Les « 6 de Savoie » devant la justice : un procès inutile !

8H00 jeudi 27 janvier.
Devant le Palais de Justice de Chambéry, à l’appel du collectif « chambérien interpro et citoyen », les manifestants sont en nombre, bravant le froid, pour réchauffer de leur présence les « 6 de Savoie ».
Cinq militants syndicaux et un journaliste sont convoqués au tribunal à la suite d’un plainte de la SNCF pour avoir manifesté en gare de Chambéry, en pleine lutte pour les retraites.

librinfo était à l’audience.
Au préalable, nous dénonçons, de la façon la plus vive, la décision du Tribunal d’avoir traduit devant le Tribunal le journaliste Mikaël Chambru, alors qu’il se trouvait à côté des manifestants pour réaliser un reportage vidéo destiné à paraître sur le site d’information indépendant : « La voix des Allobroges ». Nous voyons là une mesure de rétorsion et une attaque contre l’exercice de la fonction journalistique.
Nous nous demandons si le fait que Mikaël Chambru ait diffusé auparavant des images de la répression policière violente sur les lycéens à Chambéry et le témoignage d’une femme victime elle-aussi de répression, n’aurait pas un lien avec la présence de ce journaliste devant le Tribunal. C’est apparemment la conviction profonde de son avocat qui se déclare choqué et indigné par cette comparution, et n’hésite pas à parler de
« règlement de compte » de la part d’éléments de la police chambérienne à l’égard de Mikaël Chambru. Le fait que la police ait sélectionné, pour le Juge, des photos où Mikaël Chambru n’a, à aucun moment, une caméra à l’épaule, semble corroborer cette thèse.

Sur le fond du procès concernant la présence des 5 militants sur les voies SNCF en gare de Chambéry, présence due à une Assemblée Générale organisée par les Cheminots de Chambéry, on pouvait s’attendre à une accusation légitime de la SNCF qui, selon elle, dû arrêter la circulation des trains pour assurer la sécurité des personnes. Une accusation confortée par une loi de la République qui pénalise toute action visant à s’opposer à la circulation ferroviaire.
L’avocate générale a enfoncé le clou de la loi qui punit sévèrement l’entrave à la circulation des trains, en rejetant d’entrée la motivation syndicale de l’action menée. S’adressant au juge, elle insista pour que la justice punisse l’acte sans tenir compte des motivations militantes et repris à son compte l’argument de l’avocat de la SNCF expliquant que l’absence de trains était dûe à la coupure de la circulation par la SNCF dans un souci de sécurité, alors que les manifestants ont expliqué que l’absence de trains pendant cette période de lutte sociale leur permettait de discuter tranquillement sur un passage de service.

On aurait pu s’attendre à la faiblesse des arguments de la défense. Il n’en fut rien.

Maître Darves, du barreau d’Annecy, a su détricoter les arguments du Parquet et de la SNCF, en démontrant qu’en matière de droit il était impossible de juger un fait sans connaître les motivations qui l’ont provoqué. Ainsi, le contexte du mouvement social créait une situation particulière où les manifestants pouvaient occuper un espace privé particulier, celui d’une entreprise qui faisait partie du domaine national.

Sur l’argument du préjudice subi par l’obligation d’arrêter la circulation des trains par souci de sécurité, la défense soutien que pendant cette tranche horaire, aucun train n’était annoncé, ce qui explique la sérénité des manifestants.

D’autre part, la SNCF, a voulu imputer des retards de trains – dont certains n’étaient pas concernés par cette interruption – aux manifestants, alors que ces retards sont récurrents. Retards avérés, puisque ceux-ci ont conduit la Première vice-présidente de la Région, Bernadette Laclais,  Maire de Chambéry, à réclamer des indeminités importantes à la SNCF.

Un point obscur apparaît avec l’absence du rapport de l’huissier diligenté par la SNCF pour constater les faits, alors que la présence de cet huissier a été largement souligné par la SNCF

Enfin, le calcul des fortes indemnités réclamées par la SNCF semblent, pour Maître Darves, totalement fantaisistes, puisque certains trains impliqués ne passaient pas par Chambéry.

Le jugement sera rendu le 4 mars.

En attendant, nous vous laissons découvrir le reportage vidéo de Kévin.

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Auteur: gfumex

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