Les militants suisses et français opposés au nucléaire veulent arrêter la centrale du Bugey

Une centaine de personnes étaient réunies à MLK à Annemasse à l’invitation des Insoumis pour débattre de la sortie du nucléaire, et d’une manière plus générale de notre avenir énergétique. Les intervenants étaient Mathilde Panot, députée France Insoumise et membre de la Commission du développement durable et de l’aménagement du territoire, et Rémy Pagani maire de Genève, il fait partie du Conseil

Mathilde Panot, Député FI Val de Marne

d’administration des SIG (Services Industriels de Genève).

Rémy Pagani a rappelé en introduction son engagement de longue date dans la lutte antinucléaire en Suisse et en Europe au côté de militants dont certains étaient dans la salle. Mathilde Panot a évoqué la campagne menée en mars par la France Insoumise et qui s’est terminée par une votation citoyenne à 93% en faveur de la sortie du nucléaire.

Rémy Pagani maire de Genève

L’un et l’autre ont insisté sur le fait que le nucléaire est une énergie qui nous met gravement en danger, M. Panot a illustré ses propos en racontant sa rencontre avec Naoto Kan, premier ministre au Japon lors de la catastrophe de Fukushima, qui a compris à ce moment-là que le Japon était passé à deux doigts d’une destruction totale. R. Pagani a pour sa part rappelé que le lobby du nucléaire annonçait à ses débuts 1 catastrophe tous les 1000 ans alors qu’on en est à une catastrophe par génération. Il a évoqué un inquiétant trou non identifié dans le béton d’un réacteur de la centrale de Bugey à l’origine de fuites à répétitions.

Une autre inquiétude est liée au coût du nucléaire, l’électricité produite n’incluant pas le démantèlement et la gestion des déchets. Les français paient par leurs impôts la quasi faillite du système. Certains réacteurs dans le monde sont en cours de démantèlement, mais les déchets produits sont de toute façon ingérables, d’où l’urgence d’arrêter.

Joëlle Kargul Organisatrice de la soirée

De nombreux autres sujets ont été évoqués, la promesse de vente de 6 EPR à l’Inde alors que c’est un véritable fiasco technique et économique, les travailleurs de la sous-traitance subissant des doses de radiation supérieures aux normes définies pour leurs collègues employés EDF. Une intervenante a parlé de la fausse sortie du nucléaire en Suisse après la votation de 2017, puisque la plus vieille centrale du monde, celle de Beznau vient d’être remise en service.

Les deux intervenants sont tombés d’accord sur la nécessité de mettre en place la sobriété énergétique, beaucoup de choses ont été faites à Genève au niveau communal pour les bâtiments, l’éclairage public, etc., mais R. Pagani constate une difficulté à entraîner le privé dans cette nécessaire évolution. Les citoyens doivent se préoccuper de la gestion de leur consommation énergétique au niveau même de leur immeuble, de leur quartier, l’exemple de Woralberg en Autriche a été donné par R. Pagani, les centrales villageoises de la Drôme productrices d^énergie par M. Panot.
La question principale est donc celle du modèle de société. En France, il est urgent de s’opposer à la privatisation des barrages comme le prévoit l’actuel gouvernement, de garder à disposition une technologie souvent bradée, M. Panot rappelle qu’EDF a abandonné une centrale photovoltaïque, que la fabrication de turbines à Grenoble a été délocalisée en Chine par GE alors que le savoir faire était vieux de 100 ans et que c’est une technologie utilisée dans les barrages.
Elle a également insisté sur la nécessaire lutte contre les grands projets inutiles souvent réprimée d’une manière violente, aussi bien à NDDL, Europa City ou à Bure contre le projet d’enfouissement des déchets. A ce propos M. Panot a rappelé la date du 16 juin, journée de lutte contre la poubelle nucléaire de Bure, rassemblement à Bar le Duc.

Auteur: j.c

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