Avis totalement défavorable aux projets d’aménagement pour les JO de 2030 dans les Aravis
Dans le cadre de la libre expression, nous publions sur librinfo ce commentaire d’un de nos lecteurs concernant les concertations sur les aménagements pour les JOP de 2030 au Grand Bornand, à Saint Jean-de-sixt et à la Clusaz. Bien entendu, ces arguments pourront être contestés point par point en engageant un dialogue argumenté et respectueux.
Commentaire envoyé par Bernard Teychene
En préambule, il convient de s’interroger sur la manière dont ces concertations sont engagées dans trois villages voisins, tous concernés par un même événement — les Jeux olympiques de 2030 — et par des investissements d’une ampleur financière exceptionnelle.
Tout d’abord : cette concertation peut-elle être qualifiée de démocratique ?
Il convient de s’interroger très sérieusement sur la nature même de cette prétendue concertation.
Une véritable démarche de consultation démocratique ne consiste pas simplement à demander aux habitants de donner leur avis sur un projet déjà largement arrêté. Encore faut-il préciser ce qui pourra réellement être modifié à l’issue de cette consultation, selon quels critères les observations seront analysées et, surtout, dans quelle mesure elles pourront conduire à revoir, modifier ou même abandonner certaines dispositions du projet.
Or, sur ces points essentiels, le silence est pour le moins préoccupant.
À aucun moment il ne semble être clairement indiqué comment les avis exprimés seront pris en compte, qui en fera la synthèse, quelles réponses seront apportées aux observations des habitants et quelles modifications concrètes pourront éventuellement en découler.
Dès lors, on peut légitimement se demander si nous sommes réellement dans une démarche de concertation ou plutôt dans une opération d’information et d’acceptabilité d’un projet déjà largement engagé.
Le sentiment que le projet est désormais trop avancé pour être véritablement remis en cause ne peut qu’alimenter cette impression. Si les décisions essentielles ont déjà été prises, si les investissements sont déjà programmés et si les engagements ont déjà été contractés, que reste-t-il réellement à décider avec les habitants ?
Un autre élément mérite d’ailleurs d’être relevé : la très faible participation à cette consultation. Les chiffres disponibles — environ 50 réponses à Saint-Jean-de-Sixt et une trentaine au Grand-Bornand — interrogent nécessairement sur la représentativité de la démarche.
Comment expliquer une participation aussi faible à une opération qui pourrait engager, pour ces communes, des dizaines de millions d’euros et des conséquences financières pendant plusieurs décennies ?
Il serait trop facile de conclure à l’indifférence des habitants.
Cette faible participation peut aussi traduire une certaine défiance à l’égard de la démarche elle-même, voire la crainte que les habitants qui expriment publiquement des critiques à l’encontre des choix de leurs élus puissent, d’une manière ou d’une autre, en subir les conséquences dans leurs relations avec les autorités locales.
Il ne s’agit évidemment pas d’affirmer que de telles « représailles » existent. Mais le simple fait que certains habitants puissent le ressentir ou le craindre constitue déjà un sérieux problème démocratique.
Dans une véritable démocratie locale, personne ne devrait hésiter à exprimer son désaccord avec un projet public par peur de déplaire à ceux qui le portent.
Les habitants doivent pouvoir poser des questions, contester les choix des élus, dénoncer ce qu’ils considèrent comme des dépenses excessives et demander des comptes, sans avoir le sentiment de prendre un risque personnel en le faisant.
Car au fond, la question est simple : si les promoteurs du projet sont convaincus de son bien-fondé, pourquoi craindraient-ils une expression libre, massive et contradictoire de la population ?
Une véritable concertation devrait donc comporter trois garanties élémentaires :
La transparence totale sur les coûts, les engagements et les conséquences financières
La possibilité réelle de modifier le projet à la lumière des observations formulées
la garantie d’une expression libre des habitants, y compris lorsque leurs avis sont profondément critiques.
Sans ces garanties, il est difficile de présenter cette démarche comme une véritable consultation démocratique. Elle risque davantage de ressembler à une mise en scène de la concertation destinée à donner une apparence de participation à des décisions déjà largement prises.
Pourquoi plusieurs concertations séparées ?
Le choix de présenter ces opérations de manière séparée, village par village, donne le sentiment d’un véritable « saucissonnage » du projet et de ses budgets, alors même que les trois communes relèvent de la même intercommunalité, la CCVT, et qu’elles sont donc directement liées par un même cadre territorial et institutionnel.
Cette présentation fragmentée est d’autant plus surprenante que les projets sont interdépendants et répondent à une logique commune. Elle rend plus difficile, pour les habitants comme pour les contribuables, d’appréhender le coût global de l’opération, sa cohérence d’ensemble, ses conséquences financières et les engagements réellement pris par les différentes collectivités.
Plus préoccupant encore, les modalités retenues pour lancer ces concertations ne semblent pas permettre d’accéder à une information complète, consolidée et facilement compréhensible. Tout se passe comme si la transparence était devenue une variable d’ajustement du calendrier.
On peut dès lors légitimement s’interroger sur la volonté réelle de la municipalité et de la SOLIDEO de présenter publiquement, de manière claire et exhaustive, l’ensemble du projet, son coût total, son financement, les engagements respectifs de chaque acteur et les conséquences à long terme pour les collectivités concernées.
Avant de débattre du bien-fondé de chaque opération prise isolément, il paraît donc indispensable de disposer d’une vision globale, transparente et consolidée du projet olympique à l’échelle des trois communes et de la CCVT.
Il faut également avoir le courage de regarder la réalité financière en face.
Pour quelques jours de compétition olympique, les communes du Grand-Bornand, de Saint-Jean-de-Sixt et de La Clusaz s’apprêteraient à engager, directement ou indirectement, des investissements qui se chiffreraient à près d’une centaine de millions d’euros. Pour des communes de cette taille, une telle somme n’est évidemment pas anodine. Elle mérite, à tout le moins, une information publique complète sur son montant, son financement, les garanties apportées et les conséquences financières à long terme.
Cette question est d’autant plus légitime que ces communes doivent déjà faire face à des enjeux structurels majeurs : une population permanente qui n’est pas en croissance et une activité touristique hivernale confrontée à la raréfaction de la neige et aux conséquences du changement climatique.
Dans ce contexte, peut-on sérieusement considérer comme raisonnable d’engager des dizaines de millions d’euros pour un événement qui ne durera que quelques jours ?
Pour quelques jours de compétition olympique, les communes du Grand-Bornand, de Saint-Jean-de-Sixt et de La Clusaz s’apprêteraient à engager, directement ou indirectement, des investissements qui se chiffreraient à près d’une centaine de millions d’euros. Pour des communes de cette taille, une telle somme n’est évidemment pas anodine. Elle mérite, à tout le moins, une information publique complète sur son montant, son financement, les garanties apportées et les conséquences financières à long terme.
Cette question est d’autant plus légitime que ces communes doivent déjà faire face à des enjeux structurels majeurs : une population permanente qui n’est pas en croissance et une activité touristique hivernale confrontée à la raréfaction de la neige et aux conséquences du changement climatique.
Dans ce contexte, peut-on sérieusement considérer comme raisonnable d’engager des dizaines de millions d’euros pour un événement qui ne durera que quelques jours ?
Et surtout, qui paiera demain ?
Car derrière le terme séduisant d’« héritage », largement mis en avant pour justifier ces investissements, il faut regarder ce que cet héritage pourrait réellement représenter pour les habitants : des équipements à entretenir, des infrastructures à financer, des charges de fonctionnement supplémentaires et, le cas échéant, des emprunts à rembourser pendant des années.
Il serait donc pour le moins surprenant que les résidents permanents comme les propriétaires de résidences secondaires ne soient pas clairement informés des conséquences fiscales et financières susceptibles de découler de ces choix. Si les recettes futures ne permettent pas de couvrir les coûts d’exploitation, d’entretien et de remboursement, il faudra bien trouver l’argent quelque part : dans les budgets communaux, dans l’intercommunalité ou, in fine, dans la fiscalité locale.
On nous parle aujourd’hui d’un « héritage » laissé aux générations futures.
Mais un héritage n’est positif que lorsqu’il apporte davantage de valeur qu’il ne crée de charges.
Sinon, ce n’est pas un héritage : c’est une dette.
Et c’est précisément cette question que les habitants des trois communes sont en droit de poser : combien coûtera réellement cet héritage, qui le financera, qui en assumera les charges pendant les décennies suivantes et quelle part de la facture sera finalement supportée par les générations futures ?
Avant de se réjouir de l’honneur d’accueillir les Jeux olympiques, il serait donc souhaitable que l’on présente aux habitants la facture complète, et pas seulement la médaille.
Car derrière le terme séduisant d’« héritage », largement mis en avant pour justifier ces investissements, il faut regarder ce que cet héritage pourrait réellement représenter pour les habitants : des équipements à entretenir, des infrastructures à financer, des charges de fonctionnement supplémentaires et, le cas échéant, des emprunts à rembourser pendant des années.
Il serait donc pour le moins surprenant que les résidents permanents comme les propriétaires de résidences secondaires ne soient pas clairement informés des conséquences fiscales et financières susceptibles de découler de ces choix. Si les recettes futures ne permettent pas de couvrir les coûts d’exploitation, d’entretien et de remboursement, il faudra bien trouver l’argent quelque part : dans les budgets communaux, dans l’intercommunalité ou, in fine, dans la fiscalité locale.
On nous parle aujourd’hui d’un « héritage » laissé aux générations futures.
Mais un héritage n’est positif que lorsqu’il apporte davantage de valeur qu’il ne crée de charges.
Sinon, ce n’est pas un héritage : c’est une dette.
Et c’est précisément cette question que les habitants des trois communes sont en droit de poser : combien coûtera réellement cet héritage, qui le financera, qui en assumera les charges pendant les décennies suivantes et quelle part de la facture sera finalement supportée par les générations futures ?
Avant de se réjouir de l’honneur d’accueillir les Jeux olympiques, il serait donc souhaitable que l’on présente aux habitants la facture complète, et pas seulement la médaille.
Sur la concertation spécifique au site des confins à la Clusaz
Je souhaite apporter ma contribution au sujet du projet des Confins, en soulignant plusieurs points qui me semblent essentiels pour garantir un aménagement réellement cohérent avec l’identité du site, les attentes des habitants et les impératifs de transition écologique. ( en dehors des petits intérêts personnels et financiers de certains , qui ne voient dans les JO qu une opportunité trop souvent financière pour eux même )
1. Préserver l’esprit du lieu
Les Confins constituent un espace naturel emblématique, apprécié pour son calme, son paysage ouvert et sa valeur environnementale.
Toute évolution doit préserver cette identité, éviter l’artificialisation excessive et maintenir la qualité paysagère qui fait la singularité du site.
2. Assurer une transparence complète sur les impacts
Il est indispensable que les études d’impact environnemental, paysager, sonore et de mobilité soient rendues publiques dans leur intégralité.
Quelques points pour lesquels il est demandé des réponses claires ou une requalification du projet :
Modification de la route d accès, pas de détail ?
Un tunnel au niveau du plateau, totalement inutile , alors qu un auto-pont provisoire et démontable aurait l avantage de ne pas laisser un tunnel en héritage
Projet démesuré de construction d une structure d’accueil pour la période des jeux
Quid du terrassement, où seront « exportées » les terres creusées?
Quid de l avenir du golf qui va être détruit par tous les travaux liés à la production inutile de neige artificielle . On sait parfaitement que le cout futur d’entretien et d’exploitation de ce futur champ de neige artificiel sera déraisonnable , non rentabilisé et surtout soumis aux réchauffement global en altitude .
La confiance des habitants dépend de la clarté sur :
• les coûts,
• les bénéfices attendus,
• les alternatives étudiées,
• les effets sur la faune, la flore et les sols.
3. Prioriser la mobilité douce et la réduction des nuisances
Le site souffre déjà de tensions liées à la circulation et au stationnement.
Le projet doit :
• réduire le trafic motorisé, il est inutile de faire sur le plateau un tunnel et de détruire le golf , une passerelle provisoire et démontable serait suffisante pour la durée des JO .
• favoriser les cheminements piétons et cyclables,
• limiter les nuisances sonores, inutile de détruire l existant et de reconstruire un local de près de 1000 mètres carré exclusivement nécessaire pour la durée des JO.
• éviter toute augmentation de la pression touristique motorisée.
4. Garantir une véritable concertation
La concertation doit être réelle, ouverte et influente.
Les contributions citoyennes doivent pouvoir modifier le projet, et non simplement être “prises en compte”.
Il serait utile de :
• publier les réponses de la mairie aux propositions,
• organiser des ateliers thématiques,
• montrer concrètement comment les avis des habitants orientent les choix.
5. Construire un projet équilibré et durable
Le projet doit trouver un équilibre entre attractivité touristique, préservation du site et qualité de vie des habitants.
Les Confins ne doivent pas devenir un espace sur-aménagé, mais un lieu exemplaire de transition écologique, de sobriété et de respect du paysage.
Conclusion
Je demande que le projet final soit totalement revu avec réalisme et qu’il démontre la volonté des élus de :
• respecter l’identité naturelle du site,
• limiter l’artificialisation,
• renforcer la mobilité douce,
• s’appuyer sur une concertation réellement participative,
• et s’inscrire dans une vision de long terme pour la montagne, que l’on arrête de mettre en avant un heritage inexistant et que ce projet ne soit pas une destruction organisée juste pour satisfaire un évènement de quelques jours.
Je vous remercie de prendre en considération cette contribution


