Dénonçant la version des Roms, la Préfecture les accuse d’agression contre la Police.
Pour répondre à une série de questions envoyée par librinfo à la Préfecture, le sous-préfet d’Annecy, Christophe NOEL DU PAYRAT a pris son téléphone.
Sur l’intervention policière du mardi 6 août à la fermeture de la déchèterie de Vovray où des heurts violents se sont produits, le secrétaire général de la Préfecture conteste la version du témoignage donné par notre média en se référant à la lecture du rapport de police : « À la demande du gardien, trois agents se sont présentés à l’entrée de la déchèterie pour obtenir le départ d’un groupe de personnes occupés à récupérer des objets dans les bennes. À leur arrivée, les agents de la force publique ont été accueillis par des jets d’objets divers et menacés par des hommes munis de bâtons. Pour se dégager, les agents ont dû utiliser des gaz lacrymogènes. Aucun policier n’a sorti son arme de service pour menacer qui que ce soit. »
Je lui ai précisé que des témoins étaient catégoriques sur l’utilisation d’une arme par un agent, précisant qu’une femme s’était interposée entre l’arme et son fils menacé par le policier. Christophe NOEL DU PAYRAT conteste cette version : « Le rapport de police ne fait pas état de ce fait »
On peut se douter que si ce fait était avéré, les policiers ne seraient pas enclins à le citer.
Quant à l’interpellation policière de trois Roms sur le voie publique, la Préfecture considère qu’une palpation est autorisée : « Il ne peut s’agir d’une fouille au corps »
Parole contre parole.
Lors de ces évènements, la confrontation de versions contradictoires est classique.
D’un côté des témoignages non vérifiés par la presse, de l’autre la version officielle de la Préfecture.
Pour découvrir le vérité, la seule solution est que les Roms portent plainte. Une alternative improbable puisque beaucoup d’entre-eux ont reçu une OQTF (obligation de quitter le territoire) et qu’ils étaient en situation illégale sur l’enceinte de la déchèterie.
Une presse frileuse
On peut regretter que dans les éditions du Dauphiné libéré et de l’Essor ce fait a été révélé dans une brève où la seule version de la police puisée à la source a été donnée. La démarche de base de tout journalisme est d’aller demander l’avis des Roms présents, ou des représentants du comité de soutien. La presse ne doit pas être un porte parole d’un quelconque pouvoir, ne serait-ce que celui du collectif de soutien.
C’est ce qu’essaie de faire librinfo, sans avoir la prétention de vous donner une information complète, compte tenu des moyens modestes d’investigation dont nous disposons.


