Annecy expulse une famille Rrom, avec des enfants, par contrainte technique !

Qui a donné l’ordre à la police municipale d’Annecy d’expulser, il y a deux jours, une famille Rrom ? Mystère… !
Interrogé à ce sujet entre deux portes du conseil général, Jean-Luc Rigaut, maire d’Annecy, déclare : « Je viens d’arriver. Je ne suis pas au courant ! »

Rappelons que ces bâtiments occupés par cette famille sont destinés à être démolis pour construire des logements sociaux. (voir reportage sur librinfo : http://www.librinfo74.fr/2011/04/la-chasse-aux-rroms-continue-sur-annecy/)

Pierre-Yves Antras, Directeur de l’office HLM « Haute-Savoie Habitat » responsable de l’opération immobilière, découvre la situation. Antoine Bouchet, directeur des opérations neuves, lui aussi, n’est pas au courant. » Nous sommes chargés de réaliser 30 logements sociaux et très sociaux. Le terrain est toujours propriété de la ville d’Annecy. Elle se charge de la démolition des bâtiments existants donnant sur l’avenue de Cran après avoir obtenu le contrôle amiante obligatoire. »
Pour comprendre ce qui s’est passé, nous avons essayé de joindre Mme Ménager, Maire-adjoint d’Annecy chargé de la sécurité : elle est en vacances.
C’est Anne-Marie Aubry, directrice de cabinet du maire, qui a expliqué les circonstances de l’expulsion : « Comme l’entreprise de désamiantage devait intervenir jeudi à 10H00, la police municipale a procédé à l’expulsion de la famille pour permettre l’intervention de l’entreprise. Cela s’est fait très calmement, sans violence. Dès que les personnes ont été informées du but de l’intervention, elles ont récupéré leurs affaires avant que l’entreprise n’intervienne pour rendre les lieux impropres « .

La version donnée par la famille est que l’expulsion a été moins « douce », et que les propos employés par les policiers municipaux étaient moins « policés » contrairement à la version de la représentante de la Mairie.

Interrogée sur le fait que la police municipale ait à nouveau expulsé la famille du parc du centre Saint François, où elle s’était réfugiée peu après, Madame Aubry a justifié cette initiative en expliquant « qu’un square n’est pas fait pour être occupé ». En même temps, Madame Aubry explique que ce qui l’intéresse, c’est « l’aspect humain », et que la famille a été très « entourée » en amont : « En février, le conseil Général a voulu protéger la jeune fille âgée de 16 ans, mère  du bébé, en lui proposant un séjour de 15 jours pour réaliser une évaluation par un travailleur social. Malheureusement, elle est partie pour rejoindre sa famille ».

Le plus surprenant dans cette affaire est que la mairie essaie de réduire cette intervention à des procédures techniques, qui sont hors de sa compétence, de façon à « gommer » un aspect qui ne serait pas « politiquement correct ».

Le fait qu’aucun élu ne se soit exprimé sur ce sujet sensible révèle un certain embarras, pour ne pas dire un embarras certain. Une observation qui apparaît plausible puisque sur une autre affaire similaire d’expulsion de Rroms par la ville d’Annecy, le scénario avait été identique.

Auteur: gfumex

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