Mis à jour le 24 octobre à 23h30

C’est un véritable camouflet qu’ont reçu le Préfet et le maire d’Annecy des manifestants qui ont défilé, à leur guise, dans les rues d’Annecy, malgré l’interdiction du Préfet.

Rassemblé depuis 14 h sur le Pâquier, piqué par un froid glacial, le groupe s’est rapidement étoffé pour atteindre 3 000 manifestants, alors que le Préfet avait interdit ce rassemblement.
L’imposant nombre de manifestants s’est imposé de lui-même et le Préfet a dû reculer.
La ligue des droits de l’Homme de Haute-Savoie soutient le mouvement

Christian Chauvet et Régine Galibardy de la LDH 74 tenaient à manifester leur soutien à tous les manifestants présents sur la Pâquier, et en particulier les jeunes qui paient un lourd tribut face aux forces de l’ordre, qui se comportent de plus en plus comme des forces de « désordre ».
La Ligue des droits de l’Homme garde en mémoire tous les actes de violences qui ont touché durablement des citoyens et des lycéens dont le seul « crime » est de demander de meilleures conditions d’étude et des perspectives enthousiasmantes pour construire leur avenir.
La LDH interpelle les pouvoirs publics pour leurs carence envers les jeunes et particulièrement les jeunes de banlieue victimes de harcèlement et de ségrégation.De nombreuses actions en justice sont à l’initiative de la LDH pour faire reconnaître le droit des minorités.
La LDH mène aussi un combat, particulièrement à Annecy, pour défendre l’intégrité des migrants et de leurs assurer une véritable intégration, ce que l’État n’assure pas.
Pancartes, laissant entrevoir l’imagination au pouvoir, slogans, chansons ont donné, à ce rassemblement, un air de jeunesse vivifiant.



Devant le nombre de citoyens présents, on ne pouvait pas s’attendre à un rassemblement bien sage, cantonné par le pouvoir et les forces de l’ordre.
Sans crier gare, un mouvement s’est constitué spontanément sous la seule impulsion des citoyens, en suivant naturellement la promenade du lac le long de l’avenue d’Albigny .
Les policiers interloqués ont dû isoler le quartier.
Le cortège a pris la direction de la cité administrative. La rue étant barrée plus loin par les véhicules de police, les manifestants ont préféré tourner à droite pour éviter tout affrontement avec les forces de l’ordre, et ainsi rejoindre, par un chemin détourné, les nouvelles galerie et l’avenue du Parmelan.
Le souci du Préfet était que la manifestation n’atteigne pas le quartier de Novel-Teppes, zone interdite.
Dans un communiqué, paru en fin de journée, le Préfet a voulu montrer qu’il maîtrisait la situation
Selon la Préfecture, 20 interpellations ont eu lieu en amont à titre préventif.
Lors de la dispersion, le préfet fait état de quelques jets de projectiles sur les forces de l’ordre qui ont conduit à deux interpellations. Interpellations comprises dans le 20 annoncées. Selon la Préfecture, un gendarme a été blessé, mais aucun détail sur ses blessures.
Le préfet se réjouit qu’aucun bâtiment public et commerce n’ont subi aucune dégradation.
Comme pourrait le dire un manifestant : « Tout est bien dans le meilleur des mondes possibles ! »


