« Fin de concession » : un documentaire surprenant et revigorant de Pierre Carles
Pierre Carles, ce réalisateur décapant et imprévisible, vilipendeur de l’escroquerie médiatique, vient de taper un grand coup avec son film « fin de concession ».
Un film d’autant plus attachant que son réalisateur n’hésite pas à montrer ses hésitations, ses erreurs, et même accepter de se montrer à nu dans un rôle parfois peu flatteur.
Le film est un film « dans le film », montrant le cheminement de sa réalisation.
Le sujet est TF1, ou plus exactement comment Bouygues n’a absolument pas respecté ses engagements pris devant la commission d’attribution de la concession pour acheter la « Une », concession qui est renouvelée automatiquement.
On pourrait s’attendre à un film « chiant », donneur de leçon, pouvant facilement montrer la médiocrité et la vénalité de ce monument populiste et méprisant du téléspectateur qu’est TF1, considéré par Patrice Lay comme « une machine destinée à rendre le cerveau du téléspectateur disponible pour acheter du coca-cola ».
C’est au contraire une succession de situations imprévues, souvent hilarante, où Pierre Carles joue le rôle de l’arroseur arrosé. Une succession de gag où le réalisateur, avec sa tête d’employé aux pompes funèbres, se retrouve dans les habits d’un Buster Keaton.
Toutefois, le but du film est atteint dans son souci de dépeindre le tableau désolant du paysage médiatique français.
La scène où le scooter de Pujadas, journaliste présentateur du JT sur la 2, est bombé à la peinture dorée pour le transformer en carrosse du valet des médias français, est du domaine de l’anthologie.
Un petit clin d’œil avec l’apparition du complice de Gilles Perret, Fabrice Ferrari, qui avait participé au montage du premier film de Pierre Carles « Pas vu, pas pris », toujours sur le thème de la collusion entre les médias et la plupart des journalistes et les pouvoirs politiques et économiques… pouvoirs qui souvent ne font qu’un.


