Lundi 15 Novembre à 18H30 ILLÉGAL au cinéma La Turbine. Débat animé par RESF et librinfo74


Ce film d’Olivier Masset-Depasse nous plonge dans l’univers des « sans-papiers »

L’HISTOIRE : Après huit ans de clandestinité en Belgique, Tania, une immigrée russe, et son fils, un adolescent de 14 ans, essaient de vivre normalement. Tania travaille et l’enfant va à l’école. Sans cesse sur le qui-vive, Tania redoute les contrôles de police jusqu’au jour où elle est arrêtée. La mère et le fils sont séparés. Tania est placée dans un centre de rétention. Elle fera tout pour retrouver son fils mais n’échappera pas pour autant aux menaces d’expulsion.

LE REGARD DE TÉLÉRAMA
Cela fait quelques années que des cinéastes tentent de rendre compte du sort réservé aux sans-papiers : récemment, Philippe Lioret (Welcome), Costa-Gavras (Eden à l’Ouest) ou Emmanuel Finkiel (Nulle part terre promise) ont raconté, chacun à leur façon, les terribles odyssées de héros immigrés. Jeune réalisateur belge, Olivier Masset-Depasse s’empare du sujet en l’éclairant différemment. Révolté par la politique répressive de son pays à l’encontre des clandestins, il a longuement enquêté sur les centres de rétention administrative, appellation inoffensive pour désigner une réalité accablante. En situant la majeure partie de son récit dans l’un de ces purgatoires-prisons pour sans-papiers expulsables, en choisissant pour héroïne une Européenne blanche, le cinéaste renverse efficacement les perspectives. Ou comment une travailleuse francophone, à qui il ne manque que des papiers pour être une citoyenne comme une autre, se retrouve prise au piège d’un système administratif déshumanisé. D’une violence d’Etat dont le personnel du centre n’est, au fond, qu’un instrument plus ou moins consentant.

Caméra à l’épaule, plans serrés sur les corps et les visages : la mise en scène rend palpable l’état de précarité absolu dans lequel les clandestins sont maintenus. Traqués à l’extérieur, sursitaires à l’intérieur. Certaines scènes sont d’un réalisme terrifiant, presque documentaire – les policiers utilisent un matelas pour tabasser la jeune femme sans laisser de traces. Illégal n’est pourtant pas dénué d’espoir : même privée de droits et de liberté, Tania continue de lutter. Pour ne pas être séparée de son fils, elle est prête à tout, y compris à se brûler le bout des doigts pour empêcher son identification. De tous les plans, la comédienne Anne Coesens est d’autant plus émouvante qu’elle exprime avec sobriété la détermination viscérale de son personnage. Plus qu’un film-constat, Illégal est un appel à la vigilance, à la résistance, face aux dérives de nos démocraties.

avec Anne Coesens, Esse Lawson, Alexandre Golntcharov

Auteur: gfumex

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