Occupation illégale du terrain à Meythet par les gens du voyage : « On est pas des voleurs ! »
Un véritable bras de force est engagé entre les gens du voyage et le maire de Meythet.
Sylvie Gillet de Thorey fulmine contre cette communauté évangéliste occupant illégalement le terrain de rugby. Elle veut réquisitionner leurs caravanes s’ils ne paient pas les dégâts. Le ton monte des deux côtés créant ainsi une situation explosive :
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Si le maire de Meythet est dans son bon droit d’exiger l’évacuation des caravanes – décision approuvée par le Tribunal administratif de Grenoble ce jeudi à 11H00 – et le remboursement des frais de dégradation du terrain, elle risque d’exacerber les tensions.
Pierre Ferrari, le représentant de la communauté évangéliste, conteste ses propos :
On est pas des voleurs !
Joint par téléphone, Pierre Ferrari n’est pas d’accord sur le montant des travaux de réhabilitation du terrain : « Le Président du Rugby m’a dit que le gazon actuel était provisoire et que le terrain devait être totalement refait. Le sable stocké sur place était prévu pour cela » . Concernant les accusations de vol du maire, le représentant de la mission s’étrangle : « Que voulez-vous que l’on fasse de ce sable ! On est pas d’ici. Nous avons simplement pris du sable pour l’étendre devant l’entrée afin de combler les parties boueuses. D’ailleurs, les gens de la mairie l’on bien vu ».
Les gens du voyage prêts à s’opposer par la force aux gendarmes.
Pierre Ferrari explique que les gendarmes sont venus hier leur demandant de partir : « Je leur ai répondu que nous partirons dimanche à 14H00 pour aller à Thonon comme prévu. Nous devions rester une semaine à Annecy, c’est ce que nous faisons ». À la question se savoir ce qu’ils feraient si les forces de l’ordre les délogent aujourd’hui, le représentant des gens du voyage répond : « On les attend, et on fera tout pour rester ici, même en employant la force. Qui le fera à notre place ? »
Pierre Ferrari considère que son droit a été bafoué par la Préfecture.
Pour le représentant de la communauté, le terrain d’accueil des grands voyageurs de Charvonnex est inaccessible aux caravanes, qu’il ne possède pas de branchement électrique, et que le responsable national de la communauté évangéliste a refusé de l’avaliser dans un courrier envoyé à la Préfecture. Courrier que le Préfecture dit ne pas avoir reçu.
D’autre part, il a été contraint de partir plus tôt de Savoie : « Nous étions trois missions à Montmélian. Le préfet nous a obligé d’aller à Albertville à nous sommes restés une semaine, la période maximale. Puis nous sommes venus à Charvonnex comme prévu, mais avec une semaine d’avance. Nous avons constaté que ce terrain situé sur une colline était impraticable, et ne comportait pas de point électrique ».
La Préfecture conteste.
Contacté par téléphone, Régis Castro, directeur de cabinet du Préfet, conteste cette version :
« Selon la loi, la Préfecture n’est pas tenue à fournir un branchement électrique, seul le ramassage des ordures est prévu. Nous devions installer deux terrains d’accueil, nous en avons créer quatre : Passy, Thonon, Reignier et Charvonnex ».
Enfin Régis Castro ne se souvient pas avoir reçu un courrier du Président national des communautés évangélistes « Vie et lumière » : « Nous avons reçu le pasteur Veermech en Haute-Savoie, et celui-ci a signé le schéma départemental d’accueil des gens du voyage. (…) Si monsieur Ferrari a été contraint d’arriver plus tôt, il se devait de nous prévenir car nous devons faire respecter le calendrier ».
Une situation explosive.
La tension risque de monter d’un cran aujourd’hui si les forces de l’ordre les contraignent à partir.
À Épagny, des coups de feux avaient été tirés… !


