversible.)
    George Mercadal, un intitutionnel, membre du comité de pilotage du débat national sur la transition énergétique: « S’il n’y a pas de dialogue, c’est la spirale de la dégradation ».
    Un autre militant: « On en arrive à se mettre en danger parce que l’on a en face de nous des personnes qui ne veulent pas discuter »

    Je relaie par ailleurs le texte commun rédigé par de nombreuses associations après les arrestations du 20 juin:
    Texte commun : « Nous ne laisserons pas Bure devenir la nouvelle affaire Tarnac !
    26 juin 2018 |

    Texte signé initialement par le Réseau « Sortir du nucléaire », Bure Zone Libre, BureStop55, Cedra 52, EODRA

    Mais aussi soutenu par :

    Des organisations nationales :

    ACDN (action des citoyens pour le désarmement nucléaire)
    ADN (arrêt du nucléaire)
    Agir pour l’environnement
    les Amis de la Terre
    Alternative Libertaire
    ATTAC
    Collectif « la fête à Macron »
    Confédération paysanne
    DAL (Droit Au Logement)
    EELV
    Groupe d’Action France Insoumise
    Greenpeace France
    Émancipation tendance intersyndicale
    Jeunes écologistes
    RAP – Résistance à l’agression publicitaire
    Sud-Rail
    SUD Culture Solidaires
    Union syndicale Solidaires

    et des collectifs et associations locales :

    Alternative libertaire Nancy / Les Amis de la Terre Moselle / les Amis de la Terre Poitou / Art Debout / Arrêt du nucléaire Savoie / ASTRE Transition Energ’éthique / ATTAC 88 / BI Lüchow-Dannenberg (Allemagne) / Bure Stop Jura / Bür’s de Colmar / Centre Culturel Autogéré de Nancy / CNT interco 54 / Collectif Bure NDDL de Tours / collectif NDDL Paris IDF / Collectif SDN79/ Comité angevin de soutien à Bure / Comité de soutien Bure de Montmédy / Comité de soutien zad 82 / Comité de soutien à Bure 27 / Comité de soutien Bure Longwy / Comité NDDL beauvaisis / Comité Bure de Poitiers / des occupant.e.s de la zad de Notre Dame-des-Landes / les Engraineurs / France Insoumise en Loire Atlantique / Ligue des droits de l’Homme de Perpignan / Nuit Debout Cergy / RAN (Réveil Anti Nucléaire) / Résistance Terre / Solidaires 54 / Sortir du nucléaire Berry-Giennois-Puisaye / SORTIR DU NUCLÉAIRE 27 / STOP EPR Ni à Penly Ni ailleurs / Stop Golfech

    Ce mercredi 20 juin, le mouvement d’opposition au projet Cigéo à Bure a été frappé par la vague de répression la plus massive que nous ayons jamais connue en plus de 20 ans de lutte. 11 lieux militants, lieux de vie et lieux de travail ont été perquisitionnés, des portes ont été défoncées sans sommation, des militants jetés à terre et menottés, des intimités ont été violées, du matériel et des documents personnels et militants ont été embarqués. 10 personnes de notre mouvement ont été arrêtées. À l’heure où nous écrivons, plusieurs sont encore en garde à vue et nous ne savons pas si elles vont être libérées ou placées en détention (depuis l’ensemble des personnes placées en GAV ont été libérées, 3 d’entre elles sont mises en examen).

    Militant.e.s membres des associations ou sans-étiquette, investi.e.s de longue date ou ayant fait le choix récemment de s’installer sur le territoire pour y vivre : dans leur diversité, les personnes arrêtées ont en commun une forte implication contre le projet Cigéo. Parmi elles, on compte également un avocat de la lutte, qui assistait nombre de militant.e.s. Son bureau a été perquisitionné, suite à quoi il a été arrêté : or comme l’ont rappelé 50 de ses confrères, cette arrestation porte atteinte au droit de défendre et d’être défendu. Il s’agit donc d’un acte extrêmement grave.

    Les chefs d’accusation qui pèsent sur nos ami.e.s sont insensés, amalgamant pêle-mêle : association de malfaiteur, violence en réunion… Ce à quoi rime ce délire, nous le savons trop bien : en réponse aux critiques fondées formulées à l’encontre de Cigéo, à la montée d’une exaspération légitime contre ce projet imposé, les promoteurs du projet n’ont d’autre recours que de saisir n’importe quel prétexte et instrumentaliser des faits isolés pour criminaliser les opposant.e.s. Nous voyons ici se monter sous nos yeux une nouvelle « affaire Tarnac », dont l’objectif est de détourner l’attention des risques réels du projet Cigéo, de construire de toute pièce des suspects et d’affaiblir la lutte. En s’attaquant à des personnes engagées, l’état criminalise celles et ceux qui s’organisent et tente de semer la peur et la division dans les milieux militants.

    En réponse à cette construction politique et policière délirante, nous réaffirmons notre unité et notre solidarité. N’en déplaise aux promoteurs de Cigéo, notre mouvement ne se laissera pas écraser ainsi et nos associations ne plieront pas par peur d’être les prochaines sur la liste.

    Nous constatons qu’il n’est pas anodin que ce coup de force survienne précisément maintenant, quelques jours après la plus grande manifestation contre Cigéo survenue à Bar-le-Duc depuis une douzaine d’années, marquant un renouveau du soutien populaire à l’opposition à ce projet qui révèle de jour en jour son infaisabilité. Alors même que des ateliers devaient avoir lieu cette semaine à Bure pour ancrer la mobilisation dans la durée. Si cette mobilisation – qui prend de l’ampleur- gêne, c’est bien que le gouvernement est aux abois ! L’État réprime aujourd’hui ce qu’il a tenté d’étouffer pendant des années.

    Il n’est pas anodin non plus que la répression frappe alors que la filière nucléaire est en pleine déconfiture, les failles de Cigéo ne faisant que s’ajouter aux retards de l’EPR de Flamanville et aux difficultés économiques d’EDF, qui poursuit sa fuite en avant et refuse de fermer des réacteurs.

    Enfin, cette vague répressive survient alors que le gouvernement, suite à l’expulsion du Bois Lejus et à la vague d’émotion qu’elle a suscitée, a annoncé de nombreuses « consultations » et un débat sur les déchets radioactifs à l’automne. De qui se moque-t-on ? Qui peut prétendre que les conditions du débat sont réunies, alors que des personnes fortement impliquées contre Cigéo sont jetées en garde à vue pendant des jours et blessées dans les manifestations ?

    Nous ne nous laisserons pas intimider. Nous appelons toutes celles et ceux qui se reconnaissent dans cette lutte à dénoncer cette répression et à ne pas être dupes des discours du gouvernement.

    Nous appelons d’ores et déjà à des rassemblements de protestation et de solidarité mercredi prochain 27 juin dans toute la France à partir de 19h pour soutenir nos ami.e.s., les modalités pratiques seront précisées au fur et à mesure.

    • La répression ne nous fera pas taire, nous sommes solidaires !

    • Déchets radioactifs : ni à Bure, ni ailleurs. Ne pas enfouir, arrêter d’en produire !

    • On ne nous atomisera jamais !

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    • C’est un excellent commentaire, tout y est dit.
      Michel

      Répondre

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