En cas d’arrivée massive de demandeurs d’asile : « on ne sait plus faire », déclare le Préfet.

S’il est un sujet d’actualité qui préoccupe au premier chef Jean-Luc Videlaine, Préfet de Haute-Savoie, c’est bien la question de l’hébergement des demandeurs d’asile. : le long entretien téléphonique obtenu aujourd’hui est là pour en témoigner.

« Lorsque nous avons été alertés par le 115 sur  la situation de 6 couples – dont certains avec enfants – qui ne trouvaient pas d’hébergement, j’ai demandé aux forces de police et aux personnes assurant la « maraude » de nous signaler la présence de familles « à la rue ». Aucun signalement ne nous a été fourni. J’en conclue que ces familles ont pu trouver des solutions par leurs propres moyens. »

« Toutefois, pour éviter ces situations, j’ai déclenché le plan froid extrême » – même si les conditions objectives n’étaient pas réunies – afin de dégager 47 nouvelles places, dont 23 sur Annecy. Cette disposition doit pouvoir répondre aux demandes. »

Par contre, devant une arrivée massive de demandeurs d’asile, le Préfet reconnaît son impuissance : « On ne sait plus faire ! » Sur l’éventuel recours à des réquisitions de locaux, Jean-Luc Videlaine maintient son refus initial : « c’est plutôt non ! »

Une autre difficulté inquiète également le Préfet : celle de l’hébergement des populations précaires résidentes localement en cas de « réel froid extrême », car les places prévues seraient déjà occupées par les demandeurs d’asile.

Annecy « attire » les demandeurs d’asile
Pour la Préfecture, outre la spécificité frontalière de notre département, la présence d’un accueil de qualité des personnes étrangères sur Annecy, comme le centre Georges Bonnet, et l’engagement extrêmement actif d’associations humanitaires, encourage l’arrivée massive de demandeurs d’asile. Une analyse que le Préfet préfère tempérer, se félicitant également de l’implication bénévole des associations humanitaires, associations qui assurent une fonction complémentaire indispensable aux services de l’État.

Le Kosovo n’est pas en guerre, mais certains zones sont réputées dangereuses ! (1)
D’une manière plus diplomatique que son Secrétaire Général Jean-François Raffy, le Préfet se pose la question des conditions réellement objectives du statut de demandeurs d’asile des populations issues des Balkans, sachant qu’aucun de ces pays n’est actuellement en guerre. Il en veut pour preuve le rejet de la plupart des dossiers de demande d’asile par  l’OFPRA chargée de les étudier, ceci malgré les nombreux recours qui prolongent parfois le séjour de ces personnes de un à deux ans. Ainsi ces « demandeurs d’asile » deviennent des « déboutés du droit d’asile », susceptibles d’être reconduits à la frontière.
Toutefois, Jean-Luc Videlaine admet que des rivalités, parfois meurtrières, existent entre les kosovars albanophones et ceux d’origine serbe : « Une situation similaire avait été reconnue par la France en Algérie, quand une partie de la population subissait une répression, ne venant pas directement du gouvernement élu, mais du F.I.S. »

(1) : pour bien comprendre la situation, nous vous conseillons de regarder la vidéo de « euronews » sur Mitrovica : http://fr.euronews.net/2009/11/13/mitrovica-la-ville-divisee-du-kosovo/

Auteur: gfumex

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