Comité de ligne…Vous connaissez ?
Vous faites peut-être partie des « Rhonalpins » qui ne connaissent pas l’existence des comités de ligne. Ne vous culpabilisez pas car vous n’êtes pas les seuls.
Pourtant ces lieux sont faits pour vous, usagers des T.E.R (Transport Express Régional) en Rhône-Alpes.
Découvrez les comités de ligne concernant la Haute-Savoie.
Crées en 2004 à l’arrivée de la gauche à la Région, ces 28 comités de lignes, répartis sur les 7 départements, sont des lieux de « dialogue et d’expression des besoins ». Constitués de représentants de la Région, d’usagers du T.E.R, de représentant des collectivités territoriales, des chambres consulaires, et des opérateurs ferroviaires et routiers, ces comités de ligne permettent de consulter les citoyens sur les conditions de transport.
Gérés par un service de la Région Rhône-Alpes, ces comités répondent à une procédure bien huilée. Les différentes remarques, souhaits, propositions sont enregistrées, et la Région décide des suites à donner en assumant ses choix politiques.
Cette Démocratie « participative » se résume à : « les citoyens proposent, et la Région dispose ».

Patrice Fillat, Région Rhône-Alpes, Claire Donzel, Conseillère régionale, Présidente, Philippe ANDAGNOTTO SNCF, Damien BERLIER, RFF
Bien sûr, la Région, responsable du T.E.R., doit « rendre des comptes » justifiant les décisions prises, ce qui donne lieu à des « passes d’armes » parfois tendues, entre le représentant de la SNCF, Philippe ANDAGNOTTO, Claire Donzel, conseillère régionale, très directe dans ses réponses, et les représentants des associations d’usagers.
Ligne Annecy-La Roche- St Gervais et La Roche-Genève : des « points noirs » et des « trains fantômes » !
Le 19 décembre se tenait à La Roche sur Foron le deuxième Comité de la ligne 14 en 2011 : ANNECY/LA-ROCHE-SUR-FORON/ST-GERVAIS ET LA-ROCHE-SUR-FORON/GENÈVE, présidé par Claire Donzel.
Au menu, des plats difficiles à avaler avec le serpent de mer du doublement de la « voie unique », l’infrastructure vieillissante des voies ferrées, un parc matériel roulant insuffisant, un « cadencement »(1) aux conséquences « catastrophiques » pour la Haute-Savoie, la gare de St Martin de Bellevue où les trains ne s’arrêtent plus, et des frontaliers souvent contraints de prendre leur voiture. Heureusement, quelques petites douceurs sont venues détendre l’atmosphère avec l’obtention de l’arrêt du train à Magland et la proposition de la Mairie de La Roche de réserver du foncier pour créer des parking « relais »… à condition « de savoir avec qui discuter », dixit le représentant de la municipalité !
(1) Organisation européenne permettant le départ des trains toutes les heures.
À quand la fin de la voie unique ?
Les récriminations des usagers se heurtent sans arrêt aux limites de circulation de la voie unique, avec la sempiternelle question des croisements.
Un des arguments de la Région pour accélérer le doublement de la voie en Aix et Annecy était l’obtention des J.O 2018… ! Toutefois, Claire Donzel se veut rassurante en certifiant que le projet n’est pas enterré : « La Région s’emploie à remettre le doublement sur les « rails » en invitant toutes les parties autour de la même table ».
Reste à savoir quelles sommes les collectivités publiques et l’État sont prêts à investir quand on clame sur tous les toits que les caisses sont vides ? L’horizon 2015-2020 pour la réalisation des travaux est toujours celui avancé ! Une promesse d’élus ?!
Des frontaliers mécontents.
Les frontaliers tenaient le haut du pavé en critiquant les changements d’horaire dus au cadencement imposé par la SNCF et RFF (Réseau Ferré de France), et les remplacements de trains par des cars, beaucoup moins performants en matière de ponctualité et de sécurité.
Sur la ligne St Gervais/Genève, le cadencement a imposé le premier départ à 6H03. Le deuxième étant à 7H03, l’arrivée à Genève à 9H12 ne permet plus aux frontaliers d’être à l’heure à leur travail, ce qui conduit les gens « à prendre leur voiture » ! De plus, l’alternance « train/car/train » depuis la Vallée de l’Arve renforce cette fuite vers l’auto-routier.
Crise sur le parc matériel
Malgré l’effort de la Région pour augmenter et renouveler le parc matériel, l’année 2011 s’annonce très difficile. Aucun train en réserve ne sera disponible. Le représentant SNCF est très pessimiste annonçant une situation de crise. En 2012, de l’aveu même des représentants de la Région et de la SNCF, les voyageurs vont finir debout dans les fins de certains trajets.
Un réseau ferré vieillissant
Pour ne rien arranger, l’état vieillissant des voies nécessitent des travaux de rénovation entraînant des ralentissements importants, voire des fermetures de ligne entre Annecy et La Roche.
La gare de St Martin Bellevue toujours coupée du monde !
La suppression des arrêts dans cette gare « ne passe toujours pas » chez les usagers. Suppression qu’ils considèrent comme un abandon du service public. La SNCF justifie cette décision par l’obligation d’avoir dû choisir entre Pringy et St Martin pour permettre les croisements à La Roche et Annemasse. Elle envisagera la réouverture de St Martin quand le CEVA (Liaison Corvanin – Eaux-vives – Annemasse) sera terminé. Une réponse qui ne convainc pas Bertrand Curtenat, représentant CGT Cheminots, et qui a une autre proposition : « réorganiser le parcours Valence-Annecy permettra de partir plus tôt d’Annecy, ce qui permettra aux trains de s’arrêter à St Martin ».
Des comités « participatifs » très « techniques »
Sur le papier, ces assemblées sont ouvertes à tous les usagers.
Dans les faits, par méconnaissance ou par choix, peu de citoyens étaient présents à titre individuel, contrairement à la réunion précédente où ils représentaient la moitié des 70 personnes présentes.
Quand ce 19 décembre les citoyens sont en sous-nombre, ce sont essentiellement les représentants d’association d’usagers qui interviennent avec, il faut le reconnaître, une parfaite connaissance des points noirs de la circulation des TER. On assiste ainsi à un dialogue entre les représentants de la Région, de la SNCF, de RFF et des têtes de réseau de la société civile : des personnes qui ont l’air de bien se connaître.
Comité de ligne : une démocratie participative très « encadrée ».
Les comités de ligne sont, de toute évidence, un progrès démocratique, car un dialogue direct s’établit entre les usagers, la Région, et les prestataires que sont la SNCF et RFF.
Cependant, compte tenu de la technicité du réseau ferroviaire, sa maîtrise reste obligatoirement dans les mains de la Région, avec l’apport des propositions apportées par les associations d’usagers.




