Un débat « musclé » au sein du Parti socialiste de Haute-Savoie
Si ce début septembre maintient une chaleur estivale, la dégringolade dans les sondages de François Hollande crée une atmosphère automnale au sein du Parti socialiste.
Pour connaître la teneur de la météo socialiste, nous avons voulu rencontrer les dirigeants socialistes haut-savoyards. Claire Donzel, première secrétaire du PS, et deux « économistes », Denis Duperthuy, tête de liste sur Annecy et Georges Constantin, Conseiller Général de Thonon étaient au rendez-vous.
Claire Donzel refuse de qualifier de « délétère » la période que vit le gouvernement et elle confirme que tous les militants socialistes sont là pour aider le gouvernement. Neanmoins, s’ils ne veulent pas « hurler avec les loup » (entendez la droite), ils ne se considèrent pas comme des « godillots ».
Des sondages « manipulés »
Pour Claire Donzel, les sondages relayés par la presse donnent « une vue fausse de la réalité », puisqu’ils ne différencient pas les couches de la population : « Si l’on prend le pourcentage d’opinions favorables dans les couches populaires et de la classe moyenne, François Hollande atteint des scores honorables ». Une affirmation que nous n’avons pas encore réussi à vérifier.
Un congrès verrouillé
Si Claire Donzel se défend de considérer que l’élection du nouveau patron du parti n’est pas « plié », elle reconnaît un certain malaise au sein des militants avec la présence de la motion soutenue par Aubry et Ayraut qu’elle considère « officielle ». Elle ne la considère pas comme « majoritaire » et ne veut pas trop en dire sur l’existence d’une motion « alternative » qui pourrait inquiéter cette motion.
Pour Denis Duperthuy, si le fait que seuls les porteurs de motions peuvent prétendre à la direction du parti pour éviter les luttes fratricides, il considère qu’aujourd’hui cette mesure n’a plus de sens : « Nous devons plutôt définir la place d’un parti majoritaire dans la 5ème République et préciser à la fois les stratégies à mettre en place vis-à-vis des syndicats, de la société civile et les natures de alliances avec les autres partis de gauche. »
Ne pas être un parti « godillot : oui… mais !
Si les trois représentants sont bien sûr unanimes pour refuser d’être une parti « godillot », les nuances exprimées laissent entrevoir des désaccords.
Georges Constantin, qui connaît la musique pour avoir participé à des cabinets ministériels du temps de Mitterrand, considère que le rôle du parti, dans un rapport dialectique, est de faire remonter au niveau du gouvernement les informations lui permettant d’affiner sa politique et de faire preuve de « pédagogie » pour expliquer le bien-fondé des mesures gouvernementales.
Denis Duperthuy a une position différente considérant que le rôle du parti est de rappeler à François Hollande les 60 engagements qu’il a pris auprès des français et de rester « critique » quand la politique gouvernementale va à l’encontre de l’intérêt des classes populaires. Cette attitude critique prend tout son sens aujourd’hui avec la ratification par le gouvernement du pacte budgétaire européen, alors que François Hollande s’était engagé à le négocier.
Les Roms divisent le PS
Sur la question des Roms, les positions sont très contrastées. Si Denis Duperthuy, représentant l’aile gauche du parti en Haute-Savoie, participe au collectif de soutien des Roms et souhaite une réelle intégration des familles par la mise à disposition d’un logement sur un terrain affecté par les pouvoirs publics, par l’accès au travail et à la santé, c’est un tout autre discours tenu par le conseiller général, Georges Constantin.
Comme son collègue, Christian Jeantet, élu à Meythet, Georges Constantin n’est pas loin de la position de l’ancien gouvernement en insistant sur les réseaux mafieux, responsables de la présence des familles Roms sur notre territoire qui seraient, pour la plupart, des profiteurs de nos avantages sociaux. On se rend compte que beaucoup de responsables socialistes n’ont pas pris la mesure de l’enjeu de l’intégration des familles Roms dans notre pays. Georges Constantin aurait même tendance à les assimiler aux gens du voyage.
De son côté, Denis Duperthuy se dit outré par l’attitude de Manuel Valls qui a permis l’évacuation des camps Roms alors que François Hollande s’était engagé à ne le faire que si une solution de relogement était trouvée.
De l’eau dans le gaz de schiste et le nucléaire
On retrouve ce clivage « gauche/droite » au PS sur les thèmes du Nucléaire et des gaz de schiste. Denis Duperthuy est totalement opposé aux développement des Gaz de schiste, quand bien même on aurait trouvé une méthode « propre » pour les exploiter, considérant que tous les efforts financiers doivent être portés sur les énergies renouvelables.
Claire Donzel, plus mesurée, est bien sûr contre l’exploitation actuelle, mais favorable au développement de la recherche dans ce secteur.
Quant au nucléaire, les positions sont moins clivantes. Tous les deux considèrent que la formule maladroite de Montebourg « d’avenir de la filière du nucléaire », s’applique aux démantèlement des centrales et au traitement des déchets, ce qui constitue une perspective de croissance et d’emplois pour les 50 ans à venir.
Le rapport avec la finance et le monde économique reste le clivage central.
Les dernières déclarations de François Hollande sur l’engagement de réduction des déficits et le recours quasi certain, entre autres, à la CSG pour trouver les 105 milliards d’euros d’économie sur les 5 ans de son mandat, définit une ligne de partage avec une partie des militants socialistes, comme Denis Duperthuy, qui demande que les engagements de François Hollande soit tenus en préservant le pouvoir d’achat des couches populaires, garant d’une croissance renouvelée. On est pas loin des positions du Front de gauche même si l’élu annécien trouve les positions « mélanchonistes » par trop excessives et périlleuses.
Interview de Claire Donzel et Denis Duperthuy
Vous pourrez découvrir l’interview de Claire Donzel sur les thèmes du congrès de Toulouse et des rapports avec le Medef et celle de Denis Duperthuy sur le pacte budgétaire, l’austérité, les finances et les Roms.
Pour finir, deux interview croisées sur le nucléaire et les gaz de schiste
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