La Confédération paysanne 74 prête à intervenir pour empêcher les travaux de l’A412

Le Préfet a signé le 28 août l’autorisation environnementale du projet autoroutier de l’A412

Alors que le projet d’autoroute A412 entre Thonon-les-Bains et Machilly pourrait entrer dans sa phase de travaux, la Confédération paysanne de Haute-Savoie alerte une nouvelle fois sur les conséquences désastreuses de ce projet pour l’agriculture et l’environnement : 180 hectares de terres et de milieux naturels détruits, des fermes directement menacées, des zones humides et des cours d’eau impactés : à l’heure du changement climatique et de la raréfaction de l’eau, la confédération paysanne 74 refuse que l’avenir du territoire soit sacrifié au nom d’un projet d’un autre temps.

La Confédération paysanne 74 a adressé à la presse un communiqué intitulé « A412 : un projet d’un autre temps, qui sacrifie l’avenir »

Dans ce communiqué la confédération paysanne insiste sur l’inutilité de ce projet qu’elle juge anachronique car ne résoudra en rien l’engorgement du trafic entre Machilly et Thonon. Par contre elle : « portera un coup terrible à plusieurs dizaines de fermes, et indirectement à l’ensemble de l’écosystème agricole local dont les coopératives laitières de Brenthonne, de Cervens et à la filière reblochon.

Elle dénonce l’autorisation environnementale signée par le nouveau Préfet  » permettant la destruction d’espèces protégées, ainsi que les débuts de la construction de l’autoroute Thonon-les-Bains/Machilly, ( ce qui) constitue un véritable affront à l’agriculture haut-savoyarde.

Une future catastrophe 

Pour le syndicat agricole, ce projet arrive surtout au terme d’un été marqué par des incendies, des températures insensées et une terrible sécheresse, « qui ont définitivement fait taire, nous l’espérons, celles et ceux qui doutaient encore de la gravité du changement climatique. »

Le fourrage manque, les fruits et légumes brûlent malgré l’arrosage, et notre capacité à assurer l’alimentation de la population est désormais fragilisée.
L’eau manque à un tel point qu’une grande partie du département est soumise à d’importantes restrictions. Le secteur des Dranses, entre autres, est en situation de crise sécheresse, le niveau d’alerte le plus élevé, tandis que le niveau des nappes de l’ensemble du bassin lémanique est extrêmement bas. Nos massifs savoyards ne sont désormais plus à l’abri des incendies de forêt.

Un projet « contre nature » dont « Les porteurs du projet ont une véritable responsabilité politique et morale face à l’incapacité du territoire à faire face aux crises à venir et, plus largement, à répondre aux enjeux de demain. »

 

Les élus locaux et l’État responsables de l’aggravation du réchauffement climatique

Les élus locaux, main dans la main avec l’État, considèrent qu’il serait pertinent de raser 76 hectares de forêt, d’assécher au minimum 56 hectares de zones humides (dont de nombreuses prairies, parmi les milieux les plus résistants aux sécheresses et les plus riches en biodiversité), de mutiler 40 cours d’eau, pour un total de 180 hectares détruits, tout en engendrant des émissions massives de gaz à effet de serre.

Les porteurs de ce projet ont une véritable responsabilité politique et morale face à l’incapacité du territoire à faire face aux crises à venir et, plus largement, à répondre aux enjeux de demain.
Nous comptons sur la justice pour mettre un terme à ce projet qui bafoue un nombre invraisemblable de nos lois et de nos engagements, notamment en matière climatique.

 

Le confédération paysanne prête à s’opposer à l’A412

« Si, toutefois, des travaux venaient à être entrepris, la Confédération paysanne se tiendra aux côtés des opposant·es pour les empêcher », est précisé dans son communiqué.

Auteur: librinfo74

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