Avec le documentaire « De mémoires d’ouvriers », Gilles Perret redonne à la Savoie ses couleurs ouvrières
Le cinéaste Gilles Perret, auteur de « ma mondialisation », de « Huit clos à Évian » ( réalisé avec Patrice Ferrari), de « Walter retour en résistance », présente son nouveau film « De mémoires d’ouvriers » dont la sortie est prévue le 23 novembre.
Profondément attaché à la classe populaire qu’il a côtoyé durant sa jeunesse, le cinéaste a aussitôt accepté la proposition de la cinémathèque des Pays de Savoie de parler de l’Histoire de la classe ouvrière dans les Savoie, en bénéficiant du formidable trésor des documents filmés archivés sur la vie quotidienne des savoyards.
Qui se souvient des patrons de l’entreprise clusienne Crettiez qui, le 18 juillet 1904, ouvrirent le feu sur les grévistes faisant trois morts et cinquante blessés ?
Qui a en mémoire les chantier pharaoniques des barrages de Roselend, de la Girotte, des routes qui ont gravi les montagnes, les immenses complexes industriels de la vallée de la Maurienne avec ses usines d’aluminium, ses fonderies alimentées par l’énergie électrique des conduites d’eau forcée ?
Durant plusieurs décennies, des générations d’ouvriers ont payé de leur santé, et parfois de leur vie, la réalisation de ces immenses projets industriels, sacrifiés sur l’autel du modernisme et du profit.
Qui se souvient des vagues migratoires qui se sont succédées durant tous le 20ème siècle, italiennes, espagnoles, portugaises, slaves, maghrébines, et qui fourni une main d’œuvre docile, peu payée, et accueillie dans des conditions matérielles souvent indignes.
C’est tout cela que Gilles Perret a introduit dans son film sous la conduite érudite de Michel Étievent, historien des luttes sociales en Savoie, et Mimo Faïta, militant Cégétiste, spécialiste de l’histoire syndicale locale. Dans son film, Gilles Perret porte son regard sur des événements trempés dans la vie quotidienne d’une population soumise à des conditions de vie extrêmement rudes, à travers des grands entreprises où l’action syndicale était forte et organisée, principalement autour de la CGT.
Ce film a l’avantage de montrer aux populations de nos deux départements de Savoie qu’une mémoire ouvrière existe. Une mémoire qui nous fait découvrir (ou nous rappelle) les phases épiques de notre développement économique.
Marion Grange de la cinémathèque des Pays de Savoie se réjouit que ces documents soigneusement archivés et restaurés par la cinémathèque retrouvent une nouvelle vie dans ce film :
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Durant cette période, les affrontements de classe furent rudes, particulièrement au début du siècle où un patronat ne faisait pas dans la dentelle, comme nous l’explique Gilles Perret :
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Un film que Jean-Baptiste Callebout, secrétaire de l’UL CGT d’Annecy, a beaucoup apprécié par la vérité qu’il apporte sur la réalité d’une classe ouvrière délibérément rejetée dans les poubelles de l’Histoire par l’arrogance des classes dominantes. Une classe préférant mettre en valeur l’image touristique de nos départements, source d’une économie porteuse de profits juteux, profits dont les salariés, une fois de plus, sont exclus :
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